Les biens de l'église de Saint-Justin vendus aux enchères

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La marguillière Lise Boivin et l'abbé Jean-Pierre Guillemette ont regroupé plusieurs biens qui seront vendus le 13 août.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Moment triste, s'il en est un, pour les paroissiens de Saint-Justin; les biens de leur église seront mis en vente le 13 août.

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Cette crèche compte parmi les objets à vendre.

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Le prêtre modérateur de l'unité pastorale Valentine-Lupien, l'abbé Jean-Pierre Guillemette, gants de travail à la main, s'affairait à regrouper tous les biens près de l'autel, mercredi, en compagnie de quelques bénévoles, en vue de leur écoulement dans quelques jours.

Lise Boivin, présidente de l'assemblée et marguillière, indique que les inscriptions débuteront à 8 h le matin et la vente, à 9 h.

«C'est une vente aux enchères et les gens devront apporter de l'argent comptant», dit-elle.

L'assemblée espère recueillir assez de fonds pour payer l'assurance et le déneigement en hiver jusqu'à ce que le sort de l'édifice soit décidé.

Certains objets religieux ne seront pas vendus. C'est le cas des calices, des ciboires, de l'ostensoir, des chandeliers, des vêtements sacerdotaux anciens et des voiles de tabernacle.

«Plusieurs de ces objets-là sont réutilisés présentement dans le lieu où l'on va célébrer les liturgies de la parole, dans un local qui appartient à la Municipalité, derrière la bibliothèque», précise le prêtre.

Un musée religieux ouvrira bientôt ses portes à Louiseville, dans la chapelle Sainte-Thérèse. Certains des objets sacrés provenant de l'église de Saint-Justin y seront entreposés. On y tiendra, éventuellement, dit l'abbé Guillemette, une exposition réservée à Saint-Justin.

Quelques bancs d'église ont été vendus en priorité aux familles qui en avaient achetés au cours des années antérieures.

Rappelons que les paroissiens de Saint-Justin n'ont eu d'autre choix que de fermer leur église à cause, notamment, d'une défectuosité de la toiture, un problème qui a commencé à se faire sentir dès les années 1960, peu après la construction du bâtiment. Selon les chiffres avancés en 2009, il aurait fallu dépenser plus de 150 000 $ juste pour régler ce problème.

Or, l'abbé Guillemette rappelle qu'il n'y a pas assez de fidèles, de nos jours, pour soutenir financièrement cette église via la dîme. L'église, dit-il, est très endommagée par les infiltrations d'eau.

Parmi les objets à vendre, outre des bancs, il y a des lampions, de grands personnages de la crèche, des statues et des suspensions de grande taille pour l'éclairage au plafond. Toutefois, la personne désireuse de les acheter devra s'organiser pour aller les débrancher, précise Mme Boivin.

Ceux et celles qui cherchent des décorations de Noël seront servis à souhait. On trouve aussi, dans le lot, deux caisses de 33 tours en vinyle, des crucifix, des confessionnaux portatifs, des livres, et certains vieux électroménagers, notamment un frigo de marque Coca Cola «vintage» comme on en trouve en brocantes pour plusieurs centaines de dollars pièce.

Mme Boivin avoue que le comité ne connaît pas la valeur de ces objets qu'elle met en vente et que ce sont les enchères qui en trancheront le prix.

L'église de Saint-Justin sera éventuellement vendue ou démolie.... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 2.0

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L'église de Saint-Justin sera éventuellement vendue ou démolie.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Quant à la bâtisse, le prêtre ignore toujours si elle trouvera preneur ou s'il faudra la démolir. Selon lui, la personne qui la démolirait pourrait se payer à même certaines valeurs qui font partie intégrante de l'architecture dont le toit en cuivre, les fenêtres, les arches en bois massif, le marbre qui recouvre les murs, les planchers en bois franc et autres.

Le curé Guillemette croit personnellement qu'il faudrait que le bâtiment, construit en 1959, soit démoli. «J'ai regardé dans l'historique de l'église et en 1963, déjà, on se plaignait auprès de la compagnie qui avait fait la toiture du fait que l'eau s'infiltrait», dit-il. «Des réparations ont été faites, mais ça n'a jamais été à 100 %. L'eau s'infiltre encore», précise-t-il.

«On se demande si la Municipalité pourrait être intéressée. Il y a immensément grand de terrain, c'est asphalté, il y a un parc en avant. Ce serait un très beau coin pour faire des fêtes ou des rassemblements municipaux», fait valoir l'abbé Guillemette.

Ce dernier se désole pour le destin de cette église. «Dans la région ici (l'unité pastorale Valentine-Lupien) c'est la première église qui sera vendue ou démolie», dit-il. 

«Je dis toujours qu'on n'a pas été ordonné prêtre pour démolir ou se départir de ces lieux de culte, mais on en est là. Ça ne devrait pas être à nous, les prêtres, de voir à ça, mais plutôt aux responsables diocésains étant donné que ce sont eux qui sont responsables de toutes les églises», estime-t-il.

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