Emballages Bettez: malaise à l'hôtel de ville de Trois-Rivières

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Le conseiller municipal François Bélisle est mal à l'aise que la Ville continue son lien d'affaires avec Emballages Bettez.

François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) La décision de la Ville de Trois-Rivières de poursuivre son lien d'affaires avec l'entreprise Emballages Bettez, après la mise en accusation de Jonathan Bettez pour de la pornographie juvénile, a créé un certain malaise au conseiller municipal de Pointe-du-Lac, François Bélisle.

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Le conseiller municipal de Pointe-du-Lac, François Bélisle.

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Ce dernier estime qu'avec les soupçons qui pèsent sur l'homme, spécialement en lien avec l'enquête sur le meurtre de Cédrika Provencher, il serait bon que la Ville prenne une pause et analyse plus en profondeur la situation.

C'est par le biais d'un statut Facebook qu'il a fait connaître son malaise, jeudi matin. «En tant que parent de deux jeunes enfants, je ne suis pas à l'aise avec la décision de notre ville de maintenir dans l'immédiat ses liens commerciaux avec cette entreprise dirigée jusqu'à hier par l'inculpé dans la présente affaire et propriété ($$$) de sa famille immédiate, et ce, même si j'ai de l'empathie pour ses employés», écrit-il.

Appelé à préciser sa pensée, François Bélisle confie qu'il a reçu des commentaires de citoyens abondant dans le même sens, ce qui l'a convaincu de partager publiquement son malaise.

«Je ne dis pas de les bannir à tout jamais. Mais il y a présentement une situation très délicate et je pense qu'il faudrait pouvoir prendre une pause tant que tout ça n'est pas tiré au clair. D'accord, l'accusé a été congédié, mais l'entreprise a pour seul actionnaire son père.

Il y a des vases communicants. Je ne suis pas à l'aise avec l'idée que la Ville donne de l'argent à une compagnie dont les profits vont peut-être servir à le défendre en cour. Ça va à l'encontre de mes valeurs, tout simplement», a-t-il confié.

Une sortie qui a interpellé ses collègues autour de la table, dont la plupart se sont montrés beaucoup moins tranchants.

«Évidemment, en tant qu'humain, tout le monde ressent un malaise depuis le début de la semaine, pour des raisons que je n'étalerai pas. Mais nous oeuvrons pour une organisation publique qui est régie par des lois et nous ne pouvons les contourner uniquement sur la base d'une réaction émotive», croit le conseiller municipal André Noël.

Le maire Yves Lévesque abonde dans le même sens, rappelant que la loi obligeait la Ville à octroyer des contrats au plus bas soumissionnaire, et qu'Emballages Bettez avait remporté la mise pour certains contrats. Légalement, la Ville se doit de respecter le cadre légal mis en place.

«Moi aussi, il y a bien des valeurs que je dois mettre de côté pour toutes sortes de raisons dans plusieurs dossiers. Mais comme organisation publique, nous sommes liés par des lois», a-t-il lancé, faisant remarquer qu'en tant qu'avocat, François Bélisle devrait être le premier à comprendre cette réalité.

De leur côté, les conseillers René Goyette, Luc Tremblay et Jean-François Aubin étaient d'avis que l'entreprise n'a pas à payer pour les agissements d'un seul individu et qu'il fallait faire la part des choses.

«On ne va pas mettre en péril une entreprise et pénaliser tous ces gens. On a toujours eu un bon service avec eux, nous n'avons jamais été mal servis», constate René Goyette.

«Personne ne va cautionner ce qu'il est soupçonné d'avoir fait, mais il faut faire la différence entre l'entreprise et la personne. Je suis certain que les employés d'Emballages Bettez ne cautionnent pas non plus, qu'ils sont choqués et dégoûtés et n'ont pas à en payer le prix. Je comprends que ça puisse créer un malaise, mais on ne peut pas aller plus loin que de nommer ce malaise, selon moi», ajoute Jean-François Aubin.

Marie-Claude Camirand, pour sa part, comprenait bien le malaise, mais s'est dite très divisée sur la question, songeant elle aussi aux nombreux emplois liés à la survie de cette entreprise. Pierre-Luc Fortin estime quant à lui qu'il n'appartient pas au conseil municipal de trancher cette question et qu'il préfère laisser la justice faire son travail.

Par ailleurs, René Goyette a clamé sa frustration de voir de tels sujets être abordés par des conseillers municipaux sur Facebook plutôt qu'en séance de travail du conseil municipal.

«Ça me choque de voir ça, car on met de la pression sur les membres du conseil sans qu'on n'ait pu en discuter ensemble. Pourquoi ne pas attendre qu'on soit en séance de travail pour en jaser? Les conseillers ont été élus pour ça», croit-il.

La ministre de la Justice muette

Rencontrée par Le Soleil en marge du lancement de la Fête Arc-en-ciel de Québec, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, n'a pas souhaité commenter l'affaire Jonathan Bettez, précisant qu'elle n'émettait jamais de commentaires pour un procès toujours en cours.

Et sur les insultes que le public a proférées à l'endroit de l'accusé à sa sortie du palais de justice? «Je ne commenterai pas non plus», a indiqué la ministre.

- Camille B. Vincent, Le Soleil

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