Grève déclenchée à la scierie de Rivière-aux-Rats

Les travailleurs de la scierie de Rivière-aux-Rats ont... (Audrey Tremblay)

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Les travailleurs de la scierie de Rivière-aux-Rats ont déclenché, vendredi, la grève générale illimitée.

Audrey Tremblay

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(La Tuque) Les travailleurs de la scierie de Rivière-aux-Rats ont rejeté les dernières offres patronales et ont déclenché la grève générale illimitée en très forte majorité, vendredi, au terme de leur assemblée générale.

Les employés, sans contrat de travail depuis juin 2015, ont décliné la dernière offre de Produits forestiers Mauricie, une entreprise détenue majoritairement par Produits forestiers Résolu (PFR) et la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice, dans une proportion de 92 %.

«Ordinairement quand j'aide mon prochain, je m'attends à ce qu'il m'aide aussi. C'est le résultat de notre assemblée», a mentionné Herman Martel, président du Syndicat des travailleurs et des travailleuses de la scierie Abitibi Consolidated division La Tuque (CSN).

«Nous avons fait beaucoup pour aider l'entreprise et assurer la paix industrielle, Résolu doit maintenant faire son bout de chemin. Depuis 2010, nos salaires ont baissé, et dans la dernière année nous avons été réduits au chômage. Assez, c'est assez. Ce n'est pas toujours à nous les salariés de nous priver pour assurer des profits aux dirigeants et aux actionnaires», a-t-il ajouté.

C'est au niveau salarial que les deux parties n'arrivent pas à s'entendre. L'employeur propose une convention collective d'une durée de sept ans avec une augmentation salariale globale de 13 %, soit en moyenne 1,9 % par année, et un rattrapage de l'ordre de 8 %. 

Pour sa part, le syndicat exige des augmentations de 3 % par année, et un rattrapage salarial de 10 %, pour combler les diminutions de salaire des dernières années. 

«Les salariés de Rivière-aux-Rats ont fait plus que leur part, ils ne demandent pas la charité, mais seulement l'équité avec les autres salariés des autres scieries de Résolu. La direction doit en prendre acte et agir en conséquence», a commenté Alain Lampron, président de la Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN).

Selon les données du syndicat, le salaire moyen se situe aux alentours de 20 $ de l'heure à la scierie de Rivière-aux-Rats alors qu'il avoisine 26 $ dans les autres usines.

«Le fossé est trop important entre nos demandes et les offres de Résolu, nous ne demandons pas la lune, nous exigeons le respect et ça commence par un salaire décent», insiste Herman Martel. 

Ce dernier n'a pas manqué de rappeler que les salariés de la scierie de Rivière-aux-Rats «ont multiplié, au cours des dernières années, les gestes de collaboration et d'ouverture» face à leur employeur, dont une baisse de 10 % de leur revenu en 2010. Le syndicat déplore que le sacrifice des travailleurs ne soit jamais pris en compte.

«Résolu va voir qu'ici, dans la région, nous sommes solidaires et que nous ferons bloc derrière les travailleurs et les travailleuses qui débraieront. D'ailleurs, le conseil central du Coeur du Québec-CSN apportera tout son soutien aux grévistes. Que Résolu se le tienne pour dit, ce ne sont pas seulement les 125 salariés qui lui feront face, mais l'ensemble de la région et l'ensemble de la CSN», a affirmé Paul Lavergne, président du CCCQ-CSN.

Rappelons que cette semaine, les dirigeants de PFM ont rencontré les employés pour leur présenter un projet d'investissement de plusieurs millions de dollars.

«Ils ont fait la rencontre la veille des négociations. Ils nous ont dit que c'était une nouvelle positive et qu'ils étaient prêts à négocier de bonne foi. On se questionne. Est-ce que c'était un piège qu'ils venaient de nous tendre?», s'est questionné Herman Martel.

«Ils sont prêts à investir, par contre, ils devraient peut-être investir dans la main d'oeuvre qui leur a donné une situation qui leur a permis de se replacer. C'est ça qu'ils ne font pas à l'heure actuelle», a lancé pour sa part M. Lampron.

Le syndicat s'est dit prêt à reprendre les négociations si l'employeur était ouvert à revoir sa position. 

«Il va falloir qu'il soit un peu plus généreux», a mentionné Alain Lampron.

Les travailleurs se feront voir sur des lignes de piquetage dans les prochains jours. Un comité de mobilisation sera aussi mis en place pour prendre les décisions concernant les différentes actions qui pourraient être prises pour faire connaître les revendications des employés.

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