Des fondations embarrassantes pour Recyclage Arctic Béluga

René Fugère, vice-président chez Recyclage Arctic Béluga, pointe... (Olivier Croteau)

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René Fugère, vice-président chez Recyclage Arctic Béluga, pointe en direction des fondations incrustées dans le talus Belgo, qui joue le même rôle qu'un barrage. Les travaux de démolition ne doivent pas affecter sa stabilité.

Olivier Croteau

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Déjà que les travaux de démolition de l'ancienne papeterie Belgo ne se déroulent pas au rythme souhaité par la Ville de Shawinigan, le propriétaire du site hésite à s'attaquer au retrait de certaines fondations qui risquent d'affaiblir le talus qui séparait l'usine du centre d'expédition. «Si on enlève le béton, tout ce qu'on fait, c'est fragiliser la stabilité où des glissements de terrains se sont déjà produits», partage René Fugère, vice-président de Recyclage Arctic Béluga.

Selon son interprétation, la transaction civile intervenue avec la Ville, le 2 juillet 2014, prévoit le retrait de ces fondations. «Il y a certains travaux que nous ne pouvons pas faire parce qu'ils pourraient mettre en péril la stabilité du terrain», reprend M. Fugère. «Ce talus constitue le barrage. Le talus qui retient la masse d'eau près de la Cité de l'énergie, c'est celui de la Belgo. Il y a des structures de béton qui sont imbriquées dans le sol depuis à peu près cent ans. Et là, on nous demande de les enlever. À moins que je me trompe, ça va fragiliser la stabilité du terrain.»

Dans le cahier souvenir du centenaire de la Belgo publié en 2001, un chapitre est justement consacré à ces éboulis. Un journalier, Achille Spénard, est même décédé en 1913 à la suite d'un glissement de terrain. Cinq autres événements sont recensés entre 1924 et 1983 qui, sans être aussi tragiques, ont provoqué d'importants dégâts matériels.

Lors du processus de restructuration de l'ancien propriétaire Abitibi-Bowater, puis au moment où Recyclage Arctic Béluga mettait la main sur cette propriété en décembre 2009, Hydro-Québec a prévenu par écrit des dangers que pouvait représenter le retrait de ces fondations. La société d'État suggère qu'elles peuvent être démolies seulement jusqu'au ras du sol pour ne pas déstabiliser le talus, qu'elle qualifie de «structure géomorphologique naturelle», qui joue le même rôle qu'un ouvrage de retenue.

Or, la transaction civile survenue à l'été 2014 entre la Ville et Recyclage Arctic Béluga n'effleure même pas cet enjeu. Le retrait des fondations est régi par un échéancier. Par exemple, pour une certaine zone, les travaux devaient être complétés au 1er novembre 2015. Ailleurs, c'est la date du 31 décembre 2017 qui est prévue. Mais à chaque endroit, les fondations doivent être retirées «jusqu'à 600 mm sous le sol naturel», ce qui interpelle l'entreprise.

À la Ville de Shawinigan, le directeur général, Gaétan Béchard, assure qu'aucune pression ne sera imposée à Recyclage Arctic Béluga si des manoeuvres deviennent risquées, et ce, malgré les termes de la transaction civile signée en 2014.

«Effectivement, ce talus fait office de paroi et sert de soutènement», convient-il. «On sait qu'Hydro-Québec suit ce dossier. Je ne crois pas que les fondations du talus doivent être enlevées. Nous savons qu'elles doivent rester sur place.»

Chez Hydro-Québec, Lucie Roy, responsable des relations avec le milieu pour la Mauricie, reconnaît que la société d'État a déjà avisé les deux derniers propriétaires des précautions à prendre dans ce secteur.

«Historiquement, nous avons observé que le talus Belgo a déjà démontré de l'instabilité», indique-t-elle, faisant allusion à des épisodes de fortes pluies. «Nous avions avisé Abitibi-Bowater de nos observations et nous lui avions souligné que ce serait important qu'elle prenne des mesures appropriées lorsque viendrait le temps de démolir. Lorsque le site a été vendu, nous avons aussi informé Recyclage Arctic Béluga de l'importance de prendre l'avis d'un expert avant de procéder à des travaux de démolition sur le talus Belgo.»

Mme Roy fait remarquer que ces mises en garde ne sont accompagnées d'aucune obligation. «Recyclage Arctic Béluga est maître d'oeuvre de ses travaux sur sa propriété», souligne-t-elle. «Nous n'avons aucune information particulière à cet égard.»

«En 2009, Hydro-Québec a mentionné à Recyclage Arctic Béluga l'importance de veiller à avoir une étude par un ingénieur géotechnique. Nous avons agi comme citoyen corporatif et voisin responsable. Le but ultime est d'assurer la sécurité du public et des installations hydroélectriques à proximité.»

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