La Régie enfouira ses ordures à Champlain

La Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) a... (François Gervais)

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François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) a finalement conclu une entente d'une durée de deux mois avec l'entreprise Services Matrec inc. et ira enfouir les matières résiduelles de la région au lieu d'enfouissement technique (LET) de Champlain.

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René Goyette, président de la RGMRM.

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On se rappellera que la Régie avait conclu un partenariat avec Matrec, en 2014, à qui elle loue depuis son LET de Champlain.

Cette fois-ci, la Régie fera un échange de tonnage. Matrec enfouissait en effet déjà 15 000 tonnes au LET de Saint-Étienne-des-Grès. À la place, elle accueillera pendant deux mois 40 000 tonnes de déchets de la Régie à Champlain. Il n'en coûtera donc rien en argent à la Régie pour se débarrasser des ordures de la région. Toutefois, la Régie a convenu de rembourser Matrec en recevant de cette entreprise gratuitement un tonnage équivalent en échange lorsque la saga sera terminée.

Au terme des deux mois de cette entente, si le problème de la Régie n'est toujours pas réglé, cette dernière reprendra d'autres démarches similaires.

Le président de la Régie, René Goyette, convient que le seul inconvénient de cette entente sera ressenti par les municipalités puisque leurs transporteurs de déchets respectifs devront détourner leur trajet habituel en direction de Champlain ce qui signifiera, pour certains, un chemin plus long à parcourir donc plus de coûts de transport pour les municipalités.

Interrogé à savoir pourquoi il n'a pas fait cette démarche avant d'ameuter toute la population en allant devant les médias, cette semaine, M. Goyette a plaidé qu'il «faut y aller étape par étape».

L'important, estime-t-il, c'est que la collecte des déchets ait lieu comme prévu la semaine prochaine.

Mercredi, les dirigeants de la RGMRM avaient annoncé en point de presse que le LET ne pouvait plus accepter de matières résiduelles puisque l'espace n'y était plus suffisant. On évoquait même la possibilité que les déchets des Mauriciens ne soient plus ramassés à partir du 2 juin. La Régie s'est fait prendre puisqu'elle prévoyait manquer d'espace seulement en août, mais les matières sont arrivées en plus grand nombre que prévu bien avant, explique M. Goyette qui raconte ne l'avoir appris que le 19 mai.

En 2014, la RGMRM avait demandé de pouvoir modifier la géométrie de la cellule numéro 4 plutôt que de construire une cinquième cellule au coût de 20 M$. Chose à laquelle la Municipalité de Saint-Étienne-des-Grès s'est opposée, craignant que des odeurs se dégagent de l'endroit. Depuis, le dossier traînait sans que la Régie n'obtienne de réponse du gouvernement, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques indiquant qu'il n'avait pas reçu les documents nécessaires afin de donner son aval à cette modification.

Le président a refusé de répondre à certaines questions des médias, vendredi, notamment au sujet de la déclaration du maire de Saint-Étienne-des-Grès selon laquelle plusieurs gestes ont été posés dans ce dossier à la Régie sans résolution du conseil d'administration.

Le président s'est limité à dire que «si les élus de la Mauricie ne s'étaient préoccupés que de l'argent, on ne serait pas ici parce que le siège social serait à Chicago».

René Goyette et son directeur général, Daniel Pépin, ont confirmé que la cellule 5 a été creusée. Toutefois, il faudrait 4 à 5 mois pour l'aménager selon les normes avant de pouvoir y accueillir des matières résiduelles, expliquent-ils.

De toute façon, la Régie garde le cap et tient mordicus à réaménager la géométrie de ses cellules existantes afin de les rehausser. Seule une ordonnance du ministère de l'Environnement pourrait, semble-t-il, la faire changer d'avis.

Une rencontre devait réunir les parties, vendredi, pour tenter de dénouer l'impasse, mais elle a été reportée à lundi.

Ce dossier fait parler beaucoup de lui au Québec, actuellement. La Régie fait notamment l'objet de critiques de la part du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets. L'organisme estime, sur sa page Facebook, que la Régie est «un peu l'artisan de son propre malheur. Sans plan B, la Régie se retourne donc vers les médias pour se plaindre et mettre la faute sur le ministère. C'est de l'irresponsabilité, de l'enfantillage», estime l'organisme.

Vendredi, le Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec a émis un communiqué dans lequel il souhaite que «le processus entourant l'obtention du certificat d'autorisation sera basé sur la science et permettra de prendre une décision éclairée. Cette décision se doit d'être aussi juste et équitable envers l'ensemble des acteurs travaillant dans le secteur des matières résiduelles qu'ils proviennent du milieu privé ou public.»

Le Conseil ajoute que malgré tous les défis, les autres entreprises privées ou publiques qui gèrent les matières résiduelles au Québec «réussissent à agir de manière conforme» même si elles subissent le même genre d'exigences.

Avec la collaboration de Nicolas Ducharme

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