Québec facilitera l'enquête sur les femmes autochtones disparues

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Stéphanie Vallée

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Audrey Tremblay, La Presse Canadienne
Le Nouvelliste

(La Tuque) Pour offrir son entière collaboration à Ottawa qui a lancé au début du mois la Commission nationale d'enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées, Québec a adopté un décret pour donner à ces commissaires fédéraux de pleins pouvoirs d'investigation dans la province. Une décision saluée par le Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec (RCAAQ) qui, toutefois, aimerait que Québec aille plus loin.

«Le RCAAQ salue l'initiative du gouvernement du Québec d'adopter un décret qui permettra à la commission nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées d'enquêter sur les cas d'inconduites policières au Québec. Toutefois, il faudra analyser le contenu, la portée et les pouvoirs concédés par le décret et évaluer s'il s'agit d'une réponse satisfaisante à la problématique propre au Québec», a fait savoir le RCAAQ par voie de communiqué.

Il faut dire que le décret permettra à la commission fédérale d'enquêter sur la violence et les problèmes vécus par les femmes autochtones au Québec. Ainsi, le gouvernement provincial n'entend pas ordonner d'enquête spécifique sur les agissements des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) à Val-d'Or.

Québec veut éviter aux victimes d'avoir à témoigner plus d'une fois de leurs expériences pénibles. On veut à tout prix éviter les dédoublements.

«Pensons à ces femmes, pensons à ces victimes. Est-ce qu'on veut vraiment leur demander à deux reprises de venir partager leur vécu avec nous? Je pense qu'on doit avoir en tête le meilleur intérêt de celles pour qui cette commission a été mise en place», a souligné la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

Cela déplait au RCAAQ qui réclame la tenue d'une enquête publique provinciale qui se penchera sur la relation policière et l'administration de la justice envers les Autochtones au Québec.

Selon le RCAAQ, inscrire une telle démarche à l'intérieur du mandat national élargi au fédéral s'avère ambitieux considérant que les commissaires auront à répondre à de grandes attentes des familles des victimes et qu'ils auront à sillonner l'ensemble du Canada.

Le regroupement des centres d'amitié autochtone se questionne aussi sur le temps dont disposera la commission nationale pour enquêter sur des enjeux «aussi fondamentaux que ceux de la sécurité et de la protection des femmes autochtones d'ici».

«La tenue d'une enquête provinciale portant sur des abus policiers agirait en complément de la commission nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et répondrait au contexte spécifique du Québec», a affirmé la présidente du RCAAQ et directrice générale du centre d'amitié autochtone de La Tuque, Christine Jean.

L'annonce du décret a été faite en milieu de semaine à Québec par le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, et par la ministre de la Justice.

Celle-ci a confirmé que les cinq commissaires nommés par Ottawa auront les mêmes pouvoirs pour enquêter au Québec que s'ils avaient été mandatés en vertu de la Loi québécoise sur les commissions d'enquête.

Ils pourront donc convoquer des témoins, requérir des documents et formuler des recommandations, entre autres choses. Ils auront ainsi accès aux responsables de l'État et aux informations détenues par les instances gouvernementales du Québec.

Les forces policières québécoises et le réseau de protection de la jeunesse sont directement visés par le décret de Québec.

Le gouvernement libéral a lancé la commission nationale le 3 août.

Après l'annonce, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) a aussi exprimé sa déception devant la décision du gouvernement québécois de renoncer à sa propre enquête sur ce sujet.

Selon l'organisation, le gouvernement Couillard «continue de refuser de faire face à ses responsabilités et s'abrite derrière le fédéral».

«Nous nous attendions à beaucoup plus du gouvernement Couillard et l'avons laissé clairement savoir. Les chefs de l'APNQL demandent depuis décembre 2015 que le gouvernement ait le courage de tenir une enquête provinciale indépendante sur les relations entre les forces policières et les membres des Premières Nations. L'enquête fédérale ne doit pas servir d'échappatoire à une province qui refuse de faire face à ses propres responsabilités», a déclaré le chef de l'APNQL, Ghislain Picard par voie de communiqué.

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