Encadrement des pitbulls: des mesures de contrôle plus sévères

Jean-Christian Champagne et son fidèle compagnon Okar.... (Sylvain Mayer)

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Jean-Christian Champagne et son fidèle compagnon Okar.

Sylvain Mayer

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si Philippe Couillard contactait Jean-Christian Champagne pour avoir son avis concernant l'instauration d'un encadrement pour les chiens dangereux, le vétéran entraîneur de chiens lui conseillerait de mettre en place de sévères mesures de contrôle pour les propriétaires dont le chien fait partie des races qui sont à risque.

Propriétaire du Centre canin de la Mauricie, M. Champagne est entraîneur de chiens depuis plus de 30 ans. Des chiens nerveux, agressifs ou doux comme des agneaux, il en a vu passer de toutes les sortes dans son centre de dressage. Selon lui, l'interdiction pure et simple des pitbulls aiderait à réduire le nombre de morsures sévères, mais n'enrayerait pas totalement le problème. 

«C'est tout un dossier, reconnaît l'expert. C'est sûr que le pitbull a une puissance plus forte. C'est une boule de muscles et sa mâchoire est extrêmement développée. Mais il n'y a pas juste des pitbulls comme chiens méchants. Je connais des chiens croisés qui ne sont pas gentils et je connais des pitbulls bien doux. Interdire les pitbulls n'est pas la solution. On peut interdire les pitbulls, mais on va avoir encore des morsures et des blessures. Un chien qui attaque, peu importe la race, c'est grave.»

Bannir les pitbulls réglerait en partie la question, mais c'est aussi l'éducation des chiens et le comportement de leur maître qui doivent être pris en considération. Une tête folle qui veut un chien agressif va se trouver une bête à la forte mâchoire, comme un berger allemand ou un rottweiler, qui va à son tour causer beaucoup de dommages, croit M. Champagne. C'est là que les mesures de contrôle à imposer aux maîtres entreraient en ligne de compte.

«En Allemagne, tu dois suivre un cours pour avoir un chien! Si tu ne réussis pas le cours, tu ne peux pas en avoir. En Europe, la licence pour avoir un pitbull coûte plus cher. Avec des mesures de contrôle, un citoyen avec un gros passé de violence n'aurait pas droit à un chien comme ça. Donc, ça prendrait plus de mesures de contrôle, avec peut-être des points de démérite, un peu comme on le fait pour le propriétaire d'une auto.»

L'entraîneur admet que l'application de telles mesures dans la vraie vie pourrait être compliquée. «Quand tu enregistres ton chien, tu peux inscrire n'importe quoi concernant la race. Si on interdit les pitbulls ou qu'on apporte des mesures de contrôle, les gens ne diront pas qu'ils ont un pitbull. Ils diront qu'ils ont un croisé labrador-boxer, par exemple. Vous savez, on pourrait avoir de la difficulté à distinguer un vrai pitbull d'un labrador croisé.»

Peu importe la race de chien, Jean-Christian Champagne recommande leur éducation afin de les aider à sociabiliser et à déceler tout problème de comportement. 

«Aujourd'hui, on banalise l'agressivité des chiens, on ignore leurs mauvais comportements. Il faut intervenir auprès du chien. Sinon, ça amène des situations déplorables», raconte M. Champagne, en soulignant que l'application d'un simple règlement municipal ordonnant de tenir tout chien en laisse dans les lieux publics réduirait considérablement le nombre de morsures sur des humains et sur d'autres animaux.

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