La route 155 sous haute surveillance

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Cet accident s'était produit en août 2012 et avait coûté la vie à deux touristes français.

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(La Tuque) Les automobilistes et motocyclistes qui prendront la route 155 vers La Tuque seront beaucoup plus nombreux dans les prochaines semaines. Ils devront redoubler de prudence. La Sûreté du Québec promet d'avoir le tronçon entre Grandes-Piles et La Tuque à l'oeil.

De 2012 à 2015, six collisions mortelles, cinq collisions avec blessés graves, 98 collisions avec blessés légers et 157 collisions avec dommages matériels sont survenues sur cette portion de la route 155.

«En prenant compte des causes de collisions et des plaintes reçues de la part des citoyens, les postes de la MRC de Mékinac et de l'agglomération de La Tuque ont décidé de s'attaquer conjointement à cette problématique», a fait savoir la Sûreté du Québec.

Le nombre imposant de croix en mémoire des victimes apposées aux abords du chemin reflète un bilan peu reluisant pour cette majestueuse route. Il faut dire que sur cette route bordée par la rivière Saint-Maurice, de nombreux véhicules lourds cohabitent avec les motocyclistes, les automobilistes et les vacanciers. Cette surveillance accrue est bien accueillie par le maire de La Tuque. «C'est important qu'il y ait une certaine surveillance durant les vacances, peut-être même un peu plus parce qu'il y a plus de trafic. [...] Il y a des gens qui sont impatients sur la route et qui prennent des chances, si on peut éviter ces ''extras'' je n'ai absolument rien contre ça», a souligné Normand Beaudoin.

Ce dernier n'est pas sans rappeler que l'usager est beaucoup plus souvent responsable de l'accident que la route elle-même, qu'il juge d'ailleurs beaucoup moins dangereuse que dans le passé.

Les limites de vitesse varient à plusieurs endroits puisque plusieurs zones rurales et semi-urbaines se chevauchent. Les zones de dépassement sont peu fréquentes dans certains tronçons.

L'objectif de ces opérations ciblées est d'améliorer le bilan routier et le sentiment de sécurité aux résidents du secteur, ainsi qu'aux différents usagers empruntant la route 155.

«Les policiers interviendront s'ils constatent des comportements dangereux et des infractions au Code de la sécurité routière telles que la vitesse, suivre de trop près, ainsi que les dépassements dangereux. De plus, par le biais d'opérations conjointes avec les contrôleurs routiers du Québec, ils effectueront des vérifications auprès des véhicules lourds», a indiqué la Sûreté du Québec.

Quant au MTQ, il fournira un panneau indicateur de vitesse qui sera déplacé dans des endroits stratégiques et problématiques de la route 155.

Conduire sur la «route de la mort»

Depuis 1980, Réjean Trottier a vu bien des accidents sur la 155. Le sergent retraité de la Sûreté du Québec et enseignant en Techniques policières au Cégep de Trois-Rivières l'a non seulement patrouillée, mais il a aussi coordonné les opérations de surveillance qui la concernaient. Le même genre d'opération que celle qui se tiendra cet été.

Bien que la 155 ait la réputation d'être une voie de circulation difficile, Réjean Trottier croit que ce facteur seul n'explique pas le triste bilan de la route provinciale. L'ex-policier fait remarquer que, lorsqu'il a commencé à arpenter la route, il y a environ 35 ans, celle-ci était effectivement très sinueuse. «Aujourd'hui, c'est beaucoup mieux, les virages sont plus doux et les limites de vitesse varient», affirme-t-il.

Pour le sergent Trottier, le premier danger sur la 155, c'est le conducteur. Plus précisément, le danger proviendrait d'une infraction que les automobilistes auraient tendance à banaliser: suivre les véhicules de trop près. «Bien sûr, la distance de freinage est trop petite. Mais c'est aussi toute la question de réintégrer sa voie qui se pose. Il n'y a qu'une voie de chaque côté; ainsi, lorsqu'un conducteur veut dépasser un véhicule, il peut se retrouver coincé en sens inverse parce qu'il est forcé de dépasser non pas un, mais deux ou trois véhicules pour retourner dans sa voie», explique-t-il. Or, les risques d'accident se trouvent décuplés par ce contexte.

Pour expliquer le nombre élevé d'accidents sur la route 155, Réjean Trottier évoque également l'impatience des conducteurs, surtout vers la fin de la semaine. «C'est une situation très commune. C'est vendredi, les gens veulent partir dans le bois, alors ils attachent la roulotte ou ils prennent le winnebago. Le problème, c'est qu'ils sont pressés d'arriver», dit-il. La route 155 n'est pas non plus étrangère aux problématiques qui concernent l'ensemble des routes. Par exemple, bien des conducteurs n'adaptent pas leur conduite aux conditions climatiques. Bon nombre aussi ne se gênent pas pour parler au cellulaire et texter au volant (d'autant plus que la réception s'améliore sur la route de La Tuque). Enfin, le manque de concentration n'épargne personne. «La rivière Saint-Maurice offre de magnifiques paysages, mais ce n'est jamais une bonne idée de quitter la route des yeux», ajoute le retraité de la Sûreté du Québec.

Au sujet du surnom de la 155, Réjean Trottier sent le besoin de relativiser les choses. «J'ai travaillé en Gaspésie, en Abitibi-Témiscamingue; chaque région du Québec à sa route de la mort», spécifie-t-il. Interrogé au sujet des mesures qui seront appliquées cet été, il répond simplement: «La police dispose de deux outils: la répression et la prévention. Mais ultimement, c'est le conducteur qui prend les décisions.»

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