Delastek: des négociations non concluantes

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La grève chez Delastek dure maintenant depuis 16 mois.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les deux jours de conciliation prévus de l'usine Delastek n'ont pas eu les résultats escomptés. Alors que l'employeur espérait en finir avec cette grève qui dure depuis 16 mois maintenant, les négociations ont été de courte durée.

Après deux heures de discussions samedi, les livres étaient déjà fermés et les deux parties n'ont réussi à s'entendre sur aucun point.

Alors que tous semblaient miser sur cette fin de semaine de négociation, c'est un retour à la case départ pour les syndiqués et l'employeur. La présence de deux conciliateurs n'a pas semblé faciliter les discussions.

Les courtes négociations ont porté exclusivement sur la frontière entre le secteur de la production et celui de la recherche et développement, l'un des principaux enjeux de la négociation de la convention collective. Le syndicat dénonce qu'une partie du travail de la production soit réalisée par le département de recherche et développement.

Dans un jugement du Tribunal administratif du travail rendu le 28 juillet dernier, on stipule qu'il n'y a «rien qui empêche des employés de la R&D d'effectuer des tâches similaires à celles de la production s'il s'agit de la mission même de la R&D, soit de développer des produits. [...] Tant qu'une pièce n'a pas franchi toutes les étapes de développement [...], la tâche est effectuée dans un objectif de développement et relève de la R&D».

Le président de la section locale 1209 d'Unifor, Alexandre Maranger, soutient que l'employeur n'a pas été de bonne foi durant ces quelques heures de discussions.

«Ça ne lui tentait pas de négocier, ça paraissait. Il nous a dit que si on n'acceptait pas [le jugement], il refusait de continuer la négociation sur les autres points qui achoppent. Un point peut achopper dans une négociation, mais on peut discuter des autres points en litige», précise-t-il. «En deux jours, on aurait pu régler beaucoup de points.»

«Ce qu'on veut, c'est qu'ils intègrent le jugement», martèle le président de Delastek Claude Lessard. «Là, ils se bornent à ça. Il y a un jugement et ils ne veulent pas l'honorer, ils ne veulent pas le respecter. Ça n'a pas été aussi bien que je l'aurais voulu. Dans ma tête, c'était réglé. Avec le jugement, je me suis dit qu'on allait avoir la paix.»

Du côté d'Unifor, on estime que le syndicat a fait preuve d'ouverture. «On a eu le jugement et on s'est adapté au jugement. On a proposé quelque chose qui ressemble sensiblement à ce que l'employeur veut, mais avec de la transparence. On voyait que ça ne faisait pas son affaire», constate Alexandre Maranger.

«On n'est pas loin d'une entente, mais l'employeur refuse la transparence dans le règlement», déplore-t-il. «Seize mois, c'est long, oui. Mais ça ne change rien pour nous autres, on est motivés et les membres sont derrière nous. On va poursuivre le temps qu'il faut.»

Le président de Delastek n'est pas aussi optimiste. «Chaque fois qu'on a un nouveau contrat de développement, on a la même chicane. Ils sont bornés, je ne sais pas comment on va dénouer ça», laisse-t-il tomber.

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