Bruxelles en alerte pour de faux explosifs

Les forces policières et militaires ont été déployées.... (AP, Virginia Mayo)

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Les forces policières et militaires ont été déployées.

AP, Virginia Mayo

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Cédric Simon
Agence France-Presse
Bruxelles, Belgique

Un homme portant une ceinture explosive factice, remplie «de sel et de biscuits», a provoqué une fausse alerte mardi à Bruxelles, dans un contexte de menace terroriste planant toujours sur la capitale belge trois mois après les attentats qui l'ont frappée.

Le jeune homme de 26 ans «est connu de la justice pour divers faits, y compris certains liés à des problèmes psychiatriques», a expliqué le parquet de Bruxelles, après son interpellation aux abords d'un grand centre commercial.

Il avait lui-même contacté la police dans la matinée, affirmant avoir été enlevé et déposé sur place «avec une ceinture d'explosifs qui devait être déclenchée à distance par une tierce personne».

Mais une fois localisé et interpellé, les démineurs n'ont retrouvé sur lui qu'une ceinture explosive factice «qui contenait du sel et des biscuits».

L'alerte, déclenchée tôt dans la matinée, a été prise d'autant plus au sérieux que le centre commercial en question, City 2, faisait partie des sites mentionnés ces derniers jours dans les médias belges comme une cible potentielle d'attaques.

Réunion de crise

Une réunion gouvernementale de crise, à laquelle assistait notamment le premier ministre belge Charles Michel, a été organisée rapidement en début de matinée. «La situation en ce moment est sous contrôle», a déclaré M. Michel à l'issue de la réunion. «Les services de sécurité sont extrêmement vigilants», a-t-il assuré.

Le niveau d'alerte antiterroriste en Belgique a été maintenu au niveau 3 (menace «possible et vraisemblable»), sur une échelle allant jusqu'à 4 (menace «sérieuse et imminente»), a précisé le centre de crise belge sur le réseau social Twitter.

L'homme arrêté s'était déjà distingué dans le passé en déclarant à la police «avoir été incité à partir rejoindre l'État islamique (EI) en Syrie». Il «fait actuellement l'objet d'une enquête approfondie visant à déterminer s'il est en lien ou non avec des faits de terrorisme», a précisé le parquet.

«On peut supposer qu'il avait des sympathies pour l'État islamique», a commenté le ministre de la Justice Koen Geens.

Le coup de fil du suspect à la police, vers 05h30 du matin (03h30) puis la confirmation sur place qu'il portait une ceinture suspecte avaient mis les forces de l'ordre sur les dents.

«Provocation?»

Plusieurs accès du métro situé sous le centre commercial ont été bloqués, et de nombreux militaires armés étaient visibles dans la zone, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Le périmètre de sécurité installé autour du centre commercial a été levé aux alentours de 10H30 (08H30 GMT), et la rue commerçante piétonnière adjacente était à nouveau accessible aux piétons en fin de matinée.

Le bourgmestre (maire) de Bruxelles, Yvan Mayeur, s'est voulu rassurant devant la presse, assurant qu'il n'y avait pas de menace particulière sur les commerces.

«Il s'agit peut-être d'une provocation, mais la mise en scène se fait quand même avec une ceinture d'explosifs, ce qui touche au terrorisme», a-t-il déclaré à l'issue de la réunion de crise organisée par les autorités à Bruxelles.

Frappée le 22 mars dernier par le groupe État islamique (EI) à l'aéroport de Bruxelles et dans la station de métro Maelbeek, Bruxelles a connu depuis de nombreuses alertes terroristes et la police y multiplie les opérations.

Lundi, six personnes ont été interpellées puis relâchées sans inculpation à Bruxelles dans le cadre de l'enquête sur l'attentat manqué du TGV Thalys reliant Amsterdam à Paris le 21 août 2015.

Autre opération importante

Une autre importante opération de police avait eu lieu durant le week-end, se soldant par l'interpellation de quarante personnes dans la nuit de vendredi à samedi lors d'une vague de perquisitions en urgence.

Parmi ces dernières, trois hommes ont été inculpés samedi pour «tentative d'assassinat dans un contexte terroriste» et «participation aux activités d'un groupe terroriste», avec en toile de fond des menaces non confirmées sur des manifestations publiques en Belgique autour du match Belgique-Irlande de l'Euro 2016 de football.

La semaine dernière, la presse belge avait révélé que les services de police du royaume avaient été avertis que des combattants du groupe État islamique avaient récemment quitté la Syrie pour commettre des attentats en Belgique et en France.

La Belgique interdit la vente de produits pouvant servir à fabriquer des bombes

La Belgique va interdire dès juillet la vente de substances chimiques susceptibles d'être utilisées pour fabriquer des explosifs artisanaux comme le TATP, très prisé par le groupe Etat islamique (EI), a-t-on appris mardi auprès du gouvernement.

Un projet de loi interdisant la vente aux particuliers de sept produits a été approuvée vendredi par le conseil des ministres, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministre de l'Emploi et de l'Économie Kris Peeters.

Sont notamment concernés le peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée), qui entre dans la composition du TATP, l'explosif préféré utilisé par les kamikazes de l'EI dans les attentats de Paris (130 morts en novembre) et de Bruxelles (32 morts en mars).

«La mise à disposition, l'introduction, la détention et l'utilisation» de six autres produits comme l'acide nitrique, le nitrométhane et quatre herbicides à base de potassium et de chlore seront également interdits pour le grand public, précise le ministère dans un communiqué.

La future réglementation prévoit aussi une obligation de signalement de transactions suspectes, disparitions et vols pour cette liste de produits, ainsi que pour huit autres substances, dont l'acétone, l'acide sulfurique, l'hexamine ou encore le nitrate de sodium.

Au lendemain des attentats de Bruxelles, quelque 150 litres d'acide sulfurique et 15 kg d'explosif de type TATP avaient été découverts par la police dans l'appartement de la commune bruxelloise de Schaerbeek d'où étaient partis les trois assaillants de l'aéroport de Bruxelles, où deux d'entre eux s'étaient fait exploser.

Les commerçants devront signaler aux autorités toute infraction aux nouvelles règles. «Ceci nous donne la possibilité d'intervenir quand un commerçant constate des actes suspects», a expliqué Kris Peeters, cité dans le communiqué.

En cas d'infraction, les sanctions peuvent atteindre des peines allant jusqu'à cinq années d'emprisonnement et 100 000 euros (145 000 $CAN) d'amende.

La loi prend exemple sur le règlement européen encadrant la vente de ces produits. Approuvée en commission du Parlement le 15 juin, elle doit encore l'être en séance plénière. Mais elle «sera appliquée en juillet», 10 jours après sa publication au Moniteur belge, le journal officiel du royaume, selon le ministère.

Frappée le 22 mars à l'aéroport et dans le métro, la capitale belge a connu depuis de nombreuses alertes terroristes et la police y multiplie les opérations, en particulier ces derniers jours.

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