Vent d'optimisme pour la 55

Avec la nomination de Laurent Lessard au poste... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Avec la nomination de Laurent Lessard au poste de ministre des Transports du Québec, les élus et les gens d'affaires de Bécancour espèrent se voir accorder le doublement de l'autoroute 55.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Michel Lamy
Le Nouvelliste

(Bécancour) La nomination de Laurent Lessard à titre de ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports a semé un vent d'optimisme chez ceux qui souhaitent le doublement de l'autoroute 55.

Les administrateurs de Bécancour et des environs croient en effet que le député de Lotbinière-Frontenac pourrait faire avancer le dossier de manière significative.

Il y a longtemps que le projet de doublement de l'autoroute 55 est mis de l'avant par les élus et les gens d'affaires de la Rive-Sud. Avec un nouveau ministre des Transports, qui est également le ministre responsable de la région du Centre-du-Québec, ceux-ci espèrent que le gouvernement posera des actions concrètes.

À Bécancour, les élus ont accueilli la nouvelle de façon positive. «Ça ne peut qu'être une bonne nouvelle. En tant que ministre responsable du Centre-du-Québec, il connaît mieux les dossiers de sa région», souligne Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour.

Même son de cloche du côté du député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, qui était enthousiaste à l'idée de collaborer avec son collègue.

«Je me réjouis de cette nomination, d'autant plus que j'ai un bon contact avec M. Lessard. Étant donné son expérience, je vois ce changement d'un bon oeil», commente le député caquiste.

Plus tôt cette année, la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec (CCICQ) avait entrepris des démarches auprès de l'ancien ministre Jacques Daoust. Si sa démission a quelque peu ébranlé l'organisation, la nomination de M. Lessard est venue rétablir la confiance.

«M. Lessard nous avait déjà démontré son appui en avril, au moment de rencontrer M. Daoust. Quand celui-ci a démissionné vendredi dernier, nous craignions de devoir recommencer nos démarches. Nos inquiétudes se sont cependant estompées quand nous avons appris que M. Lessard prenait sa place», affirme Martine Pépin, directrice générale de la CCICQ.

Le nouveau ministre des Transports n'est pas étranger aux enjeux que pose l'autoroute 55. Il sait par ailleurs que des gestes doivent être posés pour permettre l'avancement du projet.

«Il faut voir la pression à tous les jours du côté de Bécancour. On voit ce que ça donne quand la 55 rétrécit à une voie», évoque M. Lessard.

Rappelons que le débit de circulation sur l'autoroute 55 pour le tronçon reliant Bécancour à l'autoroute 20 est estimé à 12 400 véhicules par jour.

Si de l'avis général le député de Lotbinière-Frontenac pourrait contribuer à la réalisation du doublement de l'autoroute 55, les partisans du projet soutiennent qu'il reste du travail à faire concernant la promotion et la gestion des travaux.

«Je pense que M. Lessard doit connaître davantage le dossier du doublement de l'autoroute 55. Il est difficile pour nous de faire comprendre la nécessité du projet. Ce tronçon est dangereux depuis qu'il a été raccordé à l'autoroute 20», indique M. Martel.

Bien que satisfait de l'aménagement d'une voie de dépassement à la hauteur de Saint-Célestin, le député de Nicolet-Bécancour déplore le morcellement des travaux. «J'aurais aimé que quelqu'un se lève pour dire: ''arrêtons de niaiser, faisons les quatre voies. Il y a trop d'accidents mortels sur cette autoroute''», ajoute-t-il.

Mme Pépin indique par ailleurs que la CCICQ réalise présentement des études en vue de prochaines rencontres avec le gouvernement.

«Nous sommes en train de récupérer certaines données concernant la circulation. Des actions auront lieu cet automne afin de pousser le projet, mais nous voulons pouvoir nous appuyer sur des chiffres», signale-t-elle.

Malgré la lenteur inhérente aux procédures, M. Dubois croit que le nouveau ministre va apporter l'étincelle nécessaire pour mettre la machine en marche.

«La nomination de M. Lessard va donner une dose d'énergie aux responsables du projet. C'est l'élan qui va faire avancer les démarches dans ce dossier, qui piétine depuis trop longtemps», considère-t-il.

En entrevue au Nouvelliste, le ministre Lessard a soutenu qu'il comptait bien s'acquitter des responsabilités qui lui avaient été confiées, tant dans le cas de l'autoroute 55 que pour d'autres artères de la province.

«Sur le réseau québécois, il y a des tronçons qui ne sont pas terminés. Il y a des routes à finir, afin de boucler la boucle», constate-t-il.

Notons que le doublement de l'autoroute 55 aurait selon la CCICQ une influence considérable sur l'économie de Bécancour et de ses environs.

«Nous avons des projets avec le parc industriel et portuaire de Bécancour, ainsi qu'avec le port de Trois-Rivières. Doubler l'autoroute 55 permettrait d'avoir une circulation plus fluide, qui ne serait pas obligée d'emprunter l'autoroute 40; l'autoroute 20 est en effet plus utilisée pour le transport commercial. Cela nous donnerait aussi l'opportunité de développer l'ensemble de nos parcs industriels, puisque les industries sont plus intéressées à s'installer là où le réseau routier est efficace. Actuellement, le transport est un frein pour notre économie», conclut Mme Pépin.

L'autoroute 30 toujours sur la table

Si le projet de doublement de l'autoroute 55 interpelle bon nombre d'intervenants régionaux, le prolongement de l'autoroute 30 fait lui aussi partie des préoccupations des élus et des gens d'affaires du Centre-du-Québec.

Donald Martel, député de Nicolet-Bécancour, croit que même si ce projet est souvent négligé, il n'en reste pas moins important.

«Le prolongement de l'autoroute 30 est souvent perçu comme une demande superflue. C'est cependant un besoin réel: la ville de Nicolet se développe, et la route 132 devient trop achalandée entre Nicolet et Bécancour», affirme-t-il.

Du côté de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec (CCICQ), on considère également l'importance du prolongement de l'autoroute 30. On veut cependant éviter de sauter des étapes avant de s'y investir.

«Le projet de prolongement de l'autoroute 30 est toujours sur notre table à dessin. Nous devons toutefois y aller par priorité. Le doublement de l'autoroute 55 permettrait de régler des problématiques reliées à la sécurité et à l'économie», précise Martine Pépin, directrice générale de la CCICQ.

Pour sa part, le maire de Bécancour Jean-Guy Dubois, considère que le projet de l'autoroute 30 est complémentaire au projet de l'autoroute 55, puisque ceux-ci sont interconnectés.

Si le nouveau ministre des Transports du Québec semble moins pressé de s'attaquer au projet de l'autoroute 30, celui-ci n'a pas fermé la porte à l'étude du dossier.

«Dans le cas de l'autoroute 30, il va falloir faire des évaluations avant de dire quoi que ce soit. Avec une information plus pointue et pertinente, nous serons en mesure de prendre des décisions, par exemple savoir si l'autoroute 30 pourrait être intégrée au plan québécois», considère le ministre Laurent Lessard.

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