Piscines municipales: hausse de la facture pour l'entretien

La Ville de Trois-Rivières dépense désormais plus cher... (Stéphane Lessard)

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La Ville de Trois-Rivières dépense désormais plus cher pour opérer ses piscines, depuis qu'elle s'est tournée vers une entreprise privée.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Depuis que la Ville de Trois-Rivières a confié la gestion de ses piscines municipales à une entreprise privée, la facture d'entretien et de gestion a gonflé, jusqu'à plus de 160 000 $ par année. C'est du moins ce que l'on peut constater en comparant des chiffres obtenus par Le Nouvelliste grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

En effet, depuis 2015, Trois-Rivières fait affaire avec une entreprise, Sportmax, pour la surveillance, l'entretien et la gestion des piscines municipales sur le territoire. Un contrat qui était auparavant scindé entre la Ville (entretien et réparation) et le club de natation Mégophias (gestion et surveillance).

Or, selon les chiffres, on constate que la facture totale pour que les piscines soient accessibles au public s'élevait à 1 140 089 $ en 2013 et 1 176 801 $ en 2014. Depuis l'arrivée d'un joueur privé dans le décor, la facture, en 2015, a été de 1 300 000 $, soit près de 160 000 $ de plus qu'en 2013 et 124 000 $ de plus qu'en 2014.

De plus, les revenus aux guichets, qui étaient auparavant versés à la Ville de Trois-Rivières, sont désormais, selon les termes de l'entente avec Sportmax, versés à l'entreprise privée. En 2013, la Ville a pu récupérer 43 219 $ de droits d'entrées, et en 2014, 40 752 $. En 2015, toutefois, les droits d'entrées qui s'élevaient à 54 756 $ sont allés à Sportmax, et non aux coffres de l'administration municipale. Ce montant vient donc s'ajouter à l'écart de coûts avec les années précédentes, étant donné que la Ville ne compte plus sur ces revenus.

Questionné à savoir si, à la lumière de ces chiffres, l'entente avec Sportmax était toujours satisfaisante pour la Ville, le maire de Trois-Rivières a tenu à nuancer ces données, rappelant notamment qu'en 2014, le club de natation Mégophias avait entrepris une démarche de syndicalisation de ses sauveteurs et travailleurs des piscines municipales. «C'est difficile d'évaluer aujourd'hui à combien la facture s'élèverait si les salaires avaient augmenté avec la syndicalisation des Mégophias. Quoi qu'il en soit, Sportmax fournit aujourd'hui plus de services qu'à l'époque, et ce sont des tâches que les employés municipaux n'ont plus à faire et je dirais qu'au final, la facture est à peu près équivalente», mentionne Yves Lévesque.

Le processus de syndicalisation ne serait toutefois pas la raison pour laquelle la Ville a choisi de se tourner vers une entreprise privée pour faire le travail, ajoute le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant.

«À la base, c'est le club Mégophias qui, en nous envoyant une lettre, s'était désisté du contrat que nous demandions pour l'année 2015, car nous avions demandé des services supplémentaires qu'ils se disaient incapables de fournir, comme par exemple effectuer certaines analyses de l'eau ou encore l'entretien des piscines. C'est pourquoi nous sommes allés en appel d'offres de ce côté», rappelle Yvan Toutant.

Des trois soumissions reçues lors de l'appel d'offres, celle de Sportmax s'est révélée être la moins chère, avec une proposition à un peu plus de 647 000 $. Le reste de la facture qu'absorbe la Ville comprend notamment l'achat des produits d'entretien et des équipements lorsque des réparations sont nécessaires.

«Depuis que Sportmax est là, nous n'avons reçu absolument aucune plainte. L'entretien est fait avec rigueur et les usagers sont très satisfaits», ajoute Yves Lévesque, qui se dit enchanté des termes du contrat conclu par la Ville, contrat qui arrive à échéance cette année mais pour lequel la Ville dispose d'une option pour une année de renouvellement au même tarif.

Les tarifs d'entrée révisés?

La question de l'augmentation des coûts d'entrée pour les piscines municipales a fait couler beaucoup d'encre au cours des derniers jours. En effet, l'augmentation des tarifs au cours des dernières années fait en sorte que le coût total pour avoir accès à une piscine municipale à Trois-Rivières, pour une famille de 4 personnes, se situe désormais entre 10 $ et 11,50 $ dépendemment de l'âge des enfants. Un tarif qui correspond à près du double de ce qui était en vigueur il y a deux ans.

Pour le conseiller municipal Jean-François Aubin, c'est loin d'être raisonnable. Lui qui a déjà, depuis la dernière année, été interpellé par plusieurs citoyens à ce sujet, désire ramener la question autour de la table du conseil et à l'attention des fonctionnaires municipaux pour une réflexion.

«Ma préoccupation, ce sont surtout les familles à faibles revenus. Je ne pense pas qu'il faut absolument tout rendre gratuit, mais avec des tarifs comme ceux-là, on passe à côté de la question de l'accessibilité, surtout pour les familles à plus faibles revenus», explique M. Aubin, qui ajoute que la décision de l'augmentation des tarifs avait été prise dans la foulée de la grande réflexion entourant la réingénierie au niveau municipal.

Le conseiller municipal entend donc, dès la rentrée, demander au service des loisirs de se requestionner à ce sujet, en prévision de la préparation des budgets en vue de 2017. Il entend aussi discuter avec ses collègues autour de la table du conseil concernant la poursuite du contrat octroyé à Sportmax pour la gestion des piscines, ainsi que sur les avenues à proposer. «Les chiffres qu'on voit aujourd'hui sont intéressants. C'est à nous d'examiner comme il faut si ça demeure pour nous le meilleur choix», admet M. Aubin.

De son côté, le maire Yves Lévesque n'a pas totalement fermé la porte à une révision des tarifs lorsque questionné sur le sujet. Il écarte toutefois du revers de la main l'idée de la gratuité pour l'accès aux piscines municipales.

«On en a fait beaucoup quand même. On a investi massivement dans des jeux d'eau qui sont gratuits pour tous, et nous avons aussi une pataugeoire au parc Jean-Béliveau qui est gratuite. Mais après ça, où est-ce qu'on trace la ligne? La tendance est de mettre une tarification en fonction du principe d'utilisateur-payeur. Et on le voit, ce n'est pas gratuit d'opérer des piscines, alors au bout du compte, c'est le contribuable qui ramasse la facture», lance-t-il.

D'ailleurs, en comparant les coûts d'opération par rapport aux profits générés à l'entrée, Yves Lévesque fait remarquer que les utilisateurs ont payé environ 3 % de la facture totale de l'entretien des piscines avec les coûts d'entrée en 2014. «Le reste, c'est le contribuable qui le paie. Alors avec 3 % de la facture, c'est loin d'être exagéré pour ceux qui en font l'utilisation», mentionne-t-il

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