Syrie: Kerry et Lavrov veulent un accord

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Le chef de la diplomatie américaine John Kerry (à droite) s'entretient avec son homologue russe Sergei Lavrov, à Vienne, le 17 mai dernier.

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Agence France-Presse
Genève

Les chefs des diplomaties américaine et russe John Kerry et Sergueï Lavrov se retrouveront vendredi à Genève pour tenter d'arracher un accord de règlement du conflit en Syrie, malgré des échecs successifs ces derniers mois.

Moscou et Washington, qui soutiennent depuis plus de cinq ans des camps adverses sur le terrible théâtre de guerre syrien, cherchent à relancer un plan de paix adopté fin 2015 par la communauté internationale et qui comprend un cessez-le-feu durable, de l'aide humanitaire conséquente et un processus de transition politique entre le régime syrien et l'opposition modérée.

Après deux jours de tergiversations, le secrétaire d'Etat John Kerry a quitté Washington jeudi soir pour être vendredi matin à Genève, où se trouve M. Lavrov, a annoncé le département d'Etat.

Dans la ville suisse, «leur discussion fera suite à de récentes conversations et sera centrée sur la réduction de la violence, l'élargissement de l'aide humanitaire pour le peuple syrien et les avancées vers une solution politique pour mettre fin à la guerre civile» en Syrie, a résumé le porte-parole de la diplomatie américaine John Kirby.

Cette nouvelle rencontre russo-américaine avait été annoncée dès mercredi par Moscou --programmée pour jeudi et vendredi-- mais Washington s'est refusé jusqu'à la dernière minute à confirmer le déplacement du secrétaire d'Etat.

MM. Kerry et Lavrov se sont encore parlé jeudi au téléphone d'une éventuelle «coopération russo-américaine dans le but de détruire les groupes terroristes actifs en Syrie, de contribuer à résoudre les problèmes humanitaires et de promouvoir un règlement politique du conflit syrien», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères, précisant que cette conversation avait eu lieu à l'initiative des Etats-Unis.

Kerry court après Lavrov 

De fait, après cinq ans et demi de chaos en Syrie qui a provoqué la mort de plus de 290.000 personnes et la fuite de millions d'autres, M. Kerry est accusé par ses détracteurs de courir après M. Lavrov pour tenter d'arracher à tout prix un accord en Syrie, à quatre mois de la fin de la présidence de Barack Obama.

On ne compte plus les entretiens aux quatre coins du monde entre les deux hommes, les derniers au sommet du G20 en Chine les 4 et 5 septembre et à Genève le 26 août.

Les deux puissances, aux relations glaciales depuis 2012, discutent aussi d'une coopération militaire en Syrie pour faire respecter le cessez-le-feu et lutter ensemble contre les groupes jihadistes.

Mais ces multiples tractations russo-américaines n'ont jusqu'ici rien donné de concret, le président russe Vladimir Poutine ayant toutefois vanté un «certain rapprochement des positions» après un entretien informel avec M. Obama au G20 lundi.

Ce dernier, qui a toujours refusé un engagement militaire d'envergure de l'Amérique en Syrie et en Irak, s'est prudemment félicité d'une entrevue «productive» avec le chef du Kremlin.

Tout aussi sceptique sur une percée, le patron du Pentagone Ashton Carter a prévenu jeudi sur la BBC qu'il restait «toujours un long chemin à faire» avant le moindre accord.

Les rebelles encerclés à Alep

Mercredi, à Londres, l'opposition modérée syrienne, très affaiblie face au régime et aux jihadistes, avait présenté un plan de transition politique.

Ces rebelles sont en grande difficulté sur le terrain, dans la ville symbole d'Alep (nord) où les forces syriennes appuyées par l'aviation russe ont réussi à faire le siège des quartiers rebelles, parachevant jeudi cet encerclement.

«L'idée est qu'une fois que nous aurons atteint une véritable cessation des hostilités, alors la fenêtre sera ouverte pour reprendre les négociations politiques» sous l'égide de l'ONU à Genève, a expliqué à l'AFP Anas al-Abdé, président de la coalition syrienne de l'opposition politique en exil.

Il a réaffirmé «certains principes pour lesquels le peuple syrien se bat depuis le début de la révolution» en 2011, en allusion au départ du président Bachar al-Assad.

Ce départ a encore été réclamé par le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson. John Kerry l'avait aussi longtemps exigé avant de mettre de l'eau dans son vin à mesure qu'il se rapprochait de la position de Moscou.

Egalement acteur du drame syrien, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé être prêt à coopérer avec les Etats-Unis pour chasser le groupe Etat islamique (EI) de sa «capitale» syrienne Raqa. M. Erdogan a affirmé s'être entendu avec Barack Obama, en marge du G20 pour «faire le nécessaire» afin de chasser les jihadistes de la ville.

Par ailleurs, 73 ONG ont annoncé qu'elles suspendaient leur coopération avec l'ONU en Syrie pour protester contre la «manipulation des efforts humanitaires» par le régime et l'incapacité des Nations unies à résister à ces pressions.

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