Trump en remet sur l'immigration

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Donald Trump était de passage mardi à un rassemblement de campagne républicain à l'univeristé High Point, en Caroline du Nord.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
New York

Donald Trump a de nouveau enflammé le débat sur l'immigration après les attentats qui ont blessé plusieurs personnes ce week-end aux Etats-Unis, son fils provoquant un tollé en comparant sur Twitter les réfugiés syriens à un paquet de bonbons potentiellement empoisonnés.

L'immigration est un sujet inséparable de l'ascension politique fulgurante du candidat républicain à la Maison Blanche. Dans son parti, la grande majorité des électeurs approuvent sa ligne dure, les sondages montrant qu'une majorité de républicains étaient d'accord avec sa proposition de décembre 2015 d'interdire aux musulmans d'entrer sur le territoire américain.

Depuis, Donald Trump n'évoque plus nommément les musulmans, mais il souhaite un retour du profilage par la police, et promet la fermeture des frontières envers les immigrés et voyageurs de certains pays jugés dangereux, comme la Syrie.

Le candidat revient avec insistance sur le risque posé par les réfugiés syriens, citant les infiltrations en Europe par des agents du groupe jihadiste Etat islamique, et affirmant que les services d'immigration ignorent tout du passé de ceux que les Etats-Unis accueillent.

Reste à savoir si le reste des Américains se laisseront convaincre, et notamment les quelques uns qui restent indécis à 49 jours du scrutin.

L'immigration est loin d'être une des préoccupations majeures des Américains, se plaçant quatrième selon un récent sondage CBS/New York Times. Mais la sécurité nationale et le terrorisme sont à la deuxième position dans les priorités des électeurs. Donald Trump tente de rendre les deux questions impossibles à distinguer.

«C'est une question de qualité de vie», a-t-il tonné lundi lors d'un grand meeting en Floride. «Nous voulons être certains de n'accueillir que des gens qui aiment notre pays».

Trump Jr. crée la polémique

Son fils Donald Trump Jr. a créé la polémique en publiant lundi soir sur son compte Twitter une photo d'une coupe de bonbons Skittles accompagnée du texte suivant: «Si j'avais une coupe de skittles et vous disais que trois d'entre eux pourraient vous tuer. Est-ce que vous en prendriez? C'est notre problème de réfugiés syriens».

Les Skittles sont associés à une histoire tragique aux Etats-Unis. C'était ces bonbons que Trayvon Martin, un adolescent noir, était sorti acheter le soir où un jeune homme blanc l'a tué par balles dans la rue en 2012.

Symbole de la mémoire de Trayvon Martin, il est aussi devenu une référence dans les milieux racistes et partisans de la supériorité de la race blanche qui se plaisent à l'utiliser dans des contextes macabres et moqueurs.

Au-delà de la polémique sur l'usage des Skittles (l'an dernier, des M&M's étaient employés à la place), «Don Jr.» estime comme son père qu'il est trop risqué d'accueillir des immigrés dont une poignée pourrait commettre des attentats. Bien que le poseur présumé des bombes de New York et du New Jersey samedi (29 blessés) soit un Afghan de 28 ans qui a été naturalisé américain.

En meetings, Donald Trump récite désormais les paroles d'une chanson des années 1960, «le serpent», racontant comment une femme qui accueille un serpent blessé chez elle finit mordue.

Il évoque aussi à répétition le spectre d'un «cheval de Troie».

«Nous ne pouvons pas laisser ce mal continuer», a martelé Donald Trump lundi. «Nous ne pouvons laisser se répandre dans notre pays l'idéologie haineuse de l'islam radical, son oppression des femmes, des gays, des enfants et des non-croyants».

Le fabricant des Skittles a du reste dénoncé ce détournement politique.

«Les Skittles sont des bonbons. Les réfugiés sont des personnes. Nous estimons que l'analogie n'est pas opportune», a réagi la société Wrigley dans un communiqué.

Hillary Clinton, qui une semaine après sa pneumonie n'avait aucun déplacement public prévu mardi, est quant à elle sur la ligne du président Barack Obama, qui a augmenté le nombre de réfugiés syriens accueillis aux Etats-Unis.

«Aujourd'hui, un pays entouré de murs ne ferait que s'emprisonner», a dénoncé mardi le président Obama à la tribune de l'ONU, après avoir dénoncé la montée en puissance d'un «populisme grossier» à travers le monde.

L'équipe d'Hillary Clinton, elle, a publié le témoignage d'un Américain d'origine libyenne, qui aide aujourd'hui les réfugiés à s'installer aux Etats-Unis. «Donald Trump aurait expulsé ma famille», déplore ce jeune homme, Mohamed.

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