Erreur d'identification de corps: une morgue trop accessible?

À la suite de l'erreur survenue en juin... (François Gervais)

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À la suite de l'erreur survenue en juin dernier sur l'identité de deux personnes décédées, le rapport recommande entre autres qu'un membre du personnel de l'hôpital accompagne le préposé du salon funéraire lorsqu'il se présente à la morgue.

François Gervais

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les deux familles impliquées dans l'erreur d'identification de corps ont enfin eu des nouvelles à la suite de la plainte qu'elles ont logée au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec en juin dernier. Si elles comprennent un peu mieux ce qui a pu se produire ce matin-là, l'une des recommandations du rapport les a fait sursauter.

Rappelons qu'en juin dernier, Jean-Guy Bouchard et Réjean Léveillé étaient décédés à l'hôpital à quelques minutes d'intervalle. L'identité des corps avait alors été inversée et ils ont donc été acheminés à des résidences funéraires contraires à celles préétablies par les familles.

Les deux familles avaient décidé, d'un commun accord, de manifester leur mécontentement envers l'hôpital. La fille de Jean-Guy Bouchard, Manon Bouchard, a déposé sa plainte le 6 juin alors que la famille Léveillé a suivi quelques jours plus tard, le 15 juin. Elles devaient recevoir une lettre de l'hôpital d'ici 45 jours les informant des résultats de l'analyse effectuée.

Mais voilà qu'après plus de 50 jours ouvrables, Manon Bouchard n'avait toujours pas de nouvelles. «C'est moi qui ai dû aller au-devant d'eux pour avoir les résultats. On m'a dit que le rapport n'était pas tout à fait fini. On m'a rappelé trois jours plus tard et on m'a dit les recommandations par téléphone. Je n'ai même pas eu de rapport écrit», déplore-t-elle. «J'ai l'impression que si je ne les avais jamais contactés, je n'aurais jamais eu de nouvelles.»

C'est même elle qui a dû appeler la famille Léveillé pour lui partager les conclusions puisqu'eux non plus n'avaient pas eu signe de vie de l'hôpital depuis de nombreuses semaines.

Ce qu'elle a appris l'a sidérée: personne n'accompagnerait les préposés des salons funéraires à la morgue lorsqu'ils viennent récupérer un corps. «Le salon funéraire se présente à l'hôpital, on lui donne les papiers du corps qu'il vient chercher, la carte d'assurance-maladie et il prend la clé de la morgue. Il s'en va tout seul à la morgue. Il n'y a personne qui accompagne la personne du salon funéraire», rapporte Mme Bouchard. «Je suis tombée à terre quand j'ai appris ça. Il peut se passer n'importe quoi à la morgue. Imaginez si une personne se présente et en veut à quelqu'un.»

L'une des recommandations stipule donc qu'un membre du personnel de l'hôpital devrait accompagner le préposé du salon lorsqu'il se présente à la morgue. «Ensemble, ils vont pouvoir vérifier si tout est conforme», espère Mme Bouchard. «Il faut que le monde sache comment ça se passe. On ne veut pas que ça se revive ailleurs.»

Ce serait toutefois au cinquième étage, avant que les corps ne soient descendus, que l'erreur d'identification aurait été commise. La préposée en poste à ce moment-là avait été assignée à ce département alors qu'habituellement, elle travaille dans un autre secteur. «Ils ont pris une personne d'un autre département qui n'avait jamais fait ça pour identifier les corps et mettre les étiquettes», soupire Mme Bouchard.

Ce matin-là, trois décès ont eu lieu presque simultanément, menant à cette bourde de la part de l'employée. Cette dernière aurait eu des sanctions à la suite de cette erreur.

Manon Bouchard avoue qu'elle aurait aimé avoir plus de considérations de la part du centre hospitalier et qu'il se penche sur le dossier plus rapidement. Elle espère maintenant que l'hôpital acceptera de rencontrer les deux familles afin d'avoir l'heure juste sur la suite des choses et s'assurer qu'un tel évènement ne se reproduise plus jamais. «Je ne souhaiterais même pas à mon pire ennemi de vivre ça», jure Mme Bouchard. «Je m'en serais passé de tout ça, mais si ça peut aider du monde», laisse-t-elle tomber.

Rappelons que c'est la vigilance du complexe funéraire JD Garneau qui a permis d'éviter à la famille de M. Bouchard de se retrouver avec les cendres de Réjean Léveillé. On avait alors demandé à la famille d'identifier le défunt puisque la photo et l'apparence ne concordaient pas. Par la suite, c'est via les médias que la famille Léveillé avait su que l'autre corps impliqué dans cette erreur était celui de Réjean Léveillé.

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