Abou Fofana sera déporté

Abou Fofana doit être déporté lundi.... (Archives Le Nouvelliste)

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Abou Fofana doit être déporté lundi.

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(Trois-Rivières) Après trois ans d'incertitude, Abou Fofana devrait être déporté vers la Côte d'Ivoire lundi prochain, laissant derrière lui trois jeunes enfants et sa conjointe. Aujourd'hui établi à Trois-Rivières, il est soupçonné par Citoyenneté et Immigration Canada de crimes de guerre. Sous le choc et pratiquement à bout de ressources, ses proches sont dévastés.

L'Ivoirien d'origine est incarcéré depuis deux semaines dans un centre de Laval dans l'attente de sa déportation prévue lundi. Geneviève Trottier, sa conjointe et la mère de ses trois enfants, affirme que Citoyenneté et Immigration Canada a reçu dernièrement le titre de voyage de la Côte d'Ivoire, le document qui permet de le déporter. La décision de déportation, prise il y a trois ans et en suspens depuis, sera donc finalement appliquée. 

«Il n'y a pas de nouvelle décision de rendue depuis trois ans, car on devait déposer une nouvelle demande de résidence. Elle a finalement été déposée en janvier dernier et nos avocats nous disent qu'elle a de bonnes chances d'être acceptée, car les lois ont changé et nous avons la jurisprudence de notre côté, mais ça prend souvent deux ans pour l'étude de cette demande», a expliqué Mme Trottier en entrevue vendredi. «Tant et aussi longtemps que la nouvelle demande n'a pas été ouverte, c'est la décision d'il y a trois ans qui prévaut. Au moins, qu'ils prennent le temps d'ouvrir sa demande avant de le déporter.»

Choquée par la situation, Geneviève Trottier ne baisse pas les bras. Elle tente de mobiliser le milieu politique. Déjà, le député fédéral néodémocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin, ainsi que le député fédéral libéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, appuient la démarche de la famille d'Abou Fofana. 

«Nous aimerions une intervention ministérielle pour, à tout le moins, que son dossier soit analysé avant de le déporter. Une fois qu'il est déporté, ça devient très difficile de faire accepter sa demande», ajoute-t-elle. 

De plus, la famille d'Abou Fofana souhaite que la Cour fédérale se penche lundi sur une demande de sursis. «Mais évidemment, nous sommes limites», avoue Mme Trottier. «Est-ce que notre cause sera entendue lundi matin? On ne connaît même pas l'heure de son départ. Personne ne nous a donné l'information encore.» 

Abou Fofana a toujours nié avoir commis des crimes de guerre lors de la guerre civile ivoirienne. Il affirme avoir seulement travaillé pour les Forces nouvelles en tant que menuisier pour la construction de hangars et aussi comme agent à la frontière. Lorsque la décision de déportation avait été prise en 2013, Citoyenneté et Immigration Canada n'a jamais formulé les preuves qui démontraient l'implication d'Abou Fofana dans des crimes de guerre.

La conjointe d'Abou Fofana, Geneviève Trottier en compagnie... (Stéphane Lessard) - image 2.0

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La conjointe d'Abou Fofana, Geneviève Trottier en compagnie de leurs enfants Kassim, Adama et Nabintou.

Stéphane Lessard

Des moments difficiles pour ses proches

En détention depuis deux semaines à Laval, Abou Fofana est soumis aux mêmes conditions qu'un prisonnier normal. Ses proches peuvent aller le rencontrer selon des conditions particulières, mais ils ne peuvent pas le toucher. «On ne peut pas croire qu'une injustice comme ça va arriver, surtout pour nos enfants. Ils ont tellement besoin de leur père», souligne Geneviève Trottier en ajoutant que les enfants, âgés de trois ans pour les jumeaux et de quatre ans pour l'aîné, ont ces jours-ci des maux de ventre et ne veulent plus aller à la garderie. «C'est vraiment difficile pour eux. Nous sommes dévastés.»

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