Mort de Sylvie Roy: la région sous le choc

Sylvie Roy a toujours gardé un attachement profond... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Sylvie Roy a toujours gardé un attachement profond envers Trois-Rivières, ville où elle a pratiqué le droit et où elle avait encore de nombreux amis.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(La Tuque) La nouvelle du décès de la députée indépendante d'Arthabaska, Sylvie Roy, a pris tout le monde par surprise, dimanche soir.

Au lendemain de cette nouvelle, les réactions se font nombreuses. Partout dans la province, mais aussi dans la région, on salue l'audace et la persévérance de la battante de 51 ans, originaire de La Tuque, qui ne laissait personne indifférent.

«Que tu l'aimes ou non, elle a fait une bonne job selon moi. J'aimais son franc-parler. Je trouve qu'elle défendait bien ses dossiers», a indiqué le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

Sylvie Roy avait d'ailleurs été nommée ambassadrice de la Ville de La Tuque, terre où elle est née et pour laquelle elle avait un attachement particulier.

À ce sujet, elle avait affirmé en 2011 avoir été marquée par sa première expérience politique à 12 ans lors d'une élection municipale à La Tuque, où elle avait «fait sortir le vote».

Le conseil municipal de La Tuque adoptera d'ailleurs une résolution qui sera envoyée à la famille avec une lettre du maire.

La ministre du Tourisme et députée de Laviolette, tout comme la classe politique québécoise, s'est dite attristée par le départ de Sylvie Roy.

«On est tous sous le choc. Mourir à 51 ans, c'est tout un choc. Je suis en pensées avec sa famille, ses enfants. On est profondément touchés par ce départ subit», a affirmé Julie Boulet.

«C'était une battante, tout le monde en convient. C'était une femme qui avait le courage de ses convictions, une personne déterminée, fonceuse. Elle affirmait haut et fort ses croyances, ses convictions profondes. Elle disait haut et fort ce qu'elle pensait, même si des fois ça bousculait des gens. C'était sa marque de commerce en politique», a-t-elle ajouté.

Julie Boulet avait d'ailleurs participé en 2015 à une mission en Suisse avec Sylvie Roy.

«Je ne la connaissais pas vraiment personnellement, mais à ce moment-là je l'ai vue un peu plus et c'était une fille agréable à côtoyer. Elle avait un intérêt pour la politique internationale aussi. C'était une passionnée», a-t-elle témoigné.

L'actuel maire de Saint-Pierre-les-Becquets, Yves Tousignant, l'a bien connu aussi alors qu'il travaillait pour la Municipalité de Haute-Mauricie (La Tuque). Mme Roy, alors au début de sa carrière d'avocate, avait eu quelques mandats de la Municipalité. Il souligne d'ailleurs qu'elle s'impliquait beaucoup politiquement à ce moment.

«Chose à signaler pour ses habiletés politiques, elle a changé de comté avec la disparition de Lotbinière, à la suite de la réforme de la carte électorale. Elle avait une décision à prendre, car en tombant dans le comté de Lotbinière-Frontenac, il aurait fallu qu'elle se présente contre Laurent Lessard. Elle a plutôt décidé de se présenter dans Arthabaska. C'était habile politiquement d'aller dans un autre comté», a souligné M. Tousignant.

Ce dernier l'a croisée à plusieurs reprises dans diverses activités et il soutient que Sylvie Roy était très simple d'approche.

«Ce que je retiens d'elle, c'est une femme du peuple qui était proche des gens. C'est une battante. [...] Elle va passer à l'histoire comme l'initiatrice de la Commission Charbonneau», assure-t-il.

L'ancienne députée de Champlain, Noëlla Champagne a aussi des souvenirs avec Sylvie Roy. Mme Champagne se souviendra d'elle comme étant une femme extrêmement respectueuse, sympathique et fonceuse.

«J'ai eu beaucoup de beaux échanges avec elle. [...] Elle a mené des batailles qui ont fait avancer le Québec. C'est une batailleuse. La dernière fois que je l'ai vue, elle avait l'air d'une femme épanouie», a-t-elle témoigné.

Danielle St-Amand a aussi partagé des moments de sa carrière avec Mme Roy. Selon elle, c'est une bien triste histoire et le Québec perd encore une personne extrêmement impliquée.

«C'est une grosse année de pertes pour le milieu politique quand on pense aussi à Jean Lapierre et J. Jacques Samson.»

«Le souvenir qu'on garde d'elle c'est que c'était une politicienne aguerrie et redoutable. Elle était capable de stratégie politique pour arriver à bien faire avancer ses dossiers», a-t-elle mentionné.

Le député de Maskinongé, Marc H. Plante, avait aussi de bons mots pour Sylvie Roy, une femme de coeur et de convictions.

«C'était toujours un plaisir de discuter avec elle. Elle avait à coeur les enjeux des citoyens de son comté. C'est très triste aujourd'hui. C'est une femme combative qui croyait en ses convictions. C'est ce qui va marquer son passage en politique, je crois», a-t-il dit.

Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, était toujours sous le choc de la nouvelle du décès de sa voisine de circonscription, lundi. Selon lui, trois choses auront marqué la carrière de Mme Roy. La proximité qu'elle avait avec les gens de sa circonscription d'Arthabaska, ce qu'elle a apporté à son parti politique avant de devenir indépendante et son travail acharné.

«Il faut savoir qu'elle est à la base de l'ancrage de l'ADQ dans le paysage politique au Québec. Elle a été une des premières élues avec Mario Dumont. Il y a aussi son acharnement vis-à-vis la tenue d'une commission d'enquête sur la corruption dans le monde de la construction. Elle s'est tenue debout malgré toute la pression. Elle y croyait et elle est parvenue à ses fins», a affirmé M. Martel.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et ministre responsable de la région du Centre-du-Québec, Laurent Lessard, a lui aussi réagi par voie de communiqué. Il a tenu à offrir ses plus sincères condoléances aux enfants, à la famille et aux proches de Sylvie Roy.

«Cette nouvelle m'attriste puisque j'ai eu l'occasion de collaborer avec elle au fil des ans, notamment pour lui avoir succédé dans la région de Lotbinière, et par la suite comme ministre régional. Je tiens à saluer la détermination avec laquelle elle travaillait et son engagement envers les citoyens qu'elle représentait. Je remercie Sylvie Roy pour son dévouement en politique provinciale au cours des treize dernières années. Avant la politique, il y a la vie, et mes pensées sont tournées vers ses enfants et sa famille», a déclaré le ministre Lessard.

La communauté juridique en deuil aussi

Il n'y a pas seulement le monde politique qui est attristé du départ de Sylvie Roy. Plusieurs avocats de la région l'ont côtoyée durant sa carrière en droit et le choc a été brutal.

«Je retiens de Sylvie sa spontanée et une fraîcheur dans tout ce qu'elle faisait. Elle a toujours été d'une très grande franchise. C'était une personne ouverte d'esprit et sans préjugés. C'était quelqu'un qui aimait la vie et qui aimait les gens. Malgré un certain côté parfois un peu brouillon, elle savait ce qu'elle voulait et n'avait pas peur de foncer», a commenté le juge Daniel Perreault.

Il faut dire qu'ils se connaissaient bien. Ils avaient été colocataires tout juste avant le départ de Sylvie Roy à Sainte-Sophie-de-Lévrard. Elle avait également été l'agente officielle de Daniel Perreault lors de sa première élection municipale à Trois-Rivières, en 1993.

«Son départ m'attriste d'autant plus qu'elle était maintenant presque rendue à une étape de sa vie, où après avoir consacré tant de temps au service public, elle aurait pu commencer à prendre du temps pour elle», a-t-il mentionné.

Me Nicole Bergeron, une amie et ancienne associée de Sylvie Roy, s'est dite sans mots après avoir appris la nouvelle. Selon elle, c'est tout le monde du droit qui est en deuil.

«On ne pouvait pas ignorer sa présence dans les soirées du Barreau ou autre. Elle était dynamique et on s'amusait avec elle. Tout le monde est endeuillé dans le monde juridique», affirme-t-elle.

Sylvie Roy avait été sa maîtresse de stage avant que les deux femmes s'associent en 1994. Mme Bergeron estime que son ancienne associée était aussi bonne avocate qu'elle a pu être politicienne.

«Dès le début de ma pratique avec elle, je savais qu'un jour elle irait en politique, ça se voyait, ça se sentait. Elle avait le sens d'une politicienne», assure l'avocate.

L'avocat latuquois à la retraite Jean-Marie Carrier s'est aussi dit très touché par le départ rapide de la politicienne avec qui il a eu l'occasion de travailler à ses débuts de carrière.

«Moi j'achevais ma pratique, et elle commençait. Je partageais mon bureau avec elle quand elle venait à La Tuque pour lui rendre service. Je peux vous dire que tout le monde pouvait s'entendre avec elle. Elle avait une facilité à rencontrer les gens. Elle était très gentille. Ça me fait beaucoup de peine qu'elle soit décédée», a mentionné Me Carrier.

«À 51 ans, on ne peut pas faire autrement que d'être surpris qu'une personne quitte», a-t-il conclu.

Avec Marc Rochette

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