Condamné pour avoir diffusé une histoire inventée sur Facebook

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Presse Canadienne

Répandre des faussetés sur les réseaux sociaux peut avoir des conséquences bien réelles.

Un homme qui a voulu se venger de son congédiement en diffusant sur Facebook une fausse histoire de mauvais traitements dans un centre de soins spécialisés de Sept-Îles vient de se faire condamner pour diffamation par un juge.

Ian Ritchie a été condamné à payer 17 500 $ plus intérêts aux deux responsables du centre.

Nancy Servant exploite depuis quelques années les centres de travail adaptés Résidence Régnault et Résidence Mgr Blanche qui se spécialisent dans les soins pour une clientèle souffrant de déficience intellectuelle, de limitations physiques ou ayant un trouble envahissant du développement. Mohamed Fekih Ahmed est le directeur de ces établissements et également le conjoint de Mme Servant.

C'est lui qui a embauché Ian Ritchie comme préposé, qui y travaillera un peu moins de 16 heures puisqu'il ne répond nullement aux attentes et exigences, tant de la qualité que du service de la clientèle, est-il écrit dans la décision du juge Denis Le Reste de la Cour du Québec.

Ian Ritchie est donc congédié le 27 février 2016.

Visiblement frustré, il publie une histoire inventée de toutes pièces, tranche le juge Le Reste. Celle-ci est diffusée par le biais de sa page Facebook personnelle et celle de «Spotted Sept-Îles» - un site sur lequel les habitants de la ville peuvent laisser n'importe quel commentaire, du plus sérieux au plus futile, et qui serait suivi par plus de 10 000 personnes, suivant la preuve présentée en Cour.

M. Ritchie y écrit avoir vu un préposé traîner une bénéficiaire par les jambes. Il ajoute avoir rapporté la situation à son patron qui l'a mis à la porte pour avoir critiqué le travail de ses collègues.

«De tels propos enflamment immédiatement les réseaux sociaux, la situation devenant incontrôlable. Plusieurs personnes dans Sept-Îles et ses environs parlent des propos tenus par Ritchie jetant un doute sur la qualité des services offerts dans ces deux résidences», peut-on lire dans la décision.

M. Ritchie raconte aussi cette histoire aux responsables du Centre intégré de santé et services sociaux de la Côte-Nord, qui déclenche une enquête.

La conclusion de celle-ci est sans équivoque: «Les services offerts par les employés des résidences Régnault et Mgr Blanche sont sans reproche. En tout temps on applique les méthodes d'intervention reconnues et exigées par le Centre intégré de santé et de services sociaux», est-il écrit.

Malgré cela, les conséquences pour les responsables du centre sont nombreuses: ils affrontent les commérages et les questions des employés. Ils interrompent même un projet d'agrandissement pour l'une des résidences à cause de l'impact des commentaires de Ian Ritchie. Ils ont depuis de la difficulté à engager du personnel, les candidats refusant de vouloir s'associer à ces résidences, ont-ils témoigné.

Quant à Ian Ritchie, il n'a pas contesté la poursuite.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer