Lac à la Tortue: des délais «difficiles à atteindre»

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Pour le maire de Shawinigan, Michel Angers, il sera très difficile de compléter les travaux d'assainissement des eaux du lac à la Tortue d'ici le 31 mars 2018.

Andréanne Lemire

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Rares ont été les assemblées générales annuelles de l'Association pour la protection du lac à la Tortue (APL) qui ont abordé des sujets aussi chauds. On en a profité pour faire le point sur le plan du projet d'assainissement des eaux qui ne sera pas modifié avant d'être approuvé par le fédéral. La présence du maire de Shawinigan, Michel Angers, a permis de dévoiler les délais «difficiles à atteindre» auxquels est contraint le projet. En effet, les travaux devront être complétés d'ici le 31 mars 2018.

«On va avoir des discussions avec eux parce qu'un projet de cette envergure-là avec la complexité dans laquelle on va le faire, je ne sais pas comment on va faire ça. Le gouvernement fédéral veut qu'on aille vite, mais on veut aussi bien le faire. C'est complexe,la nappe phréatique est élevée. On va tenter d'accélérer au maximum possible», a promis M. Angers.

Rappelons que l'entente Canada-Québec sur les infrastructures a permis d'éponger une partie de la somme devant être assumée par les municipalités dans ce projet de 40,2 millions $. Ce n'est plus que 17 % des coûts totaux qui devront être déboursés par les résidents plutôt que le tiers.

Le président de l'APL, Claude Vaugeois, avoue que ce projet d'assainissement des eaux a tenu l'Association passablement occupée cette année, mais est confiant que les choses se feront rapidement. «Je crois qu'on est sur une erre d'aller. Le projet est en mode accéléré surtout avec les contraintes données par le fédéral sur le temps de réalisation. Il ne faut pas que les pieds se traînent», reconnaît-il.

Le maire Angers a également spécifié qu'aucune modification ne sera apportée au plan initial déposé il y a six ans avant que celui-ci ne soit approuvé par le gouvernement fédéral. Les riverains qui ne sont pas encore inclus dans le projet devront donc prendre leur mal en patience s'ils veulent faire partie de ce vaste plan de traitement des eaux usées. «On va voir la possibilité avec le gouvernement, quand viendra le temps de faire les travaux, d'additionner des citoyens sur le réseau. Pour l'instant, on ne peut pas toucher une virgule du projet initial afin d'éviter des délais», insiste Michel Angers.

Le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson, avait également été convié à cette assemblée. Il en a profité pour faire le point sur cette alternative d'égout sous vide qui promettait une économie de 6,5 millions $. «C'est probablement un excellent système, mais qui est probablement fait pour des réseaux moins complexes que celui du lac à la Tortue. Personnellement, je préfère payer un peu plus cher, mais être sûr que le système que j'ai n'a pas de failles.»

Michel Angers est par la suite venu enfoncer le dernier clou dans le cercueil de Busch Vacuum Technics. «Dans la dernière analyse de Pluritec qui a été faite, le système par vacuum revenait plus cher que le système gravitaire. Pour nous, le meilleur système, c'est un système connu, le moins cher et c'est le système gravitaire.» Il rappelle qu'en tout temps, «c'est le ministère qui prend la décision sur les technologies que nous employons».

La Ville de Shawinigan interdit la baignade à... (Sylvain Mayer) - image 2.0

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La Ville de Shawinigan interdit la baignade à la Plage-Idéale cet été.

Sylvain Mayer

Une plage impopulaire, mais saine

Quant à la Plage-Idéale, le maire de Shawinigan a réitéré que l'eau n'était pas contaminée. Celle-ci répondrait actuellement aux standards de qualité établis par le ministère de l'Environnement, mais c'est plutôt le faible achalandage qui justifie sa fermeture pour tout l'été. Pour certains citoyens, c'est toutefois trop peu, trop tard, puisque l'image de la plage a été passablement ternie dans les dernières semaines alors que l'affichage laissait croire que l'eau était polluée. «Il faut gérer l'image de la plage. Il ne faut pas laisser mourir cette place-là. Ça attire de jeunes familles», a lancé comme un cri du coeur une citoyenne. 

Le maire Angers était d'accord pour revoir l'affichage qui pouvait porter à confusion, notamment en y ajoutant la cote du lac correspondant à une lettre située entre A (excellente) et D (pollution trop élevée).

Il rappelle toutefois que c'est le nombre trop peu élevé de baigneurs qui a motivé la décision qu'aucun sauveteur ne soit embauché pour l'été. L'an dernier, on a enregistré 208 baigneurs sur 36 jours d'ouverture. «Il y avait en moyenne 5 ou 6 baigneurs par jour. Il y a eu huit jours consécutifs où il n'y avait personne à la plage», déplore le maire Angers. 

À l'APL, on salue la collaboration de la Ville dans ce dossier. «La situation s'est corrigée. Ces gens-là n'ont pas fait ça pour mal faire. C'est sûr que ça n'a pas aidé à l'image du lac», reconnaît toutefois M. Vaugeois.

30 000 mètres carrés de tapis de jute

Cette rencontre a permis de faire le point sur l'installation d'un tapis de jute dans le lac à la Tortue pour contrer le myriophylle, une plante aquatique envahissante. On promet que d'ici les prochaines semaines, il y aura de l'action sur le lac alors qu'on souhaite procéder à l'installation de 30 000 mètres carrés de tapis de jute, l'équivalent de trois terrains et demi de soccer. Ce projet-pilote est chapeauté par la Société d'aménagement et de mise en valeur du bassin de la Batiscan (SAMBBA) et l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

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