Les pompiers doivent aussi faire plus avec moins à Shawinigan

François Lelièvre, directeur du service de Sécurité incendie... (Sylvain Mayer)

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François Lelièvre, directeur du service de Sécurité incendie de Shawinigan.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le directeur de la Sécurité incendie de Shawinigan, François Lelièvre, ne cache pas que les pompiers ont été mis à contribution dans l'effort de contrôle des dépenses imposé par la Ville depuis quelques années. Ce mandat n'a toutefois pas affecté la qualité des interventions en 2015.

Dans le dernier rapport annuel adopté récemment par le conseil municipal, on constate que le service de Sécurité incendie bénéficiait d'un budget de 4,216 millions $, pratiquement identique à celui de 2014 (4,193 millions $), mais en baisse de 9 % par rapport à 2013. Pour une deuxième année consécutive, les charges finales se sont conclues sous la prévision, à 4,198 millions $, malgré un nombre plus important d'interventions.

Parmi les mesures spéciales mises en place, notons l'abolition du poste de chef de la prévention. M. Lelièvre mentionne qu'à la suite du départ de Sylvain Landry, les candidats à la succession ne se bousculaient pas aux portes. La tâche a été répartie à l'interne, de sorte que le conseil municipal a finalement décidé d'abolir le poste.

«On dit encore que ça prendrait un chef à la prévention, mais la conjoncture budgétaire fait en sorte qu'on essaie de pallier de différentes façons», mentionne M. Lelièvre.

Le gel de salaire accepté par les pompiers en 2015 a aussi apporté un peu d'air au budget. La direction a également décidé de réduire à 24 le nombre de pompiers à temps partiel. Une décision qui permet d'économiser un peu sur les équipements de protection, mais qui finit surtout par accorder plus d'heures à un groupe plus restreint d'individus. Une stratégie qui vise donc à retenir les jeunes. Rappelons que le service compte 16 pompiers permanents.

Ces changements n'ont pas empêché la Sécurité incendie de bonifier sa banque de plans d'intervention. Avec 25 de plus, les pompiers ont maintenant accès à 101 plans détaillés d'immeubles, ce qui leur permettrait de gagner du temps lors d'un appel à ces endroits. L'exercice se poursuit en 2016, avec un accent mis sur les écoles.

L'an dernier, le service a réglé définitivement la desserte du territoire avec le déplacement des pompiers de la caserne de l'hôtel de ville à celle de l'avenue Champlain, complètement rénovée au coût de 4,7 millions $. En comptant celle du secteur Grand-Mère, la zone la plus à risque de Shawinigan est mieux couverte que jamais. Les postes des secteurs Shawinigan-Sud et Saint-Georges complètent le tableau.

«Le déplacement des véhicules se fait beaucoup plus facilement», fait remarquer M. Lelièvre. «Nous avons beaucoup moins de contraintes, surtout lorsqu'il y a pas mal de circulation. Aux heures de pointe, c'est beaucoup plus facile de sortir de Champlain et se rendre aux artères principales que sortir du centre-ville.»

Le positionnement des casernes et certains investissements expliquent aussi une partie des économies réalisées par rapport au budget prévu. 

«Nous avons rapatrié des véhicules, ce qui a fait en sorte que nous limitons beaucoup de déplacements pour les entretiens, les inspections», énumère le directeur. «Nous avons aussi remplacé des véhicules plus vieux, qui demandaient beaucoup d'entretien et de réparations. Nos dernières auto-pompes sont beaucoup plus performantes en terme de consommation d'essence. C'est un tout qui fait en sorte qu'on réussit à respecter le budget.»

Des interventions efficaces

Le chef de la brigade de pompiers de Shawinigan peut s'enorgueillir du fait que l'efficacité et la rapidité des interventions au cours de la dernière année ont permis de sauver rien de moins que 97,4 % de la valeur foncière des immeubles attaqués par le feu.

En 2015, le service a combattu un total de 69 incendies sur le territoire, soit 11 de plus que l'année précédente. Ces feux ont provoqué des dommages totaux de 1,364 million $ aux bâtiments, sur une valeur foncière de 52,183 millions $. En conséquence, le service de Sécurité incendie calcule que ses interventions ont permis de sauver 97,4 % de la valeur des immeubles au rôle d'évaluation.

Ces montants n'incluent toutefois pas les pertes de contenu de ces bâtiments. En 2015, elles s'établissaient à 883 880 $. Les pertes totales enregistrées atteignent donc tout près de 2,24  millions $.

«Ce sont des indicateurs de performance à long terme», précise le directeur, François Lelièvre. «Ce genre de statistique peut varier un peu quand nous avons des incendies sur des bâtiments commerciaux ou industriels avec très peu de pertes. Ces immeubles ont des évaluations très élevées, ce qui peut influencer les pourcentages.»

Évidemment, la plus grande partie des incendies touchent le secteur résidentiel. En effet, 55 des 69 sinistres impliquaient des maisons ou des logements. Ces feux ont entraîné des pertes totales de près de 1,2 million $. Pour ce secteur en particulier, les pompiers sont parvenus à sauver 89,5 % de la valeur des bâtiments.

De façon générale, les pompiers ont réussi à circonscrire 85 % des incendies à leur lieu d'origine lors de leurs interventions. Une efficacité comparable à celle des dernières années, bien que le sinistre à l'ancienne usine Résolu, le 3 novembre 2015, ait causé pour 500 000 $ de dommages à lui seul.

Le rapport annuel fait aussi ressortir la très forte augmentation du nombre d'interventions des pompiers lors d'accidents de la route. En 2012, on ne dénombrait que 42 sorties pour ces motifs. Ce nombre a bondi à 70 en 2013, 87 en 2014 et 116 en 2015.

M. Lelièvre explique cette tendance par un changement de vision entre les premiers répondants. 

«Si on met nos tâches en place en même temps, nous augmentons notre efficacité», constate-t-il, en assurant que ce mandat n'entraînait pas de coûts supplémentaires significatifs au service.

«Ce sont des pompiers qui sont déjà en caserne», mentionne M. Lelièvre. «Ça n'a pas nuit à notre couverture. De plus, la Société d'assurance automobile du Québec nous fait parvenir un certain montant quand les pompiers interviennent sur un accident.»

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