Maladresse policière

Ce cartable métallique appartenant à un policier de... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Ce cartable métallique appartenant à un policier de Trois-Rivières a été retrouvé lundi en fin d'après-midi par un citoyen.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un policier de Trois-Rivières a commis une maladresse lundi après-midi en laissant tomber son cartable métallique en plein boulevard des Forges.

Vers 16 h 15, un citoyen attendait dans son véhicule garé le long de cette artère principale, à la hauteur de la porte Duplessis. Il a aperçu un objet glisser de l'autopatrouille, probablement du coffre arrière de la voiture.

«Le policier roulait sur des Forges, direction nord, lorsqu'il a tourné pour prendre la côte Plouffe. J'ai vu quelque chose glisser et j'ai entendu beding, bedang! Ça a tombé dans la rue et ça a ouvert. J'ai vu le pad tomber et les papiers sortir. J'ai ramassé les papiers. J'ai pensé que le policier virerait de bord, mais non», raconte ce citoyen, préférant demeurer anonyme, lorsqu'il a rencontré Le Nouvelliste, mardi.

Des formulaires de rapports vierges se trouvaient dans le cartable compartimenté, mais aussi des copies de billets d'infraction au code de la sécurité routière incluant des informations personnelles concernant les conducteurs fautifs.

Un document affichant des informations sur des membres de groupes criminalisés a aussi été retrouvé dans le cartable du policier, de même que l'horaire de travail de son équipe. Le relevé de notes du policier en question, émis par l'École nationale de police du Québec, révèle certaines informations sur lui. La présence d'une note manuscrite sur les travaux à faire à un chalet (changer la toiture, réparer la rampe de la galerie, etc.) a également été observée.

Le citoyen qui a trouvé ce cartable assure qu'il n'a aucunement l'intention de dévoiler quelque information personnelle que ce soit. Il affirme n'avoir pris aucune photo des documents rangés dans le cartable. Il a d'ailleurs quitté les bureaux du Nouvelliste en disant qu'il allait rendre aussitôt l'objet au quartier général de la Sécurité publique de Trois-Rivières, mardi matin.

S'il n'a aucune mauvaise intention, pourquoi ne pas avoir remis le cartable lundi après-midi au lieu de contacter Le Nouvelliste?

«On devait retourner à la maison, car on était avec les enfants, explique-t-il. J'ai fait ma bonne action, j'ai gardé les documents confidentiels. Je n'ai rien contre la police, je suis de bonne foi et je n'ai pas de dossier criminel. Mais en même temps, c'est la sécurité publique. C'est peut-être une faute grave. Il y a des informations personnelles là-dedans. Si ça tombe dans les mains d'une personne plus ou moins honnête, elle peut faire bien des affaires.»

Un geste involontaire

La Sécurité publique de Trois-Rivières confirme qu'elle rencontrera l'agent en question afin de lui rappeler de faire preuve de vigilance. Mais ce dernier ne sera pas sanctionné pour son oubli.

«C'est une distraction, affirme l'agente Carole Arbelot, porte-parole de la SPTR. Ce n'est pas volontaire. Si ça avait été une négligence volontaire, ou s'il avait oublié son arme, on ne parlerait pas de la même affaire. Un cartable laissé sur une voiture à la suite d'une intervention, il y a peut-être eu plein d'affaires qui sont arrivées et qui ont fait que le policier l'a oublié. C'est un incident fâcheux.»

N'empêche, la nature des dossiers et les informations qu'ils contiennent font en sorte que ce n'est pas un document «ordinaire» qui a été égaré.

«C'est un événement malheureux, comme n'importe qui peut oublier des documents importants. Ce n'est pas isolé aux policiers: un avocat peut oublier des documents, un journaliste aussi. Mais est-ce que ça vaut la peine de sanctionner ces gens-là? Ce n'est rien d'intentionnel», ajoute la porte-parole, qui s'interroge sur la motivation du citoyen ayant retrouvé le cartable à faire un détour par un média avant de le remettre à la police.

Même si ce genre d'incident est très rare, Mme Arbelot reconnaît qu'un tel événement servira à rehausser le niveau de vigilance de l'ensemble du corps policier.

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