Fluoration: la Ville renvoie la balle au ministère

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La Ville renvoie la balle au ministère au sujet de la fluoration de l'eau potable.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Les esprits se sont quelque peu échauffés lundi soir, à la séance du conseil municipal de Trois-Rivières, alors qu'une résolution demandant la tenue d'un registre sur la fluoration de l'eau potable a été retirée de l'ordre du jour afin d'être remplacée par une nouvelle résolution invitant le ministère de la Santé à s'assurer de la question de l'acceptabilité sociale. De nombreux citoyens qui s'étaient déplacés dans l'espoir de voir le conseil se prononcer sur la tenue d'un registre ont fait savoir leur mécontentement si fort que le maire Yves Lévesque a préféré suspendre la séance quelques minutes, incapable de ramener l'ordre.

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La salle du conseil était bondée lundi en prévision d'une résolution demandant la tenue d'un registre sur la fluoration de l'eau potable. La résolution a été retirée et remplacée par une nouvelle résolution invitant le ministère de la Santé à s'assurer de la question de l'acceptabilité sociale

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La porte-parole de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS), Joan Hamel. 

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Au départ, le conseiller du secteur Pointe-du-Lac, François Bélisle, avait déposé une résolution à l'ordre du jour, demandant l'imposition d'un moratoire sur les travaux visant à fluorer l'eau potable ainsi que la tenue d'un registre les 8, 9 et 10 octobre prochain pour savoir si les Trifluviens souhaitaient ou non que l'eau soit fluorée. Cette résolution apparaissait à l'ordre du jour remis aux citoyens.

Or, des discussions survenues au cours de la journée ont abouti à un consensus des membres du conseil visant à retirer cette résolution pour la remplacer par une nouvelle qui tient désormais compte qu'une pétition de 17 500 noms circule actuellement pour demander de ne pas fluorer l'eau potable, et que le plus récent sondage de la Santé publique mentionne que 44 % de la population estime que l'ajout de fluor dans l'eau potable représente un risque pour la santé.

Par cette résolution, la Ville ne remet pas en question sa décision de fluorer l'eau potable et va de l'avant avec les travaux, mais invite la Santé publique à «prendre les moyens nécessaires pour consulter les Trifluviens et l'informer que la nécessaire condition de l'acceptabilité sociale a été rencontrée pour la fluoration de son eau potable».

De l'avis du maire Yves Lévesque, il s'agit ainsi d'une invitation pour la Santé publique à mieux informer les citoyens sur les bienfaits de la fluoration, pour qu'enfin l'acceptabilité sociale soit atteinte. Le maire a d'ailleurs rappelé qu'un pourcentage très élevé de répondants au sondage de la Santé publique ont indiqué avoir confiance aux ordres professionnels des médecins et dentistes qui eux, recommandent la fluoration.

Les citoyens présents, eux, y ont plutôt vu un affront à la démocratie. «On vous a élus et vous ne nous écoutez pas. C'est de la dictature», a lancé une citoyenne. «Vous allez avoir honte de ce que vous aurez fait», a ajouté un homme avant de quitter la salle.

De son côté, la porte-parole de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS), Joan Hamel, croit qu'il est peu probable que la Santé publique réponde favorablement à cette invitation. «Ça fait trois ans qu'on a des discussions avec la Santé publique pour vérifier l'acceptabilité sociale, mais elle refuse. C'est pourquoi la CTETS a mis en place la pétition. On a fait le travail qu'ils n'ont pas fait depuis les trois dernières années, et ce soir on ne peut pas se réjouir qu'on rejette du revers de la main une pétition de 17 500 noms de citoyens qui refusent la fluoration. Ils vont sortir toute la machine de communication pour la promotion de cette mesure-là, alors que la population n'en veut pas. Et ce sont nos taxes et nos impôts qui vont payer ça. On a payé une étude, un sondage, et là on va payer pour consulter la population alors que pour nous, cette consultation elle est faite, la population a déjà dit non à la fluoration», signale-t-elle, ajoutant tout de même se réjouir que la Ville reconnaisse pour une première fois qu'il y ait un problème d'acceptabilité sociale.

Pour l'instigateur de la première résolution, François Bélisle, il valait mieux cette résolution de compromis que rien du tout. «La politique, c'est l'art du compromis. Est-ce que c'est mon bonheur total? Non. Mais entre zéro ou ça, j'aime mieux ça, parce qu'on démontre que la Ville est sensible à la question de l'acceptabilité sociale. On leur renvoie la balle en leur disant: c'est votre programme. Vous voulez que les villes y adhèrent? Montrez-nous que la population trifluvienne adhère à ce projet-là», mentionne le conseiller de Pointe-du-Lac.

Et qu'adviendra-t-il si le ministère ne répond pas à cette invitation? «Il y a des élections dans un an et demi. Le nouveau conseil verra s'il va toujours dans ce sens-là ou pas», répond François Bélisle.

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