Un appui de plus pour Bacon

André Provonost avec ses chevaux dans sa cour... (A)

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André Provonost avec ses chevaux dans sa cour arrière en 2013.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le débat sur le statut de Bacon à Trois-Rivières rappelle de mauvais souvenirs à André Pronovost, ce résident du secteur Lac-à-la-Tortue qui a remué ciel et terre pour que ses chevaux soient considérés comme des animaux de compagnie. Deux ans plus tard, le débat reste entier en raison du manque d'ouverture des municipalités, déplore-t-il.

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Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

«Encore la même histoire!», s'exclame M. Pronovost. «On utilise les mêmes arguments pour le petit cochon. La dame a monté un dossier étoffé, mais les mêmes arguments reviennent. Avec le temps, les gens devront comprendre qu'à un moment donné, on peut avoir d'autres animaux de compagnie que des chiens ou des chats, en autant que les animaux ne polluent pas, ne dérangent pas le voisinage et ne causent aucun préjudice.»

M. Pronovost avait raconté son histoire pour la première fois au printemps 2013, mais un citoyen s'était plaint de la situation quatre ans auparavant. Habitant sur l'avenue Tour-du-Lac, en zone résidentielle, M. Pronovost gardait des chevaux dans sa cour arrière. Pour régulariser sa situation, il avait formulé une demande de modification de zonage à la Ville de Shawinigan, mais le comité consultatif d'urbanisme l'avait refusée. 

Il avait reçu un premier constat d'infraction de 428 $. Après avoir payé l'amende, il avait envoyé son cheval en pension. Par la suite, il avait tenté de sensibiliser l'ex-conseiller Bernard Cayouette à sa cause. Sans nouvelle pendant plusieurs mois, il avait ramené son cheval chez lui en août 2012, en plus d'acheter une jument et une pouliche.

Quelques mois plus tard, la Ville avait émis un nouveau constat d'infraction, de 873 $ étant donné qu'il s'agissait d'une récidive. Cette fois, il avait plaidé non coupable. 

Il avait défendu sa position en cour municipale en expliquant au juge Pierre Bordeleau que ses chevaux devaient être considérés comme des animaux de compagnie. Il avait essuyé un revers et avait ainsi dû payer une amende de 600 $, plus les frais.

Le juge s'était inspiré de définitions du Petit Robert dans son argumentation. Ainsi, un animal domestique vivrait auprès de l'homme pour l'aider ou le distraire, alors qu'un animal de compagnie vivrait avec l'homme pour lui tenir compagnie.

Le juge ne voyait donc pas comment un cheval pouvait être considéré comme un animal de compagnie, «puisqu'il ne vit pas dans la maison de l'homme pour lui tenir compagnie, mais plutôt sur ses terrains pour l'aider ou le distraire.»

Tenace, M. Pronovost avait décidé de porter le dossier en appel en Cour supérieure. Il avait retenu les services de Me René Duval. Au printemps 2014 toutefois, le citoyen avait essuyé un nouvel échec. 

«Depuis ce temps, mes chevaux sont en pension à Saint-Narcisse», déplore M. Pronovost. «Avoir un animal de compagnie en pension à 20 kilomètres de la maison, c'est pas pareil.»

«Le débat reste d'actualité», observe-t-il. «Qu'on parle de chevaux, de pitbulls, de cochons, c'est toujours la même affaire. Le fond de l'histoire est le même: c'est une question d'attachement. La dame de Trois-Rivières a un bon dossier; je la comprends. Ça m'a tenu à coeur; j'en ai pratiquement fait une dépression. C'est une cause qui vaut la peine d'être débattue.»

Au conseil municipal de Trois-Rivières le 6 septembre, Catherine Richard Daigneault a tenté de sensibiliser les élus à sa situation. Pour le moment, son microcochon n'est pas considéré comme un animal de compagnie, mais le maire, Yves Lévesque, n'a pas fermé la porte à un éventuel assouplissement dans la réglementation municipale.

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