Palais de justice de La Tuque: «À quand le début des travaux?»

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Une des cellules désuètes du palais de justice de La Tuque.

Audrey Tremblay

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(La Tuque) Le manque de sécurité, des escaliers et des corridors où doivent se côtoyer avocats, juges, accusés et victimes, la désuétude et l'absence de confidentialité du palais de justice continuent de déranger le barreau de la Mauricie. Il en a été question lors de la rentrée judiciaire, vendredi dernier. Le bâtonnier de la Mauricie, Me Simon Ricard, promet d'avoir le projet à l'oeil et demande à la députée Julie Boulet d'agir maintenant.

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Les juges, avocats, accusés et les victimes doivent tous partager les mêmes corridors et escalier du palais de justice de La Tuque.

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«Dans le district de Saint-Maurice, tant pour les avocats que pour les justiciables, une situation reste préoccupante, celle du palais de justice de La Tuque. Depuis des années, le barreau de la Mauricie et ses membres interpellent les autorités gouvernementales au sujet des problèmes vécus au palais de justice de La Tuque», a lancé le bâtonnier de la Mauricie, Me Simon Ricard, dans son discours.

Ce dernier ne manquait pas d'exemples pour illustrer l'urgence d'agir et d'apporter des correctifs au palais de justice de La Tuque. Il a d'ailleurs souligné que d'avoir des communications confidentielles entre un avocat et son client, n'était pas un caprice, mais bel et bien un droit.

«Qu'une avocate soit obligée de rencontrer son client détenu dans une salle de toilette est inacceptable et soulève des questions évidentes de sécurité. Qu'un avocat reste prisonnier dans une cage d'escalier après les heures d'ouverture, ce n'est pas normal non plus», a-t-il illustré.

L'an dernier, presque jour pour jour, une avocate de La Tuque, Me Mélanie Ricard, avait ouvertement dénoncé la situation. Elle avait témoigné de certaines rencontres avec ses clients.

«On est assis là avec eux autres dans la cellule. Si on a des documents à faire signer, on fait ça sur nos genoux assis à côté du détenu», avait alors raconté l'avocate.

«Je me suis déjà retrouvée dans une cellule avec un client agressif qui cognait dans les murs, des clients en psychose également. Je me souviens d'un client qui se mettait la tête dans les toilettes pour se mouiller les cheveux et qui me dégouttait littéralement dessus aussi», avait-elle également confié.

Les audiences sont également souvent perturbées ou carrément suspendues en raison de détenus agités dans le quartier cellulaire. 

Le Nouvelliste en a été témoin à plusieurs reprises.

«Il ne faut plus tolérer de telles situations. Des plans existent. En juin dernier, on en était à la 4e version de ses plans. [...] À quand le début des travaux?», a lancé Me Simon Ricard.

«Mme Boulet, ministre responsable de la région de la Mauricie, pouvez-vous sensibiliser vos collègues de la justice, de la sécurité publique et du Conseil du trésor afin de nous aider à faire progresser ce projet et ainsi améliorer la sécurité, voire la qualité des services offerts à La Tuque», a-t-il lancé. 

À La Tuque, on souhaite fortement que ces travaux aient lieu avant qu'un incident malheureux survienne. 

«On est tout à fait en accord avec ses représentations, surtout quand il presse le ministre d'agir. Comme vous le savez, depuis des années on nous dit que le projet est en cours, mais ça ne se réalise vraisemblablement pas. D'avoir l'appui de notre barreau, ça nous encourage, et on espère que ça va faire bouger les choses», a commenté Me Mélanie Ricard.

«Je suis contente qu'il ait souligné le commentaire par rapport au palais de justice de La Tuque, parce qu'effectivement c'est quand même particulier comme situation. Heureusement, il ne m'est pas arrivé d'incident», a ajouté Me Chloé Morin-Defoy.

Il n'y a pas que les avocats qui sont dérangés par la situation. En 2012, le juge Richard Poudrier avait dénoncé qu'il n'existait aucun accès direct au palais de justice. Il avait à ce moment été interpellé par la fille d'une accusée. Il avait également déploré qu'aucun correctif n'ait été apporté alors qu'à plusieurs reprises on avait annoncé une meilleure configuration. 

En 2005, le juge Jacques Trudel avait lui aussi dénoncé la situation et il avait demandé que des mesures correctrices soient mises en place pour les lacunes en matière de sécurité.

Les avocats doivent rencontrer leurs clients dans une... (Audrey Tremblay) - image 2.0

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Les avocats doivent rencontrer leurs clients dans une cellule comme celle-ci.

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Des plans à l'étude

Le dossier avait refait surface en juin après la prise d'otage au Centre de détention de Sept-Îles. Le bâtonnier de la Mauricie avait interpellé la députée de Laviolette, Julie Boulet, pour faire avancer le projet, avant de faire face à une situation similaire. 

Le Nouvelliste avait alors contacté le ministère de la Justice qui avait confirmé qu'un projet d'agrandissement du quartier cellulaire et de la ségrégation des circulations des différentes clientèles était sur les rails.

«Le scénario d'occupation initial a dû être révisé en raison de problématiques rencontrées concernant la capacité portante de la dalle de plancher du bâtiment. Nous en sommes donc à redéfinir le scénario détaillé d'occupation, les coûts du projet ainsi que l'échéancier de réalisation avec la Société québécoise des infrastructures (SQI). Par conséquent, il est trop tôt, à ce stade-ci, pour s'avancer davantage au niveau des plans et des délais», avait mentionné à ce moment Paul-Jean Charest, conseiller en communication au ministère de la Justice.

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