L'UQTR accueille le troisième congrès mondial sur la résilience

Le professeur émérite Serban Ionescu et son épouse,... (Sylvain Mayer)

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Le professeur émérite Serban Ionescu et son épouse, Colette Jourdan-Ionescu, professeure au département de psychologie qui est très impliquée dans l'organisation de l'événement.

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Comment rebondir après la mort d'un être aimé, à la suite d'un traumatisme majeur ou d'une enfance marquée par la maltraitance? Comment se relever après une crise économique, après une guerre, après un sinistre ou une catastrophe naturelle? Comment une culture peut-être se redresser après des générations de suppression? Ces questions fascinent des chercheurs de partout dans le monde. C'est pourquoi un troisième congrès international se tiendra sur le sujet de la résilience, du 22 au 24 août, à l'Université du Québec à Trois-Rivières

Pas moins de 450 chercheurs en provenance de 28 pays, des professeurs d'universités, praticiens en psychologie et en médecine, des gens en lien avec les domaines de la santé, de l'éducation et du travail social, viendront partager leurs plus récentes découvertes sur la résilience.

Le professeur émérite de l'UQTR, Serban Ionescu, qui est aussi président de Resilio, un organisme international de promotion et de diffusion de la recherche sur la résilience, est derrière l'organisation de ce congrès tenu pour la première fois à Paris, en 2012, puis en Roumanie, en 2014.

«Nous allons faire le bilan de ce que l'on sait», dit-il.

L'événement accueillera notamment une célébrité, le psychiatre de renommée internationale Boris Cyrulnik qui est connu pour avoir justement vulgarisé le concept de résilience.

On recevra aussi l'ex-mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, un symbole québécois de la résilience.

La science s'intéresse beaucoup à ce phénomène, indique le professeur Ionescu. «Juste en psychologie, on compte 10 914 publications scientifiques sur la résilience», illustre-t-il.

Les chercheurs veulent savoir comment et pourquoi certaines personnes, certaines sociétés, même, redressent les épaules mieux que d'autres face à l'adversité chronique ou à des événements traumatiques, comme les attentats de Paris, par exemple.

Alors que certaines personnes ou certains groupes resteront marqués par un choc post-traumatique, d'autres feront preuve d'une résilience naturelle et se relèveront bien des situations qui les ont affectés. «C'est ça qui nous donne du pain sur la planche. Il y a des personnes qui s'en sortent», indique le chercheur.

Jusqu'à présent, les scientifiques constatent que les victimes ne s'en sortent pas seules, toutefois. Il y a toujours un environnement ou une personne qui viendra faire toute la différence, explique le professeur Ionescu.

Recevoir de l'aide au bon moment, recevoir une oreille attentive, sentir une présence rassurante génère de la résilience, explique-t-il.

Les personnes qui font preuve de résilience naturelle possèdent aussi des caractéristiques particulières: l'estime d'elles-mêmes, la confiance en soi, de l'optimisme et de l'humour, cette dernière caractéristique étant essentielle, explique le chercheur.

«Il y a de ces tempéraments qui sont innés», dit-il, mais en général, on bâtit ces caractéristiques au fil des personnes que l'on rencontre et des événements qui surviennent dans notre vie.

Certaines prises de conscience stimulent aussi la résilience, ajoute-t-il. Il faut connaître ses forces, mais aussi devenir conscient des risques qui sont autour de soi, par exemple la drogue dans les milieux scolaires.

Fait pour le moins fascinant, les règles et l'encadrement qui sont imposés en milieu familial ou scolaire, par exemple, contribuent aussi à la résilience. «Il y a des familles où il n'y a absolument aucune règle», dit-il. Sans aller à l'extrême, l'encadrement aide à la résilience, assure-t-il. «Je dis structure, pas rigidité», précise le spécialiste.

Le professeur Ionescu en réfère à une étude longitudinale faite pendant 40 ans sur plusieurs individus sur une île d'Hawaï où règnent la pauvreté, la drogue et la violence.

L'étude a permis de constater que certaines choses avaient aidé ces individus à devenir résilients, en fonction de leur âge. À 18 ans, c'est le service militaire qui les a aidés, dit-il, non seulement parce qu'il représentait un encadrement de vie, mais aussi parce qu'il donnait accès à un permis de conduire, donc à la possibilité d'avoir de l'emploi et ceci engendrait à son tour de l'estime de soi, un des facteurs de résilience les plus importants.

À l'intérêt pour la résilience psychologique s'ajoute aussi celui pour la résilience cellulaire. «On est à découvrir ce qui se passe dans le cerveau», indique le chercheur. «On sait maintenant que certaines personnes, même en vieillissant, peuvent créer de nouvelles cellules nerveuses, des neurones», dit-il.

Les facteurs qui favorisent le développement de ces nouveaux neurones, précise-t-il, sont l'exercice physique et une alimentation adéquate, l'intestin ayant été qualifié de «deuxième cerveau» par les scientifiques puisqu'il contient une très grande quantité de neurones.

Bref, conclut le professeur Ionescu, la résilience doit être étudiée du microcosme de la cellule jusqu'au macrocosme de la société.

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