Concert d'éloges pour Sylvie Roy

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Elle était confrontante, tenace, têtue. Elle avait à coeur des valeurs très profondes. Elle avait son caractère, mais elle était humaine. Elle voulait faire vaincre la vérité avec ses 927 interventions en chambre.»

Des moments difficiles pour les membres de la... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Des moments difficiles pour les membres de la famille de Sylvie Roy. 

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Des badauds ont tenu à assister à l'arrivée... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.1

Agrandir

Des badauds ont tenu à assister à l'arrivée et au départ du cortège devant la cathédrale.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Ces paroles de l'abbé Jean-Pierre Guay ont non seulement résonné sur les murs de la cathédrale de Trois-Rivières, mais aussi dans le coeur des centaines de personnes venues rendre un dernier hommage, lundi, à la députée d'Arthabaska, Sylvie Roy, décédée le 31 juillet dernier.

Même le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, présent aux funérailles, a admis que son accomplissement public était bien connu alors que son gouvernement est à mettre en place les recommandations de la commission Charbonneau qu'elle avait tant réclamée.

«Nous venons témoigner notre gratitude pour sa carrière publique», a confié celui qui avait une pensée pour «deux enfants qui ont perdu leur mère et une mère qui a perdu sa fille».

Mais c'est son ancien chef de l'ADQ, Mario Dumont, qui fut le plus chaleureusement applaudi lors de la cérémonie de deux heures, à laquelle assistait Mgr Martin Veillette, originaire de La Tuque, comme Sylvie Roy.

«Dès la première journée, je suis devenu l'un de ses fans pour sa détermination, sa volonté inébranlable, sa capacité de se connecter avec la population, sa débrouillardise et sa légendaire persévérance», a-t-il lancé d'entrée de jeu dans son allocution.

Par la suite, l'ancien politicien a parlé de «sa remarquable droiture et son flair politique». «J'étais attaché à sa belle tête de cochon», a-t-il ajouté tout en évoquant son sourire espiègle.

Celui-ci a raconté comment sa candidate dans Lotbinière l'avait convaincu de faire le tour d'une salle dans son comté, lors de la dernière semaine de campagne électorale, malgré un incident d'entartage qui aurait pu compromettre l'activité.

Selon lui, ses enfants peuvent être «très fiers de ce qu'elle a accompli». «Elle était obsédée du bien-être de sa meute. Vous avez toujours été la priorité numéro un», a affirmé M. Dumont avant de dire à sa mère qu'elle pouvait aussi être fière de sa fille.

Pour l'ancien chef adéquiste, la défunte «n'attendait pas que le ciel lui amène des dossiers». «Il m'est arrivé de lui dire non, mais elle a toujours gagné. Ça finissait toujours par marcher. C'est la touche magique de Sylvie», a-t-il déclaré.

À son avis, celle-ci incarnait ce qu'on recherche d'une députée: porte-parole des gens qui embrassent des causes et donne une voix à ceux qui n'en ont pas. «Votre présence vient appuyer ce remerciement collectif à une femme qui a beaucoup donné, à une amoureuse du service public et à une amoureuse de sa famille. Immense merci», a conclu Mario Dumont.

Préalablement, le conseiller politique de Sylvie Roy, Éric Vachon, était venu raconter comment son ancienne patronne avait un tempérament «extrêmement coloré». «Elle était intense, passionnée, authentique, et elle se forgeait rapidement une opinion juste», s'est-il plu à rapporter, à travers différentes anecdotes. «Elle m'appelait huit à douze fois par jour, jamais au bon moment. Ton silence est lourd. Tous ces entretiens me manqueront terriblement. Tu auras su être imprévisible jusqu'à la fin», a-t-il renchéri.

Par la suite, ce fut au tour du préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, de partager ses souvenirs. «C'était une amie et une collègue de la municipalité voisine qui va nous manquer beaucoup», a soutenu le maire de Sainte-Françoise qui fut témoin de sa fougue pour réclamer une garderie en milieu rural.

Un proche de Sylvie Roy, Me Michel Lebrun, s'est dit «touché par cette façon de nous embarquer dans ses aventures», faisant allusion, entre autres, à ses recettes et ses voyages. Ayant pratiqué le droit à ses côtés à Trois-Rivières, elle aura remporté deux procès devant jury. «Vingt-quatre citoyens ont eu à voter sur la force de ses arguments», a-t-il souligné.

L'avocat a salué ses cinq victoires électorales consécutives dans l'opposition et son aptitude à «se mettre au service d'une idée à laquelle elle croit». «Elle est à l'aise dans l'adversité», a-t-il fait remarquer.

Pendant la messe qui fut marquée par la participation de Vocalys, une ancienne enseignante de Sylvie Roy à l'Institut secondaire Keranna, Stella Montreuil, a décrit une diversité d'objets signifiants dans la vie de la femme de 51 ans, comme, par exemple, la peinture d'un ange et un drapeau du Québec.

À l'extérieur, les badauds n'ont pas manqué d'applaudir l'arrivée et le départ du cortège sur une rue Bonaventure fermée pour l'occasion. Et de nombreux dignitaires, provenant de tous les horizons politiques, se sont croisés sur le parvis de l'église.

«C'est rare qu'on perd un député pendant une législature. C'est seulement peut-être la troisième fois dans les 30 ans où j'ai été député. Mais j'ai bien connu Mme Roy. C'est un départ qui, pour nous, a été extrêmement rapide. C'est extrêmement triste. Tout le monde pleure aujourd'hui Sylvie. J'ai fait mettre le drapeau de l'Assemblée en berne depuis trois jours. Tous ses collègues m'ont dit jusqu'à quel point ils étaient attristés de sa perte», a indiqué en mêlée de presse le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon.

Pour sa part, le chef de la CAQ, François Legault, a confié qu'il aurait aimé parler à Sylvie Roy une dernière fois. «Il y a tellement de choses qu'on aurait aimé lui dire, lui dire qu'on l'aimait, lui dire merci pour la commission d'enquête sur la construction. J'ai eu des dizaines de conversations avec Sylvie. J'aimais la consulter parce qu'elle était proche du peuple», a-t-il fait savoir.

De son côté, l'un de ses anciens collègues, Jacques Duchesneau, y voit un grand paradoxe. «Celle qui a combattu toutes les injustices est celle qui en subit la plus importante. Mourir à 51 ans, pour moi, c'est une injustice. C'est d'une grande tristesse», a-t-il laissé tomber, avant d'avouer que «Sylvie était mon coach à l'Assemblée nationale».

Finalement, si pour son ancien whip, Donald Martel, elle méritait une telle démonstration de solidarité, le député hôte des funérailles, Jean-Denis Girard, considère que «ça nous fait prendre conscience que la vie est fragile».

Ce qu'ils ont dit

Philippe Couillard... (La Presse Canadienne) - image 3.0

Agrandir

Philippe Couillard

La Presse Canadienne

«Son accomplissement public est bien connu. Je pense que tout le monde a connu et apprécié sa ténacité» - Philippe Couillard, premier ministre du Québec

François Legault... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 4.0

Agrandir

François Legault

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

«J'aimais la consulter parce que c'était quelqu'un qui était proche du peuple. Elle avait une intuition politique assez forte» - François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec

«Ce n'est pas un mouvement contre Israël et... (Photo Olivier Croteau, archives Le Nouvelliste) - image 5.0

Agrandir

«Ce n'est pas un mouvement contre Israël et son peuple», assure Françoise David, dénonçant «l'immense ignorance» de la CAQ et ce qu'elle estime être le manque de sérieux et de rigueur des députés caquistes quand ils abordent ces questions.

Photo Olivier Croteau, archives Le Nouvelliste

«Tout le monde l'écoutait, parce que ça sonnait vrai. Sylvie ne faisait pas seulement de la politique, elle parlait et travaillait avec les gens» - Françoise David, porte-parole parlementaire de Québec solidaire

Sylvain Gaudreault... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 6.0

Agrandir

Sylvain Gaudreault

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

«C'était une députée particulièrement dévouée aux gens de sa circonscription, et une femme qui a toujours travaillé dans un souci d'une saine gestion des finances publiques» - Sylvain Gaudreault, chef intérimaire du Parti Québécois

Mario Dumont... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 7.0

Agrandir

Mario Dumont

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

«Dès la première journée, je suis devenu l'un de ses fans pour sa détermination, sa volonté inébranlable, sa capacité de se connecter avec la population, sa débrouillardise et sa légendaire persévérance» - Mario Dumont, ancien chef de l'Action démocratique du Québec

Alexandre Cloutier... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 8.0

Agrandir

Alexandre Cloutier

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

«Elle parlait avec son coeur, et je pense que c'est pour ça qu'elle a su aller chercher l'admiration des Québécois. Les gens ont toujours senti beaucoup de sincérité dans son approche» - Alexandre Cloutier, Parti québécois

Gérard Deltell... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 9.0

Agrandir

Gérard Deltell

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

«Ce qu'on appréciait beaucoup de la part de Sylvie, c'était son instinct politique. Elle savait exactement ce que les gens pensaient» - Gérard Deltell, député conservateur

Jacques Chagnon... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 10.0

Agrandir

Jacques Chagnon

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

«Elle a toujours été une femme très droite. Elle a fait avancer plusieurs dossiers pour l'Assemblée nationale» - Jacques Chagnon, président de l'Assemblée nationale

Jacques Duchesneau... (La Presse) - image 11.0

Agrandir

Jacques Duchesneau

La Presse

«À l'Assemblé nationale, c'était mon mentor. Avant de faire mon intervention, elle me donnait ses conseils» - Jacques Duchesneau, ancien député de la Coalition Avenir Québec

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer