Vers une fondation pour Djemila Benhabib

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Djemila Benhabib est confiante et sereine à quelques jours de son procès.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec un procès en diffamation qui s'ouvre contre elle le 26 septembre, Djemila Benhabib tiendra non seulement au préalable des soirées de solidarité à Montréal et Trois-Rivières pour soulager ses frais juridiques, mais elle envisage aussi la mise sur pied d'une fondation pour défendre la liberté d'expression.

«L'argent est le nerf de la guerre. Il y a une tendance à la judiciarisation du débat public. C'est un enjeu démocratique qui va au-delà de ma petite personne. Je suis confiante et sereine. Je n'ai pas à avoir honte, ni à rougir. Personne ne me fera taire ou peur», a-t-elle confié lors d'une entrevue exclusive au Nouvelliste.

Dans deux semaines débutera au palais de justice de Montréal le procès qui l'oppose à un établissement scolaire privé musulman, Écoles musulmanes de Montréal, «subventionné par le ministère de l'Éducation», précise-t-elle. On lui reproche des propos tenus lors d'une entrevue radiophonique accordée en 2012.

«J'en suis déjà à mon deuxième procès. Le premier qui s'est conclu en ma faveur concernait trois photos d'un concours de récitation coranique infligé à des enfants de moins de huit ans, dans la fameuse mosquée al-Rawdah des Frères musulmans à Montréal», rappelle la Trifluvienne d'adoption

Dans la foulée de ce nouvel épisode juridique, la première soirée de solidarité aura donc lieu le 12 septembre, à 20 h, au Cabaret Le Lion d'Or, à Montréal tandis que la seconde sera organisée à Trois-Rivières le 21 septembre, à 19 h 30, au Café-bar Zénob. 

Dans ce dernier cas, l'entrée sera gratuite. Il y aura des prises de parole et un débat-causerie sur la liberté d'expression avec Djemila Benhabib et la philosophe Louise Mailloux.

«Je reste toujours habitée par le brûlant désir de dire et l'urgence d'agir pour construire une véritable perspective humaniste, laïque et féministe. Mais je ne me fais pas d'illusion. Dans ce combat contre l'islam politique, on ne peut compter sur personne d'autre que sur nous-mêmes», affirme l'essayiste.

Car celle-ci déplore ouvertement «le manque cruel de courage et de vision qui domine une bonne partie de nos classes politiques tournées vers le clientélisme». «Et nos systèmes médiatiques dominants sont étouffés par le déni et trop enclins à la sacralisation de l'instantané, abandonnant par le fait même nos concitoyens aux mains de forces occultes sinon obscurantistes», dénonce-t-elle.

L'ancienne candidate péquiste vient de faire la une du dernier numéro du magazine français Marianne, aux côtés de femmes «qui disent non à l'islamisme». «J'appartiens à une grande famille qui défend des principes universels», se plaît à souligner celle qui peut compter sur un appui à l'échelle internationale.

Pour Djemila Benhabib, il ne sera jamais question d'accepter ici ce qu'elle a refusé là-bas. «Là-bas étant l'Algérie de mon enfance, défigurée par l'hydre islamiste dans les années 90 et marquée par le refus obstiné de la barbarie et des voiles de la servitude. Jamais je ne me laisserai intimider. Le silence n'est pas une option.»

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