Valorisation de la biomasse: «C'est un projet visionnaire»

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Yvon Nadeau, président directeur général de Pyrobiom Énergies, Pierre Arcand, ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Julie Boulet, ministre du Tourisme, ministre responsable de la région de la Mauricie et députée de Laviolette, Réjean Paré, président et chef des opérations du Groupe Rémabec ainsi que le maire de La Tuque Normand Beaudoin ont annoncé un projet de 7,2 millions de dollars à Parent.

Audrey Tremblay

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(Parent) C'était un grand jour pour Parent, lundi. Les dirigeants du Groupe Rémabec et de Pyrobiom Énergies ont confirmé un projet de 7,2 millions $ pour l'implantation d'une usine expérimentale qui servira à valoriser la biomasse forestière. Le gouvernement du Québec était sur place pour annoncer une aide financière de trois millions de dollars.

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Les ministres Julie Boulet et Pierre Arcand ont passé plus de temps que prévu dans le Haut Saint-Maurice. Ils ont dû se salir légèrement les mains en raison d'une crevaison sur la route forestière 25 qui relie Parent et La Tuque.

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C'est l'entreprise Abri-Tech inc. qui a fabriqué le module de pyrolyse.

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«C'est un projet visionnaire qui s'inscrit parfaitement dans notre volonté d'opérer la transition énergétique du Québec», a lancé le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

Dans cette usine, on transformera les résidus forestiers pour en faire de l'huile pyrolytique, du biocharbon ainsi que du gaz de synthèse. Lorsque l'usine sera en opération et stable, les dirigeants prévoient produire neuf millions de litres d'huile de pyrolyse par année et environ 800 tonnes de biocharbon.

Avec ce nouveau projet, on prévoit créer entre 7 et 10 nouveaux emplois en plus d'en consolider une centaine. 

«On est dans l'énergie, pas la transformation forestière. On fait de l'énergie, donc on parle de chimie, de gaz... de produits qui demandent un niveau de compréhension élevé. Ça fait en sorte que les employés qui vont être embauchés ici devront avoir certaines connaissances qui font que le niveau d'emploi et de revenu sont particulièrement intéressants», a souligné Yvon Nadeau, président directeur général de Pyrobiom Énergies.

Lors de l'acquisition de l'usine en avril 2015, le groupe Rémabec avait promis aux employés et à la population de faire le maximum pour que l'usine de Parent connaisse du succès. Les dirigeants étaient tout sourire pour cette annonce.

«Avec l'évolution qu'a connue l'économie du bois d'oeuvre dans les dernières années, il est devenu primordial de se tourner vers l'innovation et l'investissement. La valorisation des sous-produits du sciage est devenue un élément essentiel de la compétitivité de notre secteur. Le partenariat avec Pyrobiom Énergies inc. et l'aide annoncée aujourd'hui par le gouvernement du Québec nous permettent d'emprunter la voie de la longévité et de consolider des centaines d'emplois dans la Haute-Mauricie», a affirmé Réjean Paré, président et chef des opérations du Groupe Rémabec.

L'huile pyrolytique est destinée à une clientèle industrielle qui pourra remplacer sa consommation de mazout lourd d'origine pétrolière par une énergie renouvelable produite à partir de la matière ligneuse résiduelle, essentiellement d'origine forestière. Le biocharbon et le gaz de synthèse seront quant à eux utilisés pour les besoins opérationnels de l'unité de production. 

«Dans ce projet de démonstration, l'entreprise veut démontrer et valider les capacités opérationnelles du module de production et tester les différentes possibilités de bioraffinage et de biohuile», a souligné le ministre Arcand.

La production devrait être lancée au mois d'août avec les premières étapes d'essai. Les équipements qui sont arrivés depuis peu devraient être installés d'ici la fin du mois.

«On souhaite être capable de démarrer la production pour atteindre une vitesse de croisière au mois de septembre. À ce moment-là, assez rapidement, on va prend la décision d'aller vers un projet d'usine», a indiqué M. Nadeau.

«L'usine pourrait être jusqu'à cinq fois plus importante», a ajouté le ministre Arcand.

La technologie proposée présente un bon potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec. À terme, ce projet pourrait permettre des réductions d'environ 24 350 tonnes d'équivalent CO2 annuellement. 

«Ça représente l'élimination de 8000 véhicules légers sur les routes du Québec», illustre le ministre Arcand. 

Pour concrétiser ce projet, Pyrobiom Énergies inc. compte sur des partenaires importants, notamment Arbec usine Parent Inc. comme partenaire principal pour la réalisation du projet qui fournira la matière ligneuse résiduelle forestière ainsiqu'Abri-Tech inc. qui fabriquera le module de pyrolyse. 

«Nous sommes fiers de pouvoir compter sur le savoir-faire et la détermination d'entreprises québécoises qui s'engagent à faire prospérer la filière énergétique», a lancé la ministre du Tourisme, ministre responsable de la région de la Mauricie et députée de Laviolette, Julie Boulet.

La Ville de La Tuque a également participé au développement du projet en investissant 250 000 dollars.

D'ailleurs, le directeur du Service de développement économique et forestier de la Ville de La Tuque et président de Bioénergie La Tuque (BELT), même s'il était retenu à l'extérieur de la Ville, a salué l'annonce. Un projet dans lequel il s'est impliqué pendant trois ans.

«C'est une étape très importante qui a été franchie dans la mise en place de toute la stratégie de développement de la filière de la biomasse forestière sur l'ensemble du territoire de La Tuque», a mentionné Patrice Bergeron.

Il a insisté pour dire que le projet d'implantation d'une usine de bioraffinage de BELT était complémentaire à celui de Parent. Il a souligné aussi le partenariat et l'excellente collaboration entre les parties.

«Notre projet est différent. C'est en complémentarité au projet de Parent. On vise un produit différent, soit la transformation de la biomasse en biodiésel. C'est une étape de transformation supérieure à la production d'huile pyrolytique. C'est plus complexe au niveau technologique et beaucoup plus coûteux. Les marchés sont différents», soutient M. Bergeron.

«On s'y intéresse, c'est un projet important pour nous. Il pourrait être un client, mais surtout un partenaire. [...] On va s'entraider», a conclu Yvon Nadeau, président directeur général de Pyrobiom Énergies.

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