Erreur d'identification de corps: la deuxième famille porte plainte

Marcel et Nicole Léveillé, respectivement belle-soeur et frère... (Stéphane Lessard)

Agrandir

Marcel et Nicole Léveillé, respectivement belle-soeur et frère de Réjean Léveillé, ont décidé de porter plainte contre l'hôpital de Trois-Rivières afin de faire la lumière sur les évènements du 2 juin qui ont mené à une erreur d'identification des corps.

Stéphane Lessard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La famille de Réjean Léveillé, cet homme dont le corps avait été confondu avec celui de Jean-Guy Bouchard, a finalement porté plainte contre le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Cette plainte s'ajoute donc à celle de Manon Bouchard pour qui le corps de son père s'était retrouvé par erreur dans un autre centre funéraire que celui choisi par la famille.

L'histoire avait fait beaucoup réagir au début du mois de juin. Alors que les deux hommes étaient décédés à l'hôpital à 45 minutes d'intervalle, l'identité des deux corps avait été inversée. Ils ont donc été acheminés à des résidences funéraires contraires à celles préétablies par les familles.

Les deux familles se sont parlées et, d'un commun accord, ont décidé de manifester leur mécontentement envers l'hôpital de Trois-Rivières. «La famille de M. Bouchard était contente qu'on ait donné signe de vie et qu'on ait décidé que ça n'en resterait pas là», raconte Nicole Léveillé, la belle-soeur du défunt. «On est allé rencontrer quelqu'un et on a porté plainte quelques jours après la famille de Jean-Guy Bouchard», confirme-t-elle.

Une enquête est donc en cours pour faire la lumière sur l'ordre des évènements du 2 juin dernier qui auraient mené à cette erreur d'identification. Selon les deux familles, c'est vraisemblablement un préposé du cinquième étage qui est à l'origine de cette erreur.

Mme Léveillé a quand même une bonne idée de ce qui a pu se produire. «Quand Réjean est mort à 7 h 50, on est resté seul dans la chambre pendant au moins 30 minutes. On est sorti à 8 h 30 et M. Bouchard est mort à 8 h 35. Les corps ont probablement été descendus en même temps. Ils ont sûrement mis les étiquettes et n'ont pas regardé les bracelets.»

Pour elle, cette erreur est inacceptable. «On parle d'un corps qui va être [incinéré]. Est-ce qu'on pourrait l'inspecter avant pour être sûr qu'il n'y ait pas eu d'erreur, juste faire une deuxième vérification?», questionne-t-elle. «On ne veut plus que ça arrive. Nous aussi, on a eu de la peine.»

Cette dernière précise qu'elle a également adressé des reproches au personnel médical de l'hôpital dans sa plainte pour des soins inadéquats envers son beau-frère dans ses derniers moments de vie. «Alors que sa fin de vie était déjà difficile, il faut qu'il y ait cette histoire qui arrive après sa mort», déplore Mme Léveillé. «On a eu plusieurs chocs: l'annonce du diagnostic, les nombreuses opérations. L'erreur du corps, c'était le bout.»

Selon les deux familles, c'est vraisemblablement un préposé... (François Gervais) - image 2.0

Agrandir

Selon les deux familles, c'est vraisemblablement un préposé du cinquième étage du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec qui est à l'origine de l'erreur d'identification de deux corps.

François Gervais

D'ici 45 jours, les familles recevront une lettre les informant des résultats de l'analyse effectuée à la suite de leur plainte. S'il y a lieu, des recommandations seront formulées à l'autorité concernée et un suivi sera effectué. «Ils vont faire leur enquête et on va voir ce qui va arriver. Je ne sais pas jusqu'où ça va aller», avoue Mme Léveillé.

Cette dernière déplore que ce soit via les médias qu'elle ait appris que l'erreur d'identification concernait un membre de sa famille alors que la famille de M. Bouchard avait su rapidement qu'une erreur avait été commise. 

S'il y a une chose qui réjouit Mme Léveillé dans toute cette histoire, c'est que les gens sont plus prudents et veulent maintenant s'assurer de voir le corps dans les résidences funéraires. «Depuis cette erreur-là, les gens demandent de voir le défunt avant qu'il soit incinéré. Tant mieux», s'exclame-t-elle. 

Mme Léveillé réitère que les centre funéraires n'ont rien à se reprocher. «On le sait que ce n'est pas de leur faute, que c'est l'hôpital qui a fait l'erreur. Mais l'erreur qu'ils ont faite, c'est de ne pas nous l'avoir dit et de nous avoir tenus dans l'ignorance totale.»

Elle attend toujours des excuses en bonne et due forme de la part de l'hôpital pour ne pas les avoir mis au courant de l'erreur qui avait été commise. 

«Les deux familles, on aimerait rencontrer la responsable de la morgue de l'hôpital pour qu'elle nous dise en face qu'elle nous a appelés pour s'excuser parce que c'est faux. Oui, elle s'est excusée, mais c'est après qu'on l'ait su par nous-mêmes. C'est un peu trop tard», rétorque-t-elle.

«On a eu plusieurs chocs nous autres: l'annonce du diagnostic, les nombreuses opérations. L'erreur du corps, c'était le bout.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer