Les odeurs encore dénoncées à Saint-Étienne-des-Grès

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Depuis 15 jours, les odeurs sont devenues tellement intenses et insupportables que le maire de Saint-Étienne-des-Grès a jugé bon de contacter la Santé publique.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Étienne-des-Grès) Le maire de Saint-Étienne-des-Grès se plaint depuis longtemps des mauvaises odeurs provenant du lieu d'enfouissement technique de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

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Plus d'une vingtaine de puits de captation du gaz émanant des déchets sont en construction.

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Depuis 15 jours, toutefois, ces odeurs sont devenues tellement intenses et insupportables que Robert Landry a jugé bon de contacter la Santé publique.

«On n'a jamais vécu ça avec autant d'intensité», affirme-t-il. «Il y a des gens, à 5 h du matin, qui ont été réveillés par ça dans leur maison», rapporte-t-il. «C'est l'enfer, ces temps-ci.»

«La Régie a creusé 23 puits de captation des biogaz émanant des déchets sans les relier à la torchère» raconte le maire Landry.

La Régie a d'ailleurs récemment reçu un avis de non-conformité de la part du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques à cause de cette situation, reconnaît le président de la RGMRM, René Goyette.

Ce dernier explique que la Régie a construit ces puits de captation afin de répondre aux exigences du ministère.

Des bouchons ont été placés sur les puits en attendant que les autres travaux soient complétés, dit-il, mais ces bouchons ne résistent pas à la pression.

«Il y a tellement de gaz dans nos tuyaux que ça saute», explique M. Goyette, d'où les mauvaises odeurs qui envahissent le secteur.

«Un avis de non-conformité, ça me fait une belle jambe, ça. Ce sont des solutions que je veux, moi», fulmine le maire Landry.

«On dirait que c'est programmé. Le vendredi soir, vers 17 h 30 ou vers 22 h, ou bien le samedi matin de bonne heure, ça sent plus», raconte Guy Provost, un citoyen de Saint-Étienne qui demeure à un peu plus de deux kilomètres du LET. «Quand on monte dans les chambres, on sent vraiment l'odeur», dit-il.

Rappelons que la Régie a le devoir de se soumettre à une série de recommandations émises en juin dernier par le ministère afin de pouvoir obtenir son certificat d'autorisation permanent d'ici le 30 septembre. «J'ai hâte. Je commence à être un peu en panique», confie René Goyette.

«On va recevoir, en fin de semaine, nos trois puits de condensat, pour retirer l'eau du gaz et qui nous permettront de commencer à construire notre ligne de 850 mètres et de 16 pouces de diamètre pour amener ça à notre centrale de gaz», explique le président de la Régie. «C'est du travail», plaide-t-il. «C'est impossible qu'on fasse tout ça en deux mois et demi», assure-t-il.

«Je comprends qu'il y ait des travaux à faire, mais ils devaient avoir fini ça le 15 août», rappelle le maire Landry. 

René Goyette espère que la Régie finira avant le 30 septembre. Il explique que certains fournisseurs n'avaient pas d'équipements prêts à être livrés au moment où la Régie en avait besoin pour se conformer aux exigences imposées par le ministère. «On est à la merci de ces équipements», plaide-t-il. Il manque encore des valves qui font partie des puits de condensat, illustre-t-il.

M. Goyette ajoute que la Régie a toutefois livré, lundi dernier, à la demande du ministère, une nouvelle étude de dispersion atmosphérique des odeurs. «On a découvert qu'il y avait du soufre résiduel dans l'air et du chlorure de vinyle», indique le président de la Régie. 

Une douzaine de plaintes ont été portées de façon officielle au ministère depuis une douzaine de jours. «Plus ça va, plus la plainte est compliquée à faire», déplore Guy Provost.

«Les gens doivent appeler à la Régie. Ils doivent appeler à la municipalité et ils doivent appeler au ministère de l'Environnement et ils doivent signer des formulaires qu'ils vont chercher sur Internet», raconte-t-il. «Les gens trouvent ça compliqué», confirme le maire Landry.

Le président de la Régie assure qu'à la fin des travaux en cours, le LET ne dégagera plus de si mauvaises odeurs. «Nous allons avoir capté tous les gaz», dit-il. 

Le maire de Saint-Étienne-des-Grès n'a pas obtenu le même son de cloche de la Régie que du ministère quand à la façon de réaliser les travaux exigés au LET. «Je pense qu'il y a un problème de communication entre les deux», estime-t-il. «Ils s'y sont pris à trois fois pour excaver les tranchées», illustre Robert Landry. «Rien n'est fait selon les règles de l'art et on en paie le prix», déplore-t-il.

Selon le maire, on est passé d'un simple cône d'odeur sur l'autoroute à des émanations fortes qui arrivent maintenant en plein coeur du village. «On a même eu une plainte provenant de Notre-Dame-du-Mont-Carmel»,  ajoute le maire.

«J'ai peur que les maudits délais (imposés par le ministère pour réaliser les travaux) aient poussé tout le monde à agir à peu près comme des cow-boys. C'est pas de même que tu travailles dans la vie», estime le maire qui ne décolère pas.

La Santé publique est en attente d'informations sur la caractérisation des biogaz que les gens respirent à Saint-Étienne et est au fait du dossier, indique la porte-parole, Anne-Sophie Brunelle.

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