Vers une limite de 40 km/h dans des zones résidentielles?

Des citoyens demandent une réduction de la vitesse... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Des citoyens demandent une réduction de la vitesse de 50 à 40 km/h sur la rue du Sentier à Trois-Rivières.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Des citoyens du secteur Pointe-du-Lac en ont tout simplement assez de voir des rues de quartiers résidentiels se transformer en véritables pistes de courses.

Depuis plusieurs mois, les citoyens constatent que le comportement des automobilistes se dégrade, spécialement dans des secteurs résidentiels, et réclament que des mesures soient prises pour améliorer la situation avant qu'un drame ne se produise.

D'ailleurs, des groupes Facebook regroupant des citoyens de différents quartiers de Pointe-du-Lac, dont Place Dubois et le Domaine des 30 arpents, en ont souvent fait l'objet de discussions et de débats au cours des dernières semaines.

Des rues résidentielles comme Du Sentier, Grande-Allée et le Chemin de la Pointe-du-Lac semblent particulièrement problématiques, au point que certains citoyens réclament aujourd'hui qu'on y abaisse la limite de vitesse à 40 km/h, comme il se fait en zone résidentielle dans certaines villes ailleurs au Québec.

«Ce n'est pas juste des jeunes, comme on voudrait le laisser croire, mais il y a des gens de tous les âges qui habitent le secteur et qui roulent à des vitesses folles. La rue est une rue d'accès au quartier, un peu plus large, et donne un effet de boulevard. Mais il y a des enfants qui vivent ici, qui jouent dehors, et c'est un quartier résidentiel», constate Patrick Beaudry, résident de la rue du Sentier.

«Il y a plusieurs années qu'on en parle mais il ne se passe pas grand-chose. Aller se promener sur Du Sentier, c'est quelque chose», constate Jacinthe Dontigny qui habite non loin de là, sur la rue de la Sablière. Cette dernière, tout comme M. Beaudry, se dit en faveur d'incitatifs aux automobilistes pour rouler moins vite, notamment d'abaisser la limite à 40 km/h dans les zones résidentielles.

Le comité des citoyens de Place Dubois, dont Benoît Tremblay, un résident du secteur, fait partie, s'est déjà penché sur le dossier et a interpellé le conseiller municipal du secteur à cet effet. «Ici, il y a des enfants qui jouent dans la rue. Au-dessus de 50 km/h, on n'a pas le temps de freinage nécessaire pour éviter un accident», constate M. Tremblay, qui craint que l'exaspération dans le secteur amène des citoyens à intervenir eux-mêmes auprès des fautifs.

Trafic calming

Appelé à réagir à ce sujet, le conseiller municipal de Pointe-du-Lac, François Bélisle affirme avoir déjà suggéré au comité de circulation de la Ville d'abaisser la limite de vitesse à 40 km/h, ou du moins de tenter le coup sur des rues ciblées afin de mener un projet pilote pour étudier les impacts, mais la demande a été rejetée. Il se consacre pour le moment à faire des requêtes afin d'opter pour ce qu'on appelle du trafic calming sur trois rues en particulier, soit Du Sentier, Grande-Allée et le Chemin de la Pointe-du-Lac.

Il s'agit notamment d'obstacles qui seraient installés dans la rue, comme une petite pancarte au beau milieu de la chaussée, qui force du même coup la réduction de la largeur de la voie et donc, naturellement, entraîne une réduction de la vitesse.

«Il y en a dans d'autres secteurs et ça semble bien fonctionner. Nous allons commencer par ça, ce sont des solutions rapides et à faibles coûts. Mais je compte bien pousser plus loin pour savoir pourquoi on ne pourrait pas tenter notre chance avec la limite à 40 km/h dans les zones résidentielles», mentionne-t-il.

De son côté, le conseiller municipal de Sainte-Marthe Daniel Cournoyer, qui siège au comité de circulation, estime que l'abaissement de cette limite ne servirait pas à grand-chose. 

«Ça a été fait à Montréal et ça n'a pas eu les effets escomptés», affirme celui qui a aussi l'intention de s'attarder à des solutions comme le trafic calming pour certaines rues de son secteur où des problèmes de vitesse ont été constatés.

D'ailleurs, dans le cadre des travaux entourant le grand chantier «Vision 2030», le comité de circulation devra se pencher sur la question du transport sur l'ensemble de son territoire. 

Une réflexion plus profonde sera alors menée sur l'ensemble de la question de la circulation, notamment dans les secteurs résidentiels.

Expérience concluante ailleurs au Québec

De nombreuses villes et arrondissements ont déjà adopté une baisse de vitesse à 40 km/h en zone résidentielle. Parmi les municipalités contactées par Le Nouvelliste, force est de constater que la mesure a porté fruit jusqu'à maintenant.

Dans l'arrondissement Rosemont/Petite-Patrie à Montréal, les artères résidentielles sont limitées à 40 km/h depuis un an. Le maire de l'endroit, François William Croteau, n'y voit que du positif.

«Pour une première année, c'est très concluant. On a constaté une différence notable sur la moyenne de vitesse. Ça a été prouvé par différentes études et vérifications menées par le service de police ici», constate-t-il.

Évidemment, prévient le maire, cette limitation n'empêche jamais les cas isolés ayant un comportement délinquant sur la route, pour qui seule la répression policière fera une différence.

Par contre, la population semble avoir bien intégré la réglementation, si bien que l'arrondissement est en démarche avec le ministère des Transports pour étendre la mesure à l'ensemble de son réseau.

Même son de cloche à Longueuil, où la mesure est effective en zone résidentielle depuis 2011. Tout au long du processus de changement, les citoyens ont été mis au courant par le biais de diverses campagnes d'information et consultations citoyennes, précise l'agent d'information à la Ville de Longueuil, Renaud Beauchemin.

«La réduction de la vitesse à 40 km/h dans les rues résidentielles, à l'époque, s'est bien déroulée. Cette nouvelle limite est maintenant bien comprise par l'ensemble des citoyens et des usagers de la route, qui l'ont intégré à leurs habitudes de conduite», assure-t-il.

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