Corps inversés à la morgue: des mesures satisfaisantes pour les familles

Réjean Léveillé et Jean-Guy Bouchard...

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Réjean Léveillé et Jean-Guy Bouchard

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(Trois-Rivières) Les familles des deux défunts dont les corps avaient été confondus à la morgue de l'hôpital de Trois-Rivières en juin dernier ont finalement obtenu, mardi soir, une rencontre avec les dirigeants du CIUSSS, rencontre au cours de laquelle on leur a exposé les nouvelles mesures mises en place pour éviter qu'une telle erreur ne se reproduise.

Du même coup, les familles ont obtenu des excuses officielles du CIUSSS pour cet événement qui a laissé un traumatisme pour chacun d'eux.

On se souviendra qu'en juin dernier, Jean-Guy Bouchard et Réjean Léveillé sont décédés à l'hôpital à quelques minutes d'intervalle. L'identité des corps a été inversée et ils ont été acheminés à des résidences funéraires différentes de celles qui avaient été déterminées par les familles.

L'erreur avait d'abord été relevée par un employé de la maison J.D. Garneau, qui a contacté la famille de Jean-Guy Bouchard pour lui faire part de la situation. Quant à la famille de Réjean Léveillé, c'est par les journaux qu'elle a appris l'erreur qui avait été commise.

Pour Gilles Hudon, directeur des services multidisciplinaires au CIUSSS-MCQ, une telle erreur, bien qu'elle soit très rare, n'est acceptable pour personne. «Nous avons présenté nos sympathies, mais aussi nos excuses aux familles. Ça a été une rencontre très positive et je salue le courage et l'ouverture de ces gens.»

De nouvelles mesures ont donc été mises en place pour éviter qu'une telle erreur ne se reproduise. D'abord, l'identification des corps par non pas un mais deux employés directement à l'unité de soins, une procédure qui était déjà en place dans chaque établissement, a fait l'objet de nombreux rappels auprès du personnel en place. «Nous avons réitéré au personnel l'importance capitale de respecter la mesure de la double identification, qui représente le nerf de la guerre», explique M. Hudon. 

Par ailleurs, jusqu'à tout récemment, les employés des salons funéraires qui se présentaient dans les centres hospitaliers pour venir récupérer les corps pouvaient circuler librement. Désormais, ils seront accompagnés par un agent de sécurité tout le long du processus afin d'éviter toute situation malheureuse.

De plus, alors que ces mêmes employés devaient autrefois prendre le formulaire du patient décédé dans un registre mis à leur disposition, la nouvelle procédure prévoit que le formulaire leur soit remis en main propre à l'admission, pour éviter toute confusion. Il y aura également un registre mis en place à la morgue pour permettre d'identifier les corps.

Au total, à travers trois étapes de déplacement des défunts, il y aura donc quatre processus d'identification, limitant ainsi les risques de confusion. 

Selon Gilles Hudon, ces mesures qui sont déjà en place à l'hôpital de Trois-Rivières, seront également mise de l'avant dans tous les établissements de la Mauricie et du Centre-du-Québec, spécialement à Shawinigan, Victoriaville et Drummondville, d'ici les prochaines semaines. Les représentants des maisons funéraires ont également été rencontrés, signale M. Hudon, et auraient démontré une grande ouverture face à ces nouvelles mesures.

Du côté de la famille de M. Bouchard, sa fille Manon Bouchard s'est dite très satisfaite de la rencontre. «Nous avons été très bien reçus, et on a reçu une belle écoute. On nous a laissé le temps de nous exprimer. Ils ont reconnu le manquement. On parle d'êtres humains ici, pas d'animaux. Et pour nous, en plus de vivre un deuil, nous avions à composer avec un traumatisme», évoque-t-elle.

Pour Mme Bouchard, les nouvelles mesures proposées sont satisfaisantes et font en sorte que toute la population sera gagnante. Lorsqu'elle s'était présentée à l'hôpital de Trois-Rivières le 6 juin dernier pour les informer de l'erreur, Mme Bouchard se souvient qu'il n'avait pas été possible de rencontrer quelqu'un. Or, elle se réjouit aujourd'hui de savoir que cette lacune sera elle aussi corrigée. 

De leur côté, Marcel et Nicole Léveillé, le frère et la belle-soeur de Réjean Léveilé, se sont aussi dit très satisfaits des réponses obtenues, notamment au niveau de la double identification.

«C'est une erreur qui n'avait pas sa raison d'être. Je tenais absolument à ce qu'on s'assure qu'il n'y ait pas juste une, mais deux personnes qui vérifient les bracelets. On a bien confiance que ça va changer, et nous sommes contents d'avoir été jusqu'au bout parce que ça va servir à la population. Les gens pourront avoir confiance désormais», relate le couple.

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