La résilience d'une mairesse

Colette Roy-Laroche, ex-mairesse de Lac-Mégantic, a prononcé un... (Photo: Francois Gervais)

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Colette Roy-Laroche, ex-mairesse de Lac-Mégantic, a prononcé un discours dans le cadre du Congrès mondial sur la résilience.

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(Trois-Rivières) S'il existe un symbole fort de la résilience au Québec, c'est bien celui de l'ex-mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche.

Celle qui était en poste lors de la tragédie ferroviaire du 6 juillet 2013, qui coûta la vie à 47 de ses concitoyens, était invitée à prononcer un discours, lundi, à l'occasion de l'ouverture du troisième Congrès mondial sur la résilience, qui se tient actuellement à Trois-Rivières.

L'activité, qui regroupe tout près de 450 chercheurs et intervenants en provenance de 28 pays à travers le monde, se tient en collaboration avec l'UQTR et l'organisme Resilio qui vise la promotion et la diffusion de la recherche sur la résilience.

Au coeur du thème, «Résilience et culture», Colette Roy-Laroche a su aller puiser un exemple concret de ce qu'a permis la résilience de sa communauté, mais spécialement de son équipe au niveau municipal, afin d'assurer un rétablissement rapide pour sa population.

«Ça m'apparaissait important qu'on aborde la résilience organisationnelle. L'équipe municipale a été un des facteurs qui a contribué à faire en sorte que d'abord, dans les premiers jours, on se sentait en confiance. Nos employés municipaux ont pris les bonnes décisions au bon moment pour limiter les dégâts», se souvient Colette Roy-Laroche, qui ne cache pas que les manifestations de solidarité venues de partout au pays et à travers le monde ont aussi aidé.

«Nous nous sommes sentis réconfortés et soutenus par cette immense vague de solidarité. La solidarité amène la résilience sociale. Elle contribue à la reconstruction des individus et du coeur de notre ville», croit Mme Roy-Laroche.

À travers la peine, le traumatisme et le drame humain, les employés municipaux et élus de Lac-Mégantic ont su trouver la force de s'engager pour que la vie, bien qu'elle ne serait plus jamais celle d'avant, puisse au moins retrouver une certaine normalité.

«Ils ont fait preuve d'une capacité exceptionnelle d'engagement. Ils ont été un exemple de courage, d'adaptation, de solidarité et de résistance au stress», se souvient l'ex-mairesse.

À titre d'exemple, elle se souvient qu'à peine 48 heures après la tragédie, le camp de jour qui était destiné aux enfants en vacances scolaires avait tout de même ouvert ses portes.

«Il fallait permettre aux enfants d'avoir une activité qui les distrairaient d'une certaine façon de ce que tout le monde vivait comme stress, comme impact de cette tragédie», ajoute Colette Roy-Laroche, en rappelant aussi que l'équipe a eu à travailler sur le rétablissement des communications, sur la qualité de l'eau potable ainsi que sur les différents services aux citoyens.

Maintenant que les étapes de l'état d'urgence et de la réhabilitation sont complétées, aux dires de Mme Roy-Laroche, celle de la reconstruction pourrait prendre encore plusieurs années.

Toutefois, l'ex-mairesse de Lac-Mégantic constate que c'est toujours avec cette même force et cette même résilience que les dossiers continuent d'être menés par l'équipe municipale, et parfois dans des conditions très difficiles.

Recherche

Colette Roy-Laroche a accepté l'invitation du troisième Congrès mondial sur la résilience avec beaucoup d'humilité, s'avouant ne pas être une spécialiste en la matière, mais tenait aussi à assister aux ateliers offerts jusqu'à mercredi, et ce, comme simple participante. Pour elle, encourager et promouvoir la recherche sur la résilience a une signification particulière.

«Je pense que nous avons tous en nous beaucoup plus de capacité et de force qu'on ne peut le croire quand on est placé devant une situation inattendue où l'on pense qu'on ne peut rien faire. Je crois qu'on peut, par l'éducation et la formation, développer nos capacités à faire face à des événements dramatiques. Les spécialistes et chercheurs pourront nous indiquer des façons de développer cette résilience, que ce soit chez les jeunes, les aînés, les immigrants. Je crois que la résilience peut toucher tout le monde à quelque part dans notre vie», admet-elle.

Une force qu'on ne peut toutefois développer seul.

«Pour arriver à se rétablir, il faut savoir s'entourer, aller chercher des ressources, consulter. Cette capacité à aller vers les autres est une capacité qu'on peut développer chaque jour», ajoute-t-elle.

Conférence publique de Boris Cyrulnik

Devant la très grande demande et l'engouement généré par la présence du conférencier Boris Cyrulnik, à l'occasion du 3e Congrès mondial sur la résilience, le comité organisateur du congrès a décidé d'ouvrir la conférence de M. Cyrulnik au grand public, moyennant une contribution de 20 $.

La conférence, qui portera sur le thème «Résilience narrative et culture», se tiendra ce mercredi 24 août de 17 h 30 à 18 h au centre des congrès de l'hôtel Delta de Trois-Rivières.

Pour s'y inscrire, il suffit de se présenter sur place entre 16 h 15 et 17 h 15 afin d'obtenir une place au coût de 20 $ (argent comptant seulement).

Boris Cyrulnik est reconnu mondialement comme l'un des grands spécialistes de la résilience. Il s'est fait connaître du grand public avec la publication de nombreux ouvrages comme Un merveilleux malheur en 1999, ou Les vilans petits canards en 2001, ouvrage qui s'est écoulé à plus de 500 000 exemplaires.

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