Euro-2016: sous haute surveillance

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Les organisateurs de l'Euro-2016 ont misé sur un concert géant gratuit sous haute surveillance jeudi soir au pied de la tour Eiffel en guise de lever de rideau avec le DJ David Guetta en tête d'affiche devant 80 000 personnes.

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Agence France-Presse
Paris

Le président français François Hollande a assuré jeudi que l'Etat prendrait «toutes les mesures nécessaires» pour assurer le succès de l'Euro-2016 malgré les grèves, peu avant le coup d'envoi des festivités avec un concert sous haute sécurité sous la Tour Eiffel à Paris.

«L'Etat prendra toutes les mesures nécessaires» pour assurer l'acheminement des supporteurs vers le Stade de France, près de Paris, pour le match d'ouverture France-Roumanie vendredi, a assuré jeudi soir François Hollande.

Les conducteurs de la ligne de banlieue desservant le stade, au nord de Paris, ont prévenu qu'ils feraient massivement grève vendredi.

Le Premier ministre Manuel Valls, interrogé par des journalistes sur l'éventualité d'une réquisition des conducteurs, a dit n'exclure «aucune hypothèse». «Pour l'instant, nous n'en sommes pas là», a tempéré M. Hollande. «Soyez sûrs que les services publics seront assurés», a-t-il cependant ajouté, faisant «appel à la responsabilité de chacun».

Le syndicat CGT, à la pointe du mouvement, «souhaite que l'Euro se déroule comme une vraie fête populaire», avait auparavant déclaré son leader Philippe Martinez. «Je ne suis pas sûr que bloquer les supporteurs soit la meilleure image que l'on puisse donner de la CGT», avait-il ajouté, laissant les cheminots décider de la suite de leur action. Mais un autre syndicat, SUD, est toujours inflexible.

Sur l'ensemble du réseau ferroviaire, la grève semblait cependant s'essouffler. Les préoccupations portaient aussi sur la collecte des ordures qui encombrent les rues de Paris, au risque d'écorner l'image de «Ville lumière» offerte aux supporters qui affluent du monde entier.

C'est pourtant sur cette image que les organisateurs ont misé avec un concert géant gratuit sous haute surveillance jeudi soir au pied de la tour Eiffel en guise de lever de rideau avec le DJ David Guetta en tête d'affiche devant 80.000 personnes.

Bien avant le début du concert, les pelouses étaient prises d'assaut par les invités, loin d'être dissuadés par les contrôles d'entrée dans la fan zone.

«Les contrôles étaient à prévoir et il vaut mieux en avoir, vu ce qu'il s'est passé les derniers mois...», dit Olivier Thomas, supporteur de 49 ans vêtu du maillot de l'équipe de France, en référence aux attentats islamistes de janvier et de novembre à Paris, qui ont fait plus de 150 morts et des centaines de blessés.

Le gouvernement a multiplié les moyens pour l'organisation du championnat d'Europe de football et maintenir les fan zones dans plusieurs villes de France. Mais tous ne sont pas convaincus.

«Les consignes ? On n'en a pas de claires», déplore auprès de l'AFP un policier sous la Tour Eiffel, sous couvert d'anonymat. «Il y a des choses qu'on avait mises en place, mais ça ne tenait pas trop, c'était trop compliqué, alors on a arrêté», souffle-t-il. Les règles? «Ca ne fait que changer tout le temps et nous... On s'adapte!».

Jamais totalement rassurés

Washington et Londres ont mis en garde leurs ressortissants contre la «menace terroriste» pendant la compétition.

«Ce soir, ça va être la fête, oui, mais après, les autres jours, je ne sais pas (...) Malgré les fouilles on n'est jamais totalement rassurés», confiait Pierre, un Franco-Allemand de 20 ans, venu au concert un drapeau allemand sur les épaules.

La France «fait tout» pour que l'Euro-2016 se déroule en sécurité et le dispositif déployé est «incroyable», a commenté de son côté l'attaquant espagnol Alvaro Morata au lendemain de l'arrivée de la «Roja» sur son camp de base, situé sur l'île de Ré (ouest).

Pour sécuriser les stades des dix villes-hôtes et les «fan zones» - espaces clos et sécurisés - 90.000 policiers, gendarmes et agents de sécurité privé triés sur le volet seront déployés pendant la compétition (10 juin-10 juillet).

Les forces de l'ordre sont aussi mobilisées par la contestation sociale contre une réforme du droit du travail qui ne faiblit pas après trois mois de manifestations, grèves et actions coups de poing.

Plus d'une dizaine de personnes ont été interpellées jeudi soir à Nantes (ouest) lors d'une manifestation interdite en raison «des antécédents d'exactions violentes» dans cette ville. Et des milliers de personnes ont encore battu le pavé dans plusieurs villes, notamment à Paris, avant une grande manifestation nationale à Paris le 14 juin.

En attendant, les pilotes d'Air France menacent, pour des raisons internes, de faire grève à partir de samedi.

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