Des citoyens se mobilisent pour le parc de la Rivière-Grand-Mère

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Des citoyens se demandent ce qui empêche la Ville de Shawinigan d'intervenir au parc de la Rivière-Grand-Mère. Ils font circuler une pétition pour mettre de la pression sur les élus. À l'avant, on reconnaît Réal Daneault, initiateur de la démarche, en compagnie d'Alain Lirette, Marc Dumont, Julien Gélinas et Louis Tremblay.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Autrefois considérée comme un point de mire, la petite l'île qui trônait fièrement au coeur du parc de la rivière Grand-Mère est maintenant envahie par les sédiments et les quenouilles, affectant ainsi l'éclat d'un site qui a longtemps alimenté la fierté des résidents de la région. Un petit groupe de citoyens se mobilise afin que les responsables de ce laisser-aller s'activent un peu.

Depuis environ un mois, une «lettre d'appui» circule à ce sujet pour mettre de la pression sur le conseil municipal. Initiateur du projet, Réal Daneault mentionne qu'environ 1500 personnes ont signé le document. La démarche se poursuivra encore pendant quelques semaines et à l'automne, le groupe souhaite se présenter devant les élus pour connaître précisément leurs intentions.

Les doléances entourant le parc de la Rivière-Grand-Mère s'invitent occasionnellement à la période de questions aux séances du conseil municipal de Shawinigan. Les citoyens déplorent que les observations ou les commentaires demeurent sans suite.

Dans le programme triennal d'immobilisations présenté en décembre, l'administration municipale prévoyait un investissement de près de 200 000 $ en 2017 pour l'aménagement d'un bloc sanitaire au parc de la Rivière-Grand-Mère. Un muret à graffitis et un parc de planches à roulettes amélioré se retrouvent aussi dans les cartons, mais rien pour redonner à la rivière Grand-Mère tout son lustre d'antan.

Voilà pourquoi des citoyens considèrent qu'il faut maintenant aller plus loin que le simple questionnement en assemblée publique.

«C'était tellement beau avant; aujourd'hui, c'est rendu une soue à cochons», déplore M. Daneault. «La Ville nous dit que c'est la faute du ministère de l'Environnement. Il y a un an et demi, le ministère nous avait dit qu'il n'avait reçu aucune demande d'intervention officielle. La Ville nous disait aussi qu'il y avait un comité qui était formé pour rénover le parc, mais nous avons su finalement que c'était pour organiser des activités. Ce n'est pas la même chose!»

Au début juillet, M. Daneault a réitéré sa question au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour savoir si la Ville avait formulé une demande d'intervention. Il s'est fait servir la même réponse, ce qui l'a décidé à passer à l'action.

Les citoyens ont retracé des photos de l'île du parc juste avant la fusion et en une quinzaine d'années, le coup d'oeil a complètement changé. Le muret qui ceinture le bassin vacille; même qu'à certains endroits autour de l'île, il a complètement disparu derrière la végétation, fait remarquer Louis Tremblay.

Mais surtout, l'accumulation de sédiments, visiblement en raison du manque d'entretien, a stimulé la prolifération de plantes indésirables tout autour de l'île, la rendant méconnaissable. Lors du Relais pour la vie notamment, les participants remarquent de plus en plus la présence de certaines odeurs qui ne facilitent pas le recueillement. «Plus ça va aller, plus il y aura des quenouilles et plus ça va sentir mauvais!», résume Alain Lirette.

L'an prochain, le site célébrera le 75e anniversaire du rassemblement de la Fête nationale. Le comité apprécierait que cette étape marque un nouveau départ pour le parc. «Le maire veut que tous les citoyens de la ville se sentent Shawiniganais», rappelle Marc Dumont. «Au moins, encouragez-nous à améliorer notre coin! N'investissez pas tout l'argent pour l'ancienne ville de Shawinigan; gardez-nous-en un peu!»

M. Dumont croit qu'un simple appel à une grande corvée mobiliserait suffisamment de personnes pour s'atteler à la tâche.

André Grosleau, un habitué des séances publiques du conseil municipal, craque une allumette dans ce débat avec une réflexion qui résume l'état d'esprit du groupe. «Si ce parc était dans le secteur Shawinigan, jamais il ne serait dans cet état.»

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Voilà à quoi ressemblait la rivière Grand-Mère au coeur du parc qui porte son nom au tournant du nouveau millénaire.

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Aujourd'hui, l'île centrale est envahie par des sédiments... (Sylvain Mayer) - image 2.1

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Aujourd'hui, l'île centrale est envahie par des sédiments et une végétation indésirables.

Sylvain Mayer

La Ville et le MDDELCC se renvoient la balle

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques assure n'avoir jamais reçu de demande de certificat d'autorisation de la Ville de Shawinigan pour le parc de la Rivière-Grand-Mère. De son côté, l'administration municipale plaide que Québec n'est tout simplement pas intéressé à intervenir.

Pas facile d'identifier clairement pourquoi le statu quo est maintenu dans le dossier du parc de la Rivière-Grand-Mère. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, assure pourtant que les citoyens sont entendus à l'hôtel de ville.

«Ce n'est pas d'hier qu'on travaille sur ce dossier», explique-t-il. «Ça fait au moins trois ans qu'on discute avec le ministère du Développement durable. Ce n'est pas la Ville de Shawinigan qui n'est pas intéressée, mais ça dépend de ce qui nous est demandé. Notre objectif est de rencontrer les gens et, en fonction des directives que nous avons du ministère et des enjeux, voir ce que nous pourrons faire éventuellement.»

«Il n'y a rien de compliqué là-dedans», convient M. Angers. «Mais on ne peut pas faire n'importe quoi.»

Le maire mentionne que le MDDELCC exige des études diverses sur l'impact de ces travaux de dragage. En fait, il se demande à quel point le ministère souhaite une intervention dans ce dossier. «On nous dit qu'une rivière doit rester dans son lit, qu'elle doit demeurer à l'état naturel et qu'on n'a pas à intervenir là-dedans», résume-t-il. «C'est ce qu'ils nous disent depuis le début.»

M. Angers, qui a vécu sa jeunesse au parc de la Rivière-Grand-Mère, soutient que les références au passé ne tiennent plus.

«Je comprends que les gens puissent être nostalgiques du beau rond au milieu avec l'eau tout autour, alors que l'ex-Ville de Grand-Mère enlevait les résidus», raconte-t-il. «Mais ce n'est plus comme ça que ça fonctionne aujourd'hui. On ne peut plus faire ce qu'on faisait il y a 15 ou 20 ans. Il y a des normes; le ministère de l'Environnement est beaucoup plus sévère là-dessus. Sa volonté, selon les principes de développement durable, est de laisser faire la nature.»

Demande d'avis

Au MDDELCC, la porte-parole Geneviève Lebel confirme la réception d'une «demande d'avis de la Ville de Shawinigan pour un futur projet de dragage du bassin du parc de la Rivière-Grand-Mère», le 27 mars 2015. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs avait été mis au courant, compte tenu que le projet touchait l'habitat de poissons.

La direction régionale du ministère a répondu quatre mois plus tard. «Dans cet avis, le MDDELCC a signifié à la Ville de Shawinigan les études, plans et informations qui seront requis pour le dépôt éventuel d'une demande de certificat d'autorisation en vertu de l'article 22 de la Loi sur la qualité de l'environnement», indique Mme Lebel. «Il a aussi été mentionné que le projet pourrait être soumis à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement, notamment si le dragage était réalisé sur une superficie supérieure à 5000 mètres carrés.»

Depuis ce temps toutefois, la Ville de Shawinigan n'a donné aucune indication sur ses intentions.

«La direction régionale n'a reçu à ce jour aucune demande de certificat d'autorisation pour ce projet», confie la porte-parole.

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