Mobilisation contre la «surévaluation municipale»

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Photo: Francois Gervais01/10/13. Shawinigan, Hotel de ville. Conseil de villeMichel Dupont

Francois Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les riverains de Shawinigan n'en peuvent plus d'encaisser des hausses vertigineuses de la valeur de leurs propriétés à tous les trois ans, lors du dépôt du nouveau rôle d'évaluation. En séance publique mardi soir, une nouvelle association est intervenue pour demander un appui aux élus dans sa volonté de créer un comité provincial dont le mandat consisterait à trouver une solution définitive à cet irritant.

Le 1er octobre 2013, Michel Dupont était venu exprimer les mêmes doléances aux élus lors de la dernière assemblée publique avant l'élection municipale. Près de trois ans plus tard, il est venu faire rapport des actions qui ont été réalisées depuis trois ans, tout en souhaitant créer une grande coalition provinciale afin d'inciter le gouvernement du Québec à se pencher sur ce dossier.

En 2013, M. Dupont s'était présenté comme membre du Regroupement des associations des propriétaires surtaxés de Shawinigan. Un comité conjoint avait été formé avec la Ville pour étudier le problème et trouver des solutions.

«Le comité s'est réuni à cinq reprises», raconte M. Dupont. «On était dans une impasse, on virait en rond. Nous avons compris que la Ville ne pouvait pas faire grand-chose parce que la question des évaluations relevait du gouvernement provincial.»

En août 2015, le RAPSS est devenu le Regroupement des associations de cours d'eau et de lacs de Shawinigan. Il a concentré ses actions vers les élus provinciaux pour les sensibiliser à leur tour.

«La situation actuelle est insoutenable, parce qu'elle crée des ghettos de riches», image M. Dupont. «On élimine la classe moyenne des berges. Ce sont les riches de l'extérieur qui s'installent là.»

Le RACELS a rencontré le caucus régional des députés en juin. M. Dupont souligne que les élus ont bien saisi l'enjeu et ont promis de transmettre les préoccupations au ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux. Ils travaillent également à la possibilité de mettre en place un comité provincial pour trouver de nouvelles façons d'évaluer les propriétés riveraines. Il serait formé de citoyens, de représentants de municipalités et du gouvernement du Québec.

L'organisme a aussi produit un document de réflexion en juillet, qui décrit la situation actuelle et propose quelques solutions. Par exemple, le regroupement suggère l'implantation d'un système d'évaluation des propriétés riveraines qui ferait en sorte que la croissance de la valeur serait équivalente à l'augmentation moyenne de l'ensemble des propriétés de la municipalité.

Le RACELS, qui regroupe une dizaine d'associations de propriétaires riverains à Shawinigan, établit également des contacts avec d'autres regroupements à travers le Québec pour donner encore plus d'ampleur au mouvement.

«On veut attaquer ce problème de front avec l'ensemble des intervenants concernés», suggère M. Dupont. «On ne dit pas qu'on ne veut pas payer notre juste part, mais on veut que ce soit équitable. Nous sommes les citoyens les plus taxés alors que nous sommes ceux qui reçoivent le moins de services. Nous voulons trouver un juste milieu.»

En assemblée publique, des propriétaires sont venus témoigner leur frustration à quelques occasions au cours des dernières années.

«Certains habitent là depuis qu'ils sont au monde, mais ils ne sont plus capables de payer», observe M. Dupont. «Quand on est rendu à payer des 8000 $ ou 9000 $ de taxes municipales pour un chalet, les gens ne sont plus capables, à moins d'être très fortunés. Ces derniers mettent alors le chalet à terre, construisent une résidence de quelques millions $, ce qui a comme effet d'augmenter la valeur des propriétés autour.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, n'a pas voulu s'avancer en assemblée publique sur la pertinence d'adopter une résolution pour appuyer la création de ce comité. Le sujet sera discuté en séance privée lundi.

«J'aime des démarches structurées, bien organisées», commente-t-il. «Nous, on ne peut rien faire. Nous allons prendre connaissance du document et on verra la suite des choses. Mais le gouvernement s'est toujours refusé à tout changement, en évoquant l'équité.»

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