Clinton et Trump se disputent sur la Russie et les musulmans

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Une femme porte un chandail sarcastique sur lequel est inscrit «Trump/Poutine, 2016» lors d'un discours du candidat républicain à l'université de Plymouth, dans le New Hampshire, le 7 février dernier.

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Nicolas REVISE
Agence France-Presse
Washington

Les rivaux à la présidentielle américaine, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump, se sont disputés dimanche à propos de l'influence supposée de la Russie sur la campagne électorale et de la place des musulmans aux États-Unis.

Les liens présumés entre le tonitruant milliardaire et Moscou et ses propos à l'emporte-pièce contre l'islam alimentent ces derniers jours une tempête polémique, depuis que Mme Clinton et M. Trump ont été investis par les conventions de leurs partis pour l'élection du 8 novembre.

L'ancienne chef de la diplomatie américaine sous le premier mandat du président démocrate Barack Obama (2009-2013) a accusé dimanche son adversaire républicain d'avoir prêté «allégeance absolue aux objectifs de la politique étrangère russe».

Des propos controversés de M. Trump la semaine dernière sur la Russie et sur des courriels de Mme Clinton et de responsables démocrates - déclarations qu'il a qualifiées ensuite de «sarcastiques» - nourrissent ces jours-ci son procès en incompétence. Les démocrates ont même accusé le candidat républicain d'avoir encouragé «une puissance étrangère à espionner son opposant politique».

Moscou est soupçonnée à Washington d'avoir cherché à peser sur la campagne en faveur de Donald Trump en orchestrant une fuite de 20 000 messages de cadres du parti démocrate.

Ces courriels, publiés par WikiLeaks avant la convention démocrate de la semaine dernière, mettent au jour la méfiance et le mépris de démocrates à l'égard de Bernie Sanders, l'ancien concurrent de Mme Clinton pour la primaire.

Celle qui veut être la première femme présidente des États-Unis a enfoncé le clou sur Fox News.

«Éloge de Poutine»

M. Trump serait coupable d'avoir «encouragé les Russes à pirater les comptes courriel» et de faire «l'éloge de manière très excessive du (président Vladimir) Poutine».

Elle s'est interrogée sur «l'influence russe sur notre élection». La semaine dernière, le président Obama n'avait pas écarté cette possibilité. Le Kremlin avait catégoriquement démenti toute ingérence dans la politique américaine.

Aux yeux de l'ancienne Première dame - lorsque Bill Clinton occupait la Maison-Blanche (1993-2001) -, Donald Trump «n'est pas fait pour être président».

Lorsqu'elle pilotait la diplomatie américaine, Hillary Clinton avait mené le fameux «Reset» («redémarrage») des relations Washington-Moscou. Mais les rapports entre les deux puissances s'étaient de nouveau dégradées au retour au Kremlin du président Poutine en 2012, puis avec l'affaire Snowden et la rivalité américano-russe sur les conflits en Ukraine et en Syrie.

John Kerry, l'actuel secrétaire d'État, milite toutefois depuis des mois pour coopérer avec les Russes sur la Syrie. Donald Trump, lui aussi, voudrait que les anciens ennemis de la Guerre froide se réconcilient.

«Trump est un génie»

Il s'est d'ailleurs vanté sur ABC que le président Poutine le «traite avec un grand respect» et qu'il dise de lui «Donald Trump va gagner, Donald Trump est un génie». L'homme d'affaires a cependant reconnu n'avoir «jamais rencontré» le chef de l'État russe, ni même «lui avoir jamais parlé au téléphone».

Mais «si notre pays s'entendait bien avec la Russie, ce serait une bonne chose», a-t-il plaidé, évoquant la lutte contre le groupe djihadiste État islamique.

C'est d'ailleurs une nouvelle fois à propos de l'islam et de la place des musulmans américains dans leur pays (1% de la population) que M. Trump et Mme Clinton se sont affrontés à distance dimanche.

M. Trump a multiplié ces derniers mois les déclarations provocatrices sur les musulmans, lesquels seraient interdits d'entrer aux États-Unis. Des propos récurrents lors de chaque attentat djihadiste dans le monde.

Il s'en est pris ce week-end au père d'un soldat américain musulman tué en Irak en 2004 qui l'avait étrillé lors de la convention démocrate. En réponse, Khizr Khan, un Américain originaire du Pakistan qui a perdu son fils Humayun, a dénoncé sur CNN «l'«âme noire» et l'absence d'«empathie» de M. Trump.

En campagne dans l'Ohio, Mme Clinton a renchéri: «M. Khan (...) a fait le plus grand des sacrifices. Et qu'entendons-nous de Donald Trump? Rien d'autre que des insultes et des commentaires désobligeants sur les musulmans».

Elle a été soutenue par le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, qui, sans condamner nommément son candidat Donald Trump, l'a clairement désavoué: «Le capitaine Khan était un héros américain (...) interdire à l'ensemble des fidèles d'une religion de voyager est simplement contraire aux valeurs de l'Amérique».

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