Fluoration: le débat pour un référendum est relancé

Le conseiller municipal de Pointe-du-Lac, François Bélisle.... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le conseiller municipal de Pointe-du-Lac, François Bélisle.

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(Trois-Rivières) Le débat sur la fluoration de l'eau potable à Trois-Rivières pourrait bien être relancé au conseil municipal. C'est du moins le souhait du conseiller de Pointe-du-Lac, François Bélisle qui, devant les résultats du sondage rendu public par la Direction de santé publique jeudi, souhaite maintenant que l'on décrète un moratoire sur les travaux visant à fluorer l'eau potable, jusqu'à ce qu'un référendum se tienne sur la question, soit à l'occasion de l'élection municipale de novembre 2017.

«La DSP plaide qu'elle a (encore) besoin de temps pour réussir à convaincre les gens de notre ville de leurs mauvaises perceptions concernant la fluoration de notre eau potable? Selon moi, les gens de la DSP font preuve d'une certaine pointe d'arrogance et de mépris envers l'intelligence de notre population», a indiqué le conseiller sur sa page Facebook. En entrevue, il ajoute vouloir une fois pour toute trancher la question et ce, à peu de frais.

«Le critère numéro un dans les décisions qui se prennent de nos jours, c'est l'acceptabilité sociale. On a un sondage qui nous dit que c'est très divisé. On a aussi une pétition de près de 18 000 noms de personnes qui n'en veulent pas. Ce n'est pas une question de victoire ou de défaite d'un camp par rapport à un autre, c'est uniquement de se dire qu'enfin, on en aurait le coeur net», croit le conseiller.

Selon lui, il est impensable de constater que des villes comme Montréal, Sherbrooke, Québec et Saguenay aient tourné le dos à la fluoration, mais que Trois-Rivières doive absolument poursuivre dans cette voie. Un avis que partage son collègue du district des Estacades, Pierre-Luc Fortin. «Il n'y a qu'une poignée de municipalités qui fluorent leur eau potable. De ce nombre, plusieurs ont décidé d'abolir cette mesure depuis les dernières années. Et ce sont nous qui avons mal compris le message de la Santé publique? Si on fait le constat que les gens n'y adhèrent pas, on aura notre réponse», croit M. Fortin.

François Bélisle compte désormais présenter une résolution au conseil municipal, au cours des prochaines rencontres, afin de demander à ses collègues de l'appuyer dans sa demande d'obtenir un moratoire et un référendum sur la question. Une démarche qui a d'ailleurs l'appui de certains conseillers consultés par Le Nouvelliste, dont Pierre-Luc Fortin, Marie-Claude Camirand, Luc Tremblay ainsi que Jean-François Aubin, malgré que ce dernier avait voté en faveur de la fluoration en février 2014. Bien qu'en faveur d'un moratoire et d'une consultation populaire, sa position sur le fluor n'a pas vraiment changé. «Je garde ma position, car les experts et la preuve scientifique vont dans le sens favorable à la fluoration. Par contre, quand j'ai voté, je n'avais pas mesuré à quel point nous n'avions pas l'acceptabilité sociale dans ce dossier. Même si je suis en faveur de la mesure, je ne crois pas qu'on doive forcer les gens à tout prix à y adhérer. Devant une si grande division, je dis qu'il faut aller demander à la population», signale Jean-François Aubin.

Une option que rejette catégoriquement le maire Yves Lévesque. «C'est fini! La démocratie a parlé et deux fois plutôt qu'une. Et le résultat du sondage, c'est que 56 % des répondants ne craignent pas l'ajout de fluor, et que 93 % des gens ont confiance aux ordres professionnels qui eux, recommandent la fluoration. On a pris une décision intelligente et réfléchie, basée sur des faits et des données scientifiques, et non pas en fonction d'un groupe de pression. Arrêtons de jouer au yo-yo et de brasser les cartes. Si la fluoration est un acte criminel, comme certains veulent le laisser entendre, appelez la police et allez faire arrêter tous les ordres professionnels ainsi que la Santé publique», clame Yves Lévesque, visiblement agacé que le dossier revienne à nouveau dans l'actualité.

Parmi les conseillers municipaux consultés vendredi, René Goyette, Pierre-A. Dupont ainsi que Jeannot Lemieux ont indiqué eux aussi trouver que l'idée d'un moratoire et d'une consultation populaire était inutile. «S'il fallait qu'on aille en consultation populaire à chaque fois que quelque chose ne fait pas l'unanimité, ça ne finirait plus. Les spécialistes nous le recommandent, et tant qu'on ne m'aura pas prouvé le contraire, je ne changerai pas d'idée», lance Pierre-A. Dupont.

Le Nouvelliste a tenté de joindre l'ensemble du conseil municipal pour connaître l'opinion de chacun, mais plusieurs conseillers municipaux n'ont pas retourné nos appels.

Un manque de transparence de la Santé publique, plaide la CTETS

La Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS) a évidemment appuyé le moratoire suggéré par le conseiller municipal François Bélisle. Du même coup, l'organisme déplore ce qu'il qualifie de manque de transparence de la part de la Santé publique, dans la divulgation des résultats du sondage.

La CTETS soutient que, contrairement à ce qu'a affirmé la directrice de la Santé publique, le produit ajouté à l'eau pour la fluorer n'était pas homologué par Santé Canada. «Jamais la direction de la santé publique ne nous a fourni une réponse sur la nature réelle et légale d'un tel produit, malgré toutes nos demandes. Dans son dépliant, l'Ordre des dentistes de l'Ontario mentionne bien que le fluorure ajouté à l'eau n'est pas de qualité pharmaceutique. Or, à Trois-Rivières, on ne mentionne aucunement cette information», a affirmé Nicole Renaud, naturopathe et membre de la Coalition.

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