Usine Belgo: petite histoire d'un chantier mal aimé

Voici les traces laissées par les vandales à... (Olivier Croteau)

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Voici les traces laissées par les vandales à l'intérieur de l'ancienne usine de filtration.

Olivier Croteau

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Contre-exemple maintes fois cité par le maire de Shawinigan, le chantier de démolition de l'usine Belgo doit, en principe, être complété le 31 décembre 2017, selon la transaction civile signée entre la Ville et Recyclage Arctic Béluga. Où en seront vraiment les travaux à ce moment, voilà la grande question.

Même René Fugère, vice-président de l'entreprise, n'ose plus trop se compromettre sur les échéanciers. Par exemple, la démolition du mur qui longe le boulevard Pie-XII était prévue l'an dernier et, pour le moment, il ne peut avancer si ces manoeuvres seront réalisées cet été ou l'an prochain. Ce chantier majeur compromettra la circulation à cette entrée majeure à Shawinigan et il devra évidemment être coordonné avec le ministère des Transports... qui n'a encore reçu aucun signal de Recyclage Arctic Béluga, confirme Jean Lamarche, porte-parole à la direction régionale.

«Nous avons une entente signée avec la Ville selon laquelle nous avons jusqu'en décembre 2017 pour finir», rappelle M. Fugère. «Le maire dit des choses désagréables sur nous alors que décembre 2017 n'est pas encore passé, à ma connaissance. Je ne sais pas pourquoi il déblatère contre nous.»

Ceci dit, M. Fugère ne peut jurer que cette entente sera respectée. «Je ne connais pas l'avenir», laisse-t-il tomber. «On va faire du mieux qu'on peut, avec les capacités que nous avons. On a beau parler que le site de Grand-Mère ne sera pas une deuxième Belgo, mais il faut aller plus loin. Comment s'est vendue Belgo et comment s'est vendue la Laurentide? Ce n'est pas la même chose. Béluga n'aura jamais la capacité financière de la Ville de Shawinigan, une trésorerie sans fond qui n'a qu'à taxer davantage si elle a besoin d'argent.»

En attendant, M. Fugère peste particulièrement contre les voyous qui rôdent toujours sur le chantier. Même si la valeur du cuivre fond à vue d'oeil, certains individus rivalisent d'ingéniosité pour entrer dans des bâtiments pour découper les fils en ne laissant que les gaines sur leur passage. Pour passer le temps, ils prennent également plaisir à saccager les lieux en guise de signature. «De petits voyous ont pété les fenêtres le long de la route et la Ville nous demande de fermer les trous», raconte M. Fugère.

«C'est pourtant très compliqué, se rendre là. Même s'il n'y a plus rien à prendre, les petits voyous y vont quand même et il semble qu'ils lanceraient des choses par les fenêtres, ce qui est dangereux pour la circulation.»

De l'autre côté de la route, l'usine de filtration a également reçu la visite des vandales au cours des dernières semaines. Idem pour le poste de contrôle électrique, où des portes soudées n'ont même pas arrêté les intrus: ils se sont attaqués aux pentures.

«Je suis allé visiter ça avec un acheteur potentiel qui avait besoin de certains morceaux», raconte M. Fugère. «La porte avait été arrachée. Plutôt que prendre simplement des bouts de fils et s'en aller, ils ont tout saccagé. Ils doivent avoir fait pour 60 000 $ de dommages.»

Évidemment, des gardiens sur place limiteraient les pertes, mais encore faut-il avoir les moyens de les engager, soupire le porte-parole.

Retards

À la fonte des neiges mais avant le réveil de la nature, le chantier désert se résumait à des amas de béton et de métaux qui se succédaient, renvoyant le paysage à une image de zone de guerre lorsque les automobilistes longeaient le site bordé d'arbres dénudés. Avec l'arrivée des feuilles, le décor s'est amélioré, quoique les graffitis se multiplient sur le fameux mur de brique qui longe la route.

Au cours des dernières semaines, une citerne a été démolie et le garage de maintenance à l'entrée des copeaux n'est maintenant retenu que par un câble d'Hydro-Québec.

Gaétan Béchard, directeur général de la Ville de Shawinigan, reconnaît que Recyclage Arctic Béluga accuse un certain retard par rapport aux échéanciers prévus dans la transaction signée en 2014. «Nous effectuons des inspections mensuelles sur le terrain», commente-t-il. 

«Nous suivons le dossier de près, sans émettre de constats d'infraction. Nous ne mettons pas de pression pour activer les choses. Nous voulons collaborer pour que le site soit nettoyé.»

En janvier, la Ville a émis un nouveau permis de démolition, valide pour un an. Il en faudra visiblement un autre pour aller au bout des travaux. 

Geneviève Lebel, coordonnatrice aux relations avec les médias au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, précise que cinq inspections ont été effectuées au cours de la dernière année. 

Trois nouveaux avis de non-conformité ont été envoyés, à propos du non-respect du plan de réhabilitation et l'entreposage illégal de matières résiduelles et de matières dangereuses. Des accusations pénales pourraient être déposées.

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