Les mauvais traitements psychologiques dans la mire de la DPJ

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Gina Landry, directrice de la protection de la jeunesse Mauricie et Centre-du-Québec.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) La Direction de la protection de la jeunesse Mauricie et Centre-du-Québec a enregistré, en 2015-2016, pas moins de 6700 signalements.

C'est ce qui ressort du 13e bilan annuel de la directrice de la protection de la jeunesse dans la région. Parmi les signalements, les cas de mauvais traitements psychologiques, dont on ne parle que très peu souvent, arrivent en troisième place, après la négligence ou risque de négligence et les abus physiques ou risques d'abus physiques.

C'est d'ailleurs sur les cas de mauvais traitements psychologiques que Gina Landry, directrice régionale, a souhaité mettre l'accent cette année. Une réalité qui frappe tous les milieux, toutes les classes sociales, et dont les manifestations se vivent le plus souvent à travers des conflits sévères de séparation ou encore de l'exposition des enfants à la violence conjugale.

«Lorsque l'on intervient dans des cas comme ceux-là, notre objectif premier est de ramener l'enfant au coeur des préoccupations des parents, ce qui n'est pas toujours le cas lorsqu'on se trouve dans un conflit qui s'envenime», constate Gina Landry.

Cette dernière se dit d'ailleurs préoccupée de constater qu'une baisse de 5 % des signalements a été enregistrée cette année. Elle souhaite ardemment qu'on puisse en conclure que moins de cas de mauvais traitements se produisent, mais ne peut en être certaine, et souhaite que la vigilance de la population demeure toujours très élevée.

Car les cas de mauvais traitements psychologiques, qu'ils se manifestent par du dénigrement, de l'isolement, des menaces, de l'exploitation, du rejet affectif ou de l'exposition à la violence conjugale, laisseront sans aucun doute des traces chez l'enfant qui doit les subir. Les conséquences peuvent aller des retards de développements à la toxicomanie, en passant par les difficultés scolaires, les troubles de comportement et même les problèmes de santé mentale.

«Il y a des actions à poser pour soutenir les enfants, et je suis plus que convaincue que de dépister les mauvais traitements psychologiques demeure une responsabilité collective», signale Gina Landry. Ainsi, un enfant qui pourra compter sur la présence d'une tante, d'un oncle, d'un grand-parent ou d'une personne de confiance au moment où il en sentira le besoin devrait pouvoir recevoir toute l'attention et l'écoute de cette personne qui agira pour son bien-être et sa protection. Ces personnes ne devraient pas hésiter à contacter la DPJ lorsque des cas de mauvais traitements psychologiques sont constatés ou soupçonnés, ajoute Mme Landry.

Au Québec, l'an dernier, 5492 signalements liés aux mauvais traitements psychologiques ont été rapportés à la DPJ, soit 15,7 % de tous les signalements reçus. En Mauricie et au Centre-du-Québec, cette statistique se chiffre à 330 signalements pour mauvais traitements psychologiques, soit 12 % de l'ensemble des signalements de la région.

Par ailleurs, la région a connu une baisse de 5 % des signalements cette année, avec 6700 signalements, soit près de 18 signalements par jour. On observe notamment une baisse des signalements pour ce qui est des troubles de comportement sérieux, ce qui laisse croire à Gina Landry que les partenariats établis par la DPJ avec tous les organismes et services sociaux spécialisés dans ce type de problématique ont joué un rôle clé, permettant de mettre en place des mesures auprès des clientèles visées avant que l'intervention de la DPJ ne soit nécessaire.

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