Le maire Angers toujours confiant pour le parc industriel à Saint-Georges

Bertin Jalbert, l'image de la résistance contre les... (Sylvain Mayer)

Agrandir

Bertin Jalbert, l'image de la résistance contre les acquisitions de propriétés dans le secteur Saint-Georges pour permettre à la Ville de Shawinigan de procéder à l'aménagement d'un parc industriel à grand gabarit.

Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Foi de Michel Angers, le parc industriel à grand gabarit du secteur Saint-Georges ne demeurera pas la risée de son règne éternellement. Le maire de Shawinigan assure que lorsqu'il quittera son siège, ce vaste espace aura déjà accueilli des entreprises.

En séance régulière le 14 juin, le conseil municipal a annoncé sa première acquisition depuis le 1er octobre 2013 dans ce dossier. La vaste propriété de Bertin Jalbert a été obtenue pour un montant de 450 000 $. Le cas était costaud : le controversé personnage a résisté de toutes ses forces à la volonté de la Ville de Shawinigan qui avait annoncé en catastrophe aux résidents du secteur, le 23 avril 2012, l'urgence d'acquérir leurs propriétés pour laisser toute la place à la multinationale Rima. Mais un an plus tard, le maire confirmait que le groupe brésilien reniait sa lettre d'intention signée en mars 2012 en raison du marché défavorable de la silice.

Depuis ce temps, le dossier du parc industriel à grand gabarit représente le caillou dans le soulier du maire. Il s'agit d'une cible parfaite pour ceux qui dénoncent ses idées de grandeur ou les dépenses injustifiées qui plombent les finances de la Ville. Rira bien qui rira le dernier, prévient M. Angers.

«Je suis convaincu que lorsque je partirai de ce poste à la mairie, il y aura une activité économique dans ce parc, c'est garanti. On n'a pas acheté ça pour rien. Nous l'avions acheté spécifiquement pour Rima, avec un contrat ferme. On s'est fait avoir. Mais nous exploiterons ce site. Les avantages qui nous avaient permis de penser que c'était un bon endroit, qui faisaient l'affaire de Rima, sont toujours là.»

«Nous réfléchissons à plein de choses», poursuit le maire. «On veut toujours se garder l'option du grand gabarit, mais quand nous avons mis ça en place, ni Rio Tinto Alcan ni Produits forestiers Résolu n'avaient fermé leur usine. Nous n'avions pas de site à grand gabarit à ce moment et dans le contexte de Rima, c'était important d'en avoir un. Ça n'a finalement pas fonctionné, mais il y a un potentiel, c'est assuré.»

M. Angers répète que la vocation de départ pourrait être modifiée, étant donné que la réalisation de grands projets industriels se complexifie, comme on le constate à Bécancour.

«Il existe toutes sortes de créneaux», fait remarquer le maire. «Un parc industriel en développement durable et en efficacité énergétique, par exemple, qui font partie de nos cibles de diversification, pourrait être une avenue. On travaille avec des promoteurs sur de belles opportunités.»

Parallèlement, l'ancien site de l'aluminerie deviendra aussi fort attrayant. «Qu'est-ce qui a le plus fort potentiel? C'est ce qu'il faut regarder.»

Où aller?

La propriété de M. Jalbert est la dernière habitée qui devait être acquise par la Ville de Shawinigan pour la réalisation de ce parc industriel à grand gabarit. Un processus d'expropriation avait été entrepris devant le Tribunal administratif du Québec, mais aucune date d'audition n'avait encore été fixée. Les deux parties se sont finalement entendues de gré à gré.

M. Jalbert assistait à la séance publique du 14 juin. Pour le moment, il ne sait pas trop quoi penser de ce dénouement.

Le septuagénaire compare les sommes obtenues par certains voisins et il se dit que la Ville fait une bonne affaire pour un lot de 349 000 mètres carrés, le plus vaste parmi ceux visés par l'avis de réserve du 13 août 2012. Au présent rôle, l'ensemble de la propriété est évaluée à 237 800 $.

«Je vais attendre d'ici la mi-juillet pour voir ce qui va se passer», commente-t-il. «Je ne cours plus après rien. Je ne sais pas quoi faire. Est-ce que je coupe le gazon? Qu'est-ce que je fais avec mon bois de corde? Ça fait deux ans que je néglige ma place. Il faut que je fasse le ménage.»

Son avocat, Me Richard Laflamme (Stein Monast), assure qu'une propriété a été identifiée pour M. Jalbert, mais comme la transaction n'est pas encore complétée, il ne peut en révéler l'emplacement.

«La résolution du conseil municipal, c'est une chose», explique-t-il. «De l'autre côté, il faut que mon client signe un acte d'achat en bonne et due forme. Pour cela, il faut s'assurer d'avoir les fonds, qui viennent de la résolution.»

D'ailleurs, Me Laflamme fait remarquer que le dossier a finalement débloqué justement parce qu'une propriété a bel et bien été identifiée. 

«Il n'y a rien eu de particulier dans ce dossier, autre le délai que ça a pris pour trouver une nouvelle résidence», mentionne-t-il. «Pour M. Jalbert, sa propriété avait une grande valeur. Pour lui, chaque arbre a une histoire! Il faut alors trouver un substitut qui, pour l'individu, remplace bien la propriété qu'on lui enlève.»

Avec cette acquisition, la Ville de Shawinigan a maintenant mis la main sur 29 lots pour un montant de 4,9 millions de dollars pour la réalisation de son parc industriel à grand gabarit.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer