Mont-Carmel dit non aux Hells Angels

La Municipalité de Notre-Dame-du-Mont-Carmel a modifié son règlement... (Archives, Le Nouvelliste)

Agrandir

La Municipalité de Notre-Dame-du-Mont-Carmel a modifié son règlement de zonage afin de s'assurer que les Hells Angels ne s'établissent pas sur son territoire.

Archives, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Notre-Dame-du-Mont-Carmel) Devant les rumeurs qui laissent croire que le chapitre des Hells Angels de Trois-Rivières pourrait s'établir à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, le conseil municipal de cette localité a pris les grands moyens pour démontrer aux motards criminalisés qu'ils ne sont pas les bienvenus.

Le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler.... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Réunis en assemblée spéciale mercredi soir, les membres du conseil municipal ont adopté une résolution de changement de zonage afin que soient interdites dans le périmètre commercial de la route 157 (la zone 321) les salles de réunions, de conférences ou de congrès.

«Nous ne sommes pas intéressés à les voir chez nous. C'est aussi clair que ça», affirme le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler, lors de l'assemblée spéciale.

«Des membres de ces gangs ont déjà reçu des condamnations. Ce que je crois, c'est que nous n'avons pas besoin de ça sur notre territoire. Les valeurs qui sont véhiculées ne correspondent pas à ce que nous voulons promouvoir dans notre municipalité.»

La Municipalité de Notre-Dame-du-Mont-Carmel affirme qu'avec ce changement de zonage, pratiquement l'ensemble de son territoire est protégé contre l'établissement d'un groupe de motards criminalisés. Si une organisation reconnue comme étant criminelle souhaite s'y établir, la Municipalité refusera d'emblée de modifier le zonage.

De plus, la Commission de protection du territoire agricole ne permet pas l'établissement de salles de réunions, de conférences ou de congrès dans des zones agricoles. Une bonne partie du territoire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel se voit ainsi protégée de facto.

«C'est sûr que si l'usage [de salles de réunions, de conférences ou de congrès] n'est pas permis, nous n'aurons pas de raison de l'accepter», ajoute le maire de la municipalité.

Bien que les rumeurs de l'arrivée potentielle du chapitre de Trois-Rivières des Hells Angels à cet endroit n'aient pas été confirmées par les corps policiers, les élus souhaitaient prévenir plutôt que guérir. Aucune demande de permis n'a toutefois été faite par un groupe de motards pour établir un local à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Les élus savent toutefois qu'une fois que les Hells Angels, ou tout autre groupe similaire, s'établissent sur le territoire, il est très difficile de les déloger.

«Nous avons appris cette possibilité par les médias. Nous nous assurons donc que notre réglementation soit faite pour nous protéger. Nous nous sommes rendu compte que cette zone 321, qui est une zone commerciale, était très large dans ce qu'elle permettait de faire», précise Luc Dostaler.

Notre-Dame-du-Mont-Carmel s'est inspirée dans la préparation de son règlement de changement de zonage des démarches d'autres villes du Québec qui souhaitaient également contrer l'établissement des Hells Angels sur leur territoire.

«Nous n'avons pas réinventé la roue. Nous nous sommes assurés qu'on pouvait se coller à ce qui a été fait ailleurs pour faire la même chose chez nous», indique le maire.

Cette délicate question préoccupe également certains maires de la MRC des Chenaux, avoue Luc Dostaler. «On s'est parlé surtout de façon informelle. Mais plusieurs personnes m'ont abordé ces derniers mois pour me parler de ce sujet», note-t-il. «Notre position est extrêmement claire, nous ne voulons pas de groupe comme ça sur notre territoire, peu importe lequel.»

Selon des informations qui circulent, le chapitre des Hells Angels de Trois-Rivières est sur le point d'être rouvert, après avoir été temporairement fermé à la suite de l'opération SharQc en 2009. Rappelons que lors de cette rafle policière sans précédent, tous les membres en règle du chapitre trifluvien, 28 au total, étaient visés par des mandats d'arrestation, notamment pour meurtres et complots pour meurtre.

La recherche d'un nouveau local pour les Hells Angels de Trois-Rivières - s'ils n'ont pas déjà trouvé un endroit - a été rendue nécessaire à la suite de la démolition en juin 2015 de leur bunker de Trois-Rivières. Celui-ci avait été saisi par Québec et rapidement démoli afin que soit effacé ce symbole du crime organisé trifluvien.

Les experts affirment que les groupes de motards criminalisés seraient actuellement en restructuration, après que plusieurs de leurs membres aient été traduits devant la justice. Il existe de plus plusieurs groupes subalternes au Québec.

Le journaliste spécialisé aux affaires criminelles de La Presse, Daniel Renaud, affirmait en mars dernier qu'un des principaux groupes identifiés comme subalternes des Hells Angels dans la région serait les Deimos Crew Trois-Rivières.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer