Un jour d'avril 1998 sur la 155...

Cindy Loyer a été victime d'un accident sur... (Audrey Tremblay)

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Cindy Loyer a été victime d'un accident sur la route 155 il y a 18 ans. Elle pense que les opérations ciblées de la Sûreté du Québec seront bénéfiques pour la sécurité des usagers de la route.

Audrey Tremblay

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(La Tuque) «La surveillance va peut-être faire comprendre qu'il faut être doublement prudent. Peut-être que les gens vont en faire une habitude après.» Cindy Loyer croit que d'augmenter la sensibilisation et la surveillance sur la route 155 ne peut qu'être bénéfique. La Latuquoise en sait quelque chose: il y a 18 ans, elle a passé bien près de laisser sa vie sur cette route dans un grave accident.

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L'impact a été brutal et la voiture de la Latuquoise a pris feu. Cindy Loyer est demeurée coincée près de 15 minutes à l'intérieur du véhicule en flammes. 

En avril 1998, alors que Cindy Loyer roulait sur la route 155 en direction Trois-Rivières, sa voiture est entrée en collision avec un camion.

«Il y avait une pancarte qui disait de ralentir pour avertir que la route n'était pas belle. La pancarte était trop près du trou. Le camion, chargé de fer, a perdu le contrôle et malheureusement j'arrivais en sens inverse. On a fait un face-à-face», raconte-t-elle.

L'impact a été brutal et la voiture de la Latuquoise a pris feu. Cindy Loyer, alors âgé de 21 ans, est demeurée coincée près de 15 minutes à l'intérieur du véhicule en flammes.

Des passants ont réussi à l'extirper du brasier «30 secondes avant que la voiture explose», raconte Cindy Loyer qui n'a aucun souvenir de l'événement qui l'a plongée dans le coma pendant plusieurs mois et qui l'a brûlée sur 34 % de son corps au troisième degré.

«C'est malheureux, mais aujourd'hui j'ai une attitude extrêmement positive et je ne changerais pas ma place avec avant. Aujourd'hui je suis moi et les gens qui m'entourent m'aiment pour qui je suis», lance-t-elle.

Récemment, la Sûreté du Québec a fait savoir qu'elle allait avoir le tronçon de la route 155 entre Grandes-Piles et La Tuque à l'oeil. Les policiers interviendront, notamment, s'ils constatent des comportements dangereux et des infractions au Code de la sécurité routière telles que la vitesse, suivre de trop près, ainsi que les dépassements dangereux.

Le ministère des Transports, pour sa part, a fourni un panneau indicateur de vitesse qui sera déplacé dans des endroits stratégiques et problématiques de la route 155.

«J'approuve définitivement ces actions de surveillance», lance Cindy Loyer.

Même si aujourd'hui elle considère que la route est plus belle qu'au moment de son accident, elle déplore qu'on apporte des corrections seulement lorsqu'un événement tragique survient.

«Quand mon accident est arrivé, ce n'était pas le premier à cet endroit. Il y avait de nombreuses sorties de route, mais rien de grave. Moi j'ai failli mourir. Ils ont attendu qu'il y ait quelque chose de grave avant de refaire la route. Pourquoi attendre tout le temps un incident grave», se questionne la Latuquoise.

Rappelons que de 2012 à 2015, six collisions mortelles, cinq collisions avec blessés graves, 98 collisions avec blessés légers et 157 collisions avec dommages matériels sont survenues sur la route 155 entre Grandes-Piles et La Tuque.

Pendant plusieurs années, Cindy Loyer a livré de poignants témoignages dans les écoles. Elle a raconté son histoire évidemment, mais a également voulu faire du bien, parler d'estime de soi, de persévérance. Il a aussi été question de sécurité routière, même si, dans son cas la vitesse n'était pas en cause, ni l'alcool.

«Dans mon cas, ç'a été la route le problème», souligne-t-elle.

«Je parle aussi de la ceinture de sécurité. [...] Mes jambes, ma bedaine, mes seins, tout est intact. Je n'ai rien de brûlé. C'est seulement le haut du corps. Mes pantalons ont brûlé, tout était brûlé, mais pas mes jambes. Pourquoi? C'est la ceinture de sécurité. Ç'a tellement serré qu'en bas de la ceinture, il n'y avait pas d'oxygène. Si je n'avais pas eu ma ceinture, je serais brûlé partout, j'aurais passé à travers la vitre et je ne serais pas là aujourd'hui», soutient Cindy Loyer.

Plus de 18 ans ont passé et elle continue de mordre dans la vie et de rayonner dans la communauté par sa joie de vivre et sa bonne humeur. Elle est également impliquée pour la fondation des pompiers du Québec pour les grands brûlés. D'ailleurs dans un mois à peine, elle prendra la route pendant 24 jours, du 18 août au 10 septembre, avec les cyclistes du défi Vancouver-Montréal, événement dont elle est porte-parole depuis 2009.

«Un grand brûlé a beaucoup besoin de sa famille, ç'a besoin d'être entouré. [...] Moi je suis en arrière. Je m'occupe d'eux. J'épluche les oranges. Je les ravitaille. Ils sont entraînés pour faire ça, mais ce sont des êtres humains. Je suis là pour les motiver. Ils pédalent vraiment pour la cause».

«Je sensibilise aussi les gens. Les brûlures, ce n'est pas une maladie, ça peut arriver à tout le monde», soutient Cindy Loyer.

Cette dernière a également organisé un tournoi de golf samedi dernier à La Tuque pour la cause des grands brûlés.

Près de 4000 $ ont été amassés, un montant «au-dessus des attentes» qui sera remis à la Fondation des pompiers du Québec pour les grands brûlés.

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