Pour aider ceux qui restent

Une vigile pour les personnes ayant perdu un... (Mathieu Lamothe, Le Nouvelliste)

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Une vigile pour les personnes ayant perdu un proche par suicide s'est déroulée, jeudi soir, à l'église St-James.

Mathieu Lamothe, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) «C'est important de se recueillir avec les gens qui ont été dans la même situation que nous.»

Il y a 11 ans, la fille de Claude Vadnais s'enlevait la vie, laissant derrière elle des proches qui l'aimaient. Comme plusieurs dizaines de personnes ayant vécu un drame semblable, il a participé, jeudi soir à Trois-Rivières, à la vigile à la bougie organisée tout spécialement pour eux par le Centre de prévention suicide-Accalmie.

Pour lui, ce rendez-vous annuel, qui a été organisé cette année dans le cadre de la Journée mondiale de la prévention du suicide qui se tiendra le 10 septembre, constitue un incontournable. Celui qui siège sur le conseil d'administration de l'organisme derrière la vigile a d'ailleurs retardé ses vacances de quelques jours pour être présent.

«On veut rejoindre les gens qui ont peut-être un peu plus de difficulté que les autres à se remettre de ces situations difficiles. Le 10 septembre est d'ailleurs la date de l'anniversaire de ma fille», a-t-il confié quelques minutes avant le début du moment de recueillement qui devait avoir lieu dans le jardin des Ursulines mais qui a dû être déplacé à l'intérieur de l'église St-James en raison de la pluie.

Le directeur général du Centre de prévention suicide-Accalmie, Luc Massicotte, abonde dans le même sens que le membre du conseil d'administration de son organisme.

«Ça permet aux personnes endeuillées de se rassembler et de faire sentir leur présence. Ils sont les premiers témoins de l'impact d'un décès par suicide. Dans nos services, on s'occupe beaucoup des gens qui souffrent, mais les personnes endeuillées sont celles qui demeurent et c'est important d'être là également pour eux», a expliqué M. Massicotte.

Tout comme M. Vadnais, plusieurs participants sont des habitués de ce rassemblement et donnent de leur temps bénévolement afin d'aider des individus en détresse et les proches de ceux qui se sont enlevé la vie.

Bien qu'ils soient heureux de voir les mêmes visages année après année, les organisateurs espèrent tout de même que cette activité serve de vitrine à leurs services et attirent d'autres personnes endeuillées vers eux.

Une réalité inquiétante

UEn Mauricie-Centre-du-Québec, une centaine de personnes se suicident annuellement. Pour chacun de ses décès, environ 10 personnes vivent un deuil complexe, c'est-à-dire qu'ils devront s'absenter du travail ou qu'ils auront recours à des services d'aide.

En raison de cette réalité, les ressources comme le Centre prévention suicide-Accalmie et les activités comme la vigile annuelle sont plus pertinentes que jamais selon M. Massicotte.

«Ça veut dire que dans l'ensemble de la région, il y a des milliers de personnes qui doivent composer avec un deuil. Ils sont dans notre entourage, dans notre milieu de travail ou même dans notre équipe de hockey», a-t-il laissé tomber.

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