Transport adapté: un service essentiel à l'autonomie

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Kathleen Bibeau, présidente du Regroupement des usagers du transport adapté de la Mauricie.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour Claude McKinnon, le transport adapté est «un besoin vital». La dame qui l'utilise plusieurs fois par semaine peut maintenant se réjouir de la création d'un Regroupement des usagers de transport adapté (RUTA) en Mauricie, l'une des rares régions du Québec à ne pas compter une telle ressource à ce jour selon sa présidente, Kathleen Bibeau.

En 2015, plus de 100 000 personnes étaient admises au transport adapté. Dans la région, pour donner un exemple de l'importance du besoin, la Société de transport de Trois-Rivières a enregistré près de 88 000 passages en transport adapté en 2014. Comme l'indique Kathleen Bibeau, ce service permet d'augmenter l'autonomie des personnes handicapées en facilitant leurs déplacements pour aller étudier, travailler, recevoir des soins médicaux, faire leurs achats et mener une vie sociale et de loisirs.

Officiellement créé le 10 février dernier, le RUTA de la Mauricie a pour mission la promotion des intérêts et la défense collective des droits des usagers du transport collectif. Des activités de représentation, de mobilisation, d'éducation populaire, de formation, d'accompagnement et d'actions politiques non partisanes seront mises de l'avant pour honorer cette mission.

Parmi les enjeux qui préoccupent le RUTA, on note la question budgétaire, qui s'illustre notamment par le gel du Programme d'aide gouvernementale au transport adapté à 90 millions $.

«Cette contribution n'est pas majorée ni indexée depuis 2013 et cela, malgré l'augmentation de l'achalandage et des coûts reliés aux déplacements. Cette contribution gouvernementale qui représentait 65 % il y a quelques années ne représente aujourd'hui qu'environ 55 %», détaille Kathleen Bibeau.

Le regroupement se penchera aussi sur d'autres enjeux, dont le maintien de la qualité de services, ainsi que l'offre en transport inter-MRC. De récentes plaintes concernant les pratiques de surcharge tarifaire pour les usagers de taxis adaptés seront aussi étudiées.

Avant d'accepter d'avoir recours au transport adapté, Claude McKinnon sortait faire ses commissions une fois par mois avec sa fille.

«Le moment où j'ai accepté d'utiliser le transport adapté, j'ai recommencé à vivre. J'ai recommencé à avoir une vie sociale, j'ai commencé à aller magasiner toute seule», témoigne-t-elle.

«C'est sûr que quand je suis capable d'y aller avec ma chaise, j'y vais. Mais l'automne, l'hiver et le printemps sont trois saisons difficiles pour moi.

C'est les trois quarts d'une année où j'utilise le transport adapté trois, quatre fois par semaine. J'ai réappris à vivre. Ça m'apporte un contact humain, ça me permet de me revaloriser. Ça casse la solitude. J'appelle, je réserve le transport et je peux aller à telle activité, tel souper...»

Motivée par son autonomie retrouvée, Mme McKinnon en est venue à s'impliquer dans l'Association des handicapés adultes de la Mauricie. «Il ne faut jamais oublier que le transport adapté c'est un besoin vital pour toutes les personnes handicapées», conclut-elle.

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