Mort de Bob Bissonnette: onde de choc en Mauricie

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Bob Bissonnette

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(Trois-Rivières) Le décès de Bob Bissonnette a ébranlé le Québec dimanche.

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Bobby Baril

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Martin Mondou

François Gervais, Le Nouvelliste

Au fil des années, le chanteur avait tissé des liens avec plusieurs personnalités du monde sportif de la région, que ce soit avec son bâton de hockey ou avec sa guitare. Tous sont unanimes: il ne se faisait pas plus authentique que lui.

Bobby Baril a dirigé l'attaquant lors de la saison 2005-2006 alors qu'il était à la barre de l'Xtrême de Shawinigan de la Ligue centrale de hockey. Une saison qui s'est terminée par un championnat. Les deux sont devenus de très bons amis dès ce moment.

«On utilise souvent le sobriquet ''lui, c'est un vrai'' à gauche et à droite. Mais Bob, c'était un vrai de vrai. Quand il est arrivé, il a changé la dynamique de l'équipe. Il n'y a rien qu'il ne faisait pas à 100 %. Il n'y avait rien à son épreuve pour gagner un match. Il n'y avait rien à son épreuve pour faire carrière dans la musique. Quand il croyait en quelque chose, il était all in. C'est un exemple de persévérance. C'est un aimant. Tout le monde collait après lui. Il avait une joie de vivre», souligne Baril, visiblement émotif.

C'est d'ailleurs sous recommandation de son ancien joueur que Baril est devenu directeur des ventes chez les Capitales de Québec.

Le directeur général des Cataractes Martin Mondou gardera lui aussi un excellent souvenir de Bob Bissonnette. À l'époque, il occupait la même fonction avec l'Xtrême.

«Comme joueur, s'il était contre toi, tu ne l'aimais vraiment pas, mais s'il était dans ton équipe, c'était un des favoris. C'était un vrai. Je pense que c'est quelque chose qu'il a toujours apporté dans sa vie et dans le showbizz.»

En 2007, l'Xtrême avait de nouveau participé à la Coupe Allan, emblème du hockey senior canadien. Même s'il n'était plus avec l'équipe, Bissonnette s'était pointé dans le vestiaire de l'équipe après la finale québécoise.

«Il était monté quand même pour rejoindre les gars et il leur avait composé une chanson. C'est à ce moment que j'ai découvert ses talents musicaux», souligne Mondou, qui a partagé la vidéo de cette performance sur les réseaux sociaux.

Puis en 2012, avant le début de la Coupe Memorial, ce sont les joueurs des Cataractes qui ont profité de la générosité du hockeyeur devenu chanteur.

«Il était venu et avait donné une performance. Il avait donné une tuque à tout le monde. C'était un bon vivant et je n'ai jamais vu personne ne pas sourire sur une photo avec lui. On va garder de bons souvenirs. C'est dommage. La vie, il y a des choses qu'on ne comprend pas toujours, surtout à un si jeune âge. Il avait encore beaucoup de monde à faire rire et divertir.»

Philippe Deblois tient le même discours. Le hockeyeur trifluvien a côtoyé Bissonnette avec l'Xtrême, mais aussi avec les Patriotes de l'UQTR en 2003. L'équipe avait remporté le Championnat canadien lors de cette saison.

«C'était un bon joueur de hockey. On perd une personne qui faisait rire tout le monde et qui était vrai dans tout.»

Les deux hommes étaient restés proches malgré les années. Atteint d'un cancer des sinus en 2014, Deblois a pu compter sur l'appui de son ami.

«Lorsque j'étais malade, il est venu souper avec moi deux ou trois fois. On essayait toujours de se voir et on avait fait un party l'été dernier. J'étais chez de la famille en Beauce dimanche. Nous étions autour du feu mais ça faisait plusieurs personnes qui m'appelaient mais qui ne laissaient pas de message. J'en ai finalement rappelé une. La nouvelle m'a assommé.»

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Philippe Deblois

Andréanne Lemire, Le Nouvelliste

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Marc-Étienne Hubert

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Une première chanson à Trois-Rivières

L'entraîneur-chef des Patriotes Marc-Étienne Hubert faisait aussi partie de cette équipe en 2003. Il se souvient de la chanson que Bob Bissonnette avait composé pour résumer la saison de l'équipe lors d'un gala de fin de campagne.

«C'était à la sauce Bob Biss. C'est devenu notre hymne en séries éliminatoires et nous avons tout gagné. Notre soigneur Pete Millette avait un contact et il a suggéré d'endisquer la chanson. Je ne le savais pas, mais Bob m'a dit il y a quelques années que c'était la première fois qu'il enregistrait une chanson.»

Bobby Baril ne se disait d'ailleurs aucunement surpris de voir que la carrière musicale de son ancien joueur et ami avait connu un tel succès.

«Ça marche avec le charisme et le désir. S'il voulait faire quelque chose, il n'y a aucune personne qui aurait pu empêcher que ça fonctionne. Il avait des idées plein la tête. Peu importe ce qu'il allait décider de faire, il allait avoir du succès.»

T.J. Stanton... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 3.0

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T.J. Stanton

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

T.J. Stanton perd son élève

Le gérant des Aigles T.J. Stanton s'est rapidement lié d'amitié avec Bob Bissonnette lors de son retour avec l'équipe en 2011. Le gérant des Aigles a rapidement découvert le personnage dès leur première rencontre.

«Il était venu me voir et il m'avait dit ''Bonjour, je suis une rock star''. Je n'étais pas certain... Mais petit à petit, il était de plus en plus populaire chaque année. C'était un gars de party, mais pour lui, sky is the limit. J'aurais vraiment aimé qu'il puisse réaliser tous ses rêves», mentionne Stanton.

L'un des rêves du hockeyeur devenu chanteur était de se produire au Grand Ole Opry, le temple de la musique country à Nashville au Tennessee d'où est produit une émission radiophonique hebdomadaire diffusée partout aux États-Unis.

Bissonnette avait d'ailleurs demandé l'aide du pilote des Oiseaux pour y parvenir à l'époque où il était l'instructeur des lanceurs chez les Capitales.

«Chaque mercredi matin, nous allions déjeuner ensemble et je lui donnais un cours d'anglais. Il se disait que s'il parlait un peu mieux anglais, il pourrait être capable. Je suis vraiment triste de le voir partir. C'était très difficile dimanche. Il a toujours vécu la vie à 100 %.»

Le dernier souvenir que gardera Stanton du chanteur de 35 ans en est un des plus agréables, puisqu'il craignait qu'un froid se soit installé entre les deux lorsqu'il a quitté l'organisation des Capitales, dont Bissonnette était l'un des actionnaires.

«Quand je suis venu à Trois-Rivières, j'ai reçu des centaines de messages textes ou d'appels de gens qui voulaient me féliciter. Vraiment tout le monde me l'a dit... mais pas Bob. Jeudi, lorsque nous étions à Québec, je lui ai demandé s'il était fâché. Il m'a dit que non, et qu'il tenait à me féliciter en personne. Il m'a donné une grosse accolade. J'étais vraiment très content.»

Dans cet incident qui a pris la vie de son ami ainsi que du pilote de l'hélicoptère, Frédérick Décoste, Stanton a bien failli perdre son mentor en Michel Laplante. Fort heureusement, le président des Capitales va s'en tirer. Un baume sur la plaie causée par la tragédie.

«C'était vraiment difficile d'apprendre que Bob était décédé, mais je suis tellement content que Michel soit correct. Il est un peu un deuxième père pour moi et je suis vraiment proche de lui et de toute sa famille.»

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