Encore une église à vendre

L'église de Saint-Mathieu-du-Parc est à vendre.... (Marie-Eve Lafontaine)

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L'église de Saint-Mathieu-du-Parc est à vendre.

Marie-Eve Lafontaine

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(Saint-Mathieu-du-Parc) «À vendre! Église en brique, construite en 1948 au centre de la municipalité de St-Mathieu-du-Parc, sur un grand terrain avec de beaux arbres à l'avant.» Voilà une annonce qui a de quoi surprendre lorsqu'on fouille les petites annonces en ligne sur le site Kijiji. Or, ce n'est pas de gaieté de coeur que le conseil de fabrique a mis en ligne cette annonce, il y a maintenant quelques jours.

«Ça fait maintenant quelques années qu'on cherche des solutions, qu'on tente d'établir des partenariats pour conserver le bâtiment que nous pourrions partager avec d'autres organismes qui pourraient utiliser les locaux pour diverses vocations. Malheureusement, ça n'a pas suscité d'intérêt», résume le président du conseil de fabrique, Jean Baril.

Ce dernier convient qu'au même titre que bien des églises dans la région, et même partout au Québec, la fabrique de Saint-Mathieu-du-Parc fait face à d'importants défis financiers. Déjà, des solutions temporaires ont été trouvées, alors qu'on a tout simplement cessé de chauffer l'église l'hiver, outre que pour assurer le bon maintien de la bâtisse. «Désormais, l'hiver, nous allons au centre communautaire pour célébrer les messes. L'été, les paroissiens sont contents de retrouver leur église. Mais avec des factures d'électricité de 15 000 $ par année, nous n'étions plus en mesure de la chauffer toute l'année», explique M. Baril.

Toutefois, alors que plusieurs se sont tournés vers la fermeture ou la démolition, la fabrique demeure persuadée que le bâtiment est encore bon et qu'il peut intéresser des gens, peu importe la vocation qu'on souhaite lui donner.

«Le scénario idéal, pour nous, ce serait de trouver quelqu'un qui accepte de faire un partenariat avec nous et avec qui nous pourrions partager les lieux. Mais on ne refuse personne. On teste le marché et, à ce jour, les visiteurs que nous avons reçus n'avaient pas nécessairement en tête de conserver la vocation de l'église», mentionne M. Blais, qui rappelle que déjà, l'an dernier, le presbytère avait été vendu.

Bien que le prix de l'église soit affiché «sur demande», la fabrique espère pouvoir en tirer environ 150 000 $. «C'est encore un très bon bâtiment, solide et bien entretenu. Nous avons investi pour la réfection de la toiture l'an dernier. Avec nos assurances, nous avons une valeur déclarée de près de trois quart de million de dollars. C'est un bon bâtiment qui a du potentiel pour plusieurs choses», croit-il.

Ce n'est un secret pour personne: les fidèles, comme les prêtres, se font de plus en plus rares et les églises sont dispendieuses à entretenir. Une réalité qui a forcé le diocèse de Trois-Rivières à un récent constat et à une possible fusion de paroisses du diocèse. De 67 paroisses, le nombre pourrait passer de cinq à treize, annonçait le diocèse plus tôt cette année.

Une réalité qui n'a pas non plus été étrangère à la décision du conseil de fabrique de mettre l'église en vente. «Nous allons faire le point à l'automne à ce sujet. Il va bientôt falloir qu'on regarde la réalité de la vie pastorale avec un oeil plus régional que local», ajoute Jean Baril, qui ne cache pas avoir songé pendant un court instant à la démolition de l'église. «Nous avions envisagé le scénario, nous avions évalué les coûts. Mais bon, je ne sais pas si c'était émotif ou rationnel, mais nous n'étions juste pas rendus là», confie-t-il.

Dans la région, on a tout récemment assisté à la fermeture de l'église de Saint-Justin, la démolition de l'église Saint-Philippe de Trois-Rivières, la démolition de l'église de Pierreville, la démolition annoncée de l'église d'Hervey-Jonction ainsi que la vente du presbytère de Maskinongé.

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