Une Shawiniganaise échappe de justesse à la tuerie de Munich

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La sécurité s'est accrue devant le restaurant McDonald's où s'est déroulée la tuerie de Munich qui a fait 9 morts et 35 blessés.

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Moins de 72 heures après la tuerie de Munich qui a coûté la vie à neuf personnes et qui a fait 35 blessés, la vie reprend tranquillement son cours dans la ville allemande. Pour Sarakim Dallaire, 15 ans, la vie ne sera jamais plus comme avant. Quatre de ses amis sont tombés sous les tirs du tueur. Pour cette Shawiniganaise d'origine qui habite à moins d'un kilomètre du lieu de la tuerie, c'est un banal imprévu qui lui a sauvé la vie.

«J'ai eu un imprévu et je suis partie 20 minutes plus tard. J'étais dans l'autobus et mon ami m'a dit: débarque au prochain arrêt, va-t'en chez toi, il y a une fusillade en ce moment. J'étais à deux minutes du centre d'achats. J'ai vraiment eu de la chance de ne pas être partie 20 minutes plus tôt sinon j'aurais été avec eux.»

Alors que le tireur a ouvert le feu dans un McDonald's, c'est à cet endroit précis que se dirigeait Sarakim.

«Je m'en allais au McDonald's les rejoindre. Après avoir étudié, on voulait aller passer notre vendredi soir en ville», raconte-t-elle. Ses plans ont été contrecarrés par cette attaque sournoise.

Elle a rapidement contacté ses proches pour les rassurer et les prévenir qu'elle était en lieu sûr. C'est en soirée qu'elle a su que deux de ses amis avaient été la cible du tireur. Elle a ensuite été réveillée dans la nuit par un appel lui annonçant les autres décès. Un autre de ses amis se trouve toujours entre la vie et la mort et a dû subir de multiples opérations.

«C'est vraiment un choc. Je me suis endormie et je me suis réveillée avec des mauvaises nouvelles. Ils avaient tous entre 14 et 15 ans», se désole celle qui habite Munich depuis maintenant deux ans, son père y étant entraîneur de hockey.

La jeune femme a droit à quelques jours de repos pour se remettre de ses émotions alors qu'elle vient tout juste d'entamer son année scolaire.

Sarakim Dallaire... - image 2.0

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Sarakim Dallaire

Dimanche en début de soirée, plus de 3000 adolescents se sont donné rendez-vous à l'endroit du drame. Sarakim en faisait partie. Elle est allée y déposer quatre fleurs et quatre chandelles pour autant d'amitiés perdues sous le joug du tireur. Les funérailles auront lieu ce mardi après-midi. Les quatre adolescents seront enterrés dans le même cimetière.

Elle assure qu'aucun de ses amis ne connaissait le jeune tireur.

«Il y avait une rumeur comme quoi il avait envoyé des coupons-rabais du McDonald's, mais aucun d'eux n'en avait reçu. Le tireur habite à Munich, ce n'est pas un touriste alors il connaissait l'endroit. C'est là que tous les jeunes se tiennent», soutient-elle. 

Cette tuerie survient alors que quatre jours plus tôt, dans la même région, un jeune réfugié afghan a attaqué quatre passagers d'un train à la hache. Malgré ces évènements récents, elle se sent encore en sécurité chez elle.

«Ils vont probablement doubler ou tripler la sécurité. Je travaille au cinéma près de la gare centrale et je travaille tard le soir. Ça fait un peu peur, mais je ne reviens jamais de travailler toute seule», assure Sarakim.

La vie reprend lentement son cours à Munich et la population recommence à fréquenter les lieux publics. Mais le métro qui ne s'immobilise plus à l'arrêt du centre d'achats, considéré comme une scène de crime, lui rappelle tristement la situation. 

Le tireur n'avait aucun lien avec le groupe État islamique et n'aurait pas agi selon des motivations terroristes. Pour la jeune femme, la peur est tout de même présente.

«Si c'était une attaque terroriste, j'aurais pu me dire, c'est fini, ça n'arrivera plus dans ma ville. Là, ça pourrait arriver une attaque terroriste dans les prochains mois ou la prochaine année, je ne sais pas», craint-elle. 

Elle se considère tout de même chanceuse d'être encore en vie.

«Depuis le 22 juillet, ma vie a tellement pris un autre sens. Je suis tellement reconnaissante pour tout ce que j'ai», déclare-t-elle, sereine.

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