Un premier saut en parachute à 90 ans!

Laval Boulanger avec son accompagnateur Antoine Bourgon.... (Parachutisme Adrénaline)

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Laval Boulanger avec son accompagnateur Antoine Bourgon.

Parachutisme Adrénaline

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'était en 1943. Laval Boulanger avait 18 ans. Rescapé d'un accident qui aurait pu l'emporter, il a promis à la blague de sauter en parachute, mais pas avant l'âge de 90 ans.

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Parachutisme Adrénaline

Lundi, 73 ans plus tard, devant ses enfants et petits-enfants, le Shawiniganais est devenu le client le plus âgé du centre de parachutisme Adrénaline de Trois-Rivières.

C'est sans trop se prendre au sérieux que M. Boulanger s'était engagé à sauter en parachute, mais les circonstances liées à cette promesse auraient pu être tragiques.

En pleine Deuxième Guerre mondiale, Laval Boulanger travaillait comme assembleur chez Marine Industries de Sorel, dont la production, à cette époque, était principalement dédiée aux navires de guerre. En moins d'une semaine, deux confrères sont décédés dans des accidents de travail.

«Dans ce temps-là, il n'y avait pas de sécurité, aucune protection», rappelle celui à qui on avait demandé de construire des barrières pour réduire les risques d'accidents. C'est en allant vérifier le travail, en compagnie de son patron, que Laval Boulanger a lui-même chuté de 50 pieds.

«Mon patron et moi, on a fait 9, 10 pas pour regarder ça, et on a commencé à reculer. Mon patron est venu pour me dire que c'était correct, mais je n'étais plus là. J'étais tombé. Il est descendu par une échelle pour me retrouver. Je saignais un peu au visage, mais je n'avais absolument rien, aucune cassure», raconte-t-il en mimant l'angle avec lequel il est tombé, formant une légère pente qu'il compare à un tunnel.

«Ils avaient appelé l'hôpital en disant: «Préparez-vous, il y a un mourant qui s'en vient». Je suis parti avec des infirmiers de la Marine Industries, dans un gros "station wagon", assis - pas couché! - et je suis arrivé à l'hôpital debout. Ils ont dit: ''Où est le mourant?''» À la radio, on a immédiatement relaté l'histoire de M. Boulanger en le qualifiant de miraculé.

Le lendemain de l'accident, Laval Boulanger accompagnait à une activité corporative une amie qui travaillait dans une manufacture de parachutes. Seul témoin de son accident, son pansement au visage a attiré l'attention des autres travailleurs de l'usine, qui avaient entendu la nouvelle de son accident à la radio, et surtout la façon dont il s'en était «miraculeusement» tiré.

«Ils m'ont dit en farce: ''M. Boulanger, quand vous sauterez, n'importe où et à n'importe quelle hauteur, n'oubliez pas votre parachute!'' Je leur ai dit: ''Je vous promets une chose: je sauterai en parachute un jour, mais pas avant 90 ans!''», raconte l'homme qui ne croyait peut-être pas voir 2016 sur un calendrier.

M. Boulanger raconte aussi qu'un peu plus tard, après avoir examiné son dossier qui faisait état de son accident de travail de 1943, une compagnie d'assurances a refusé sa demande en prévoyant qu'à 35 ans, il ne marcherait plus...

Le Shawiniganais a pris sa retraite à 64 ans, après avoir travaillé plus d'une trentaine d'années comme agent de promotion dans le domaine des vins et spiritueux. Il est père de cinq enfants, grand-père de neuf petits-enfants et arrière-grand-père de six enfants.

C'est dimanche que M. Boulanger a reçu l'appel du centre de parachutisme fixant un rendez-vous pour le lendemain. En attendant son tour, il était d'excellente humeur et disait ne pas avoir peur. Il est monté à bord de l'avion, puis s'est laissé aller en tandem, à 8500 pieds d'altitude.

Après une vingtaine de secondes de chute libre, il a pu admirer le paysage pendant plus de cinq minutes.

Une fois atterri, il n'avait que de bons mots pour qualifier son expérience et le sentiment de confiance inspiré par ses accompagnateurs.

«J'étais en confiance au départ. Mais ça a été un peu plus dur que je pensais. On n'est pas comme un oiseau qui vole. Il vente et il fait froid, en haut! Mais on voit du beau paysage. On ne peut pas le décrire. Il faut le faire pour le savoir!», a-t-il commenté.

M. Boulanger fracasse le «record» d'âge de 87 ans, chez Adrénaline, établi par Marcel Forest en 2015.

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