Fini la cigarette sur les terrasses, dans les parcs et dans les voitures

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Il est désormais interdit de fumer sur les terrasses du Québec.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Gabriel Delisle, La Presse Canadienne
Le Nouvelliste

Les endroits où les gens pourront fumer deviendront de plus en plus rares dès jeudi: de nouvelles interdictions s'ajoutent et il ne sera plus possible aux fumeurs d'allumer une cigarette sur les terrasses des restaurants et des bars, dans les automobiles en présence de jeunes ainsi que sur les terrains sportifs et de jeux pour enfants.

Ces nouvelles règles sont généralement bien reçues par les propriétaires de pubs et de bars du centre-ville de Trois-Rivières. Certains avaient d'ailleurs déjà emboîté le pas depuis un moment avec des terrasses sans fumée.

L'entrée en vigueur des interdictions sera toutefois une bouffée d'air frais pour ceux qui sont indisposés par la fumée. La loi provinciale concernant la lutte contre le tabagisme a été adoptée à l'unanimité en novembre dernier. Certaines dispositions sont entrées en vigueur immédiatement, mais pas toutes.

Il s'agissait alors de la première révision en profondeur de la Loi sur le tabac depuis la réforme de 2005, qui avait notamment banni la cigarette de la plupart des espaces publics.

En novembre, la loi s'était aussi occupée du cas des cigarettes électroniques. Elle les a alors assimilées aux traditionnelles: là où sont interdites celles remplies de tabac, les électroniques le sont aussi. Bref, elles ne sont plus admises dans les lieux publics fermés, comme les bars et les lieux de travail.

Et à ces interdictions s'ajoutent en cette fin du mois de mai bon nombre de lieux «en plein air», qui avaient été jusque-là épargnés: les terrasses de bars et de restaurants, les terrains sportifs, les terrains de jeux et les camps de vacances. Uniquement à Trois-Rivières, 105 parcs avec modules de jeux et terrains sportifs seront touchés par ces nouvelles règles.

Les fumeurs seront aussi persona non grata dans les voitures si des jeunes de moins de 16 ans s'y trouvent, dans les aires communes des immeubles d'habitation comportant de deux à cinq logements, et en tout temps dans les centres de la petite enfance et les garderies, dans tous les établissements d'enseignement préscolaire, primaire et secondaire, y compris les centres de formation générale aux adultes et les centres de formation professionnelle.

L'interdiction de fumer dans les voitures en présence de jeunes réjouit particulièrement. «Les parents et les jeunes pensent à tort que la fumée de tabac se dissipe rapidement lorsqu'on roule les fenêtres baissées; ce n'est pas le cas (...) Le Québec était la seule province n'ayant pas encore adopté une telle mesure», soutient Dominique Massie, directrice générale de l'Association pulmonaire du Québec.

La leader de La gang allumée de la région de la Mauricie-Centre-du-Québec, Lydia Nait Said, est heureuse de ces changements. «Comme ado, ça me concerne directement. Plus de 1,7 million de jeunes comme moi vont enfin pouvoir mieux respirer dans les autos, les terrains de jeu et sur les terrasses de tout le Québec», affirme-t-elle. «Ça va faire de mettre notre santé en péril. En plus, voir des gens fumer, ça nous incite à le faire nous aussi. Déjà, quelque 600 élèves du secondaire fument la cigarette en Mauricie et au Centre-du-Québec.»

À l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ), on craint par contre de devoir «jouer à la police». «Notre appréhension est pour le fait que c'est le restaurateur qui va devoir jouer au policier dans l'application de la loi. Pourquoi? Tout simplement parce qu'on n'a pas vu vraiment de campagne de sensibilisation à l'entrée de cette nouvelle mesure, soit l'interdiction de fumer sur les terrasses par le ministère de la Santé et des services sociaux», a déclaré en entrevue Martin Vézina, porte-parole de l'ARQ.

Les fumeurs pris en flagrant délit pourraient écoper d'amendes - tout comme le propriétaire du restaurant.

Bien qu'elle accueille favorablement les nouvelles règles, la propriétaire du Nord-Ouest Café au centre-ville de Trois-Rivières soutient que les employés craignent de devoir discipliner certains clients. «Beaucoup de non-fumeurs sont très contents», lance Isabelle St-Pierre. «Mais les employés devront faire de la surveillance pour que les clients n'amènent pas leur verre avec eux sur le trottoir.»

Cette inquiétude est également partagée par Lucia Boisvert de la boîte à chansons La P'tit Grenouille de Trois-Rivières. «C'est une bonne chose pour les non-fumeurs, les gens doivent apprendre à respecter le voisin», estime-t-elle. «Il va toutefois y avoir plus de discipline à faire.»

Le copropriétaire de la Maison de débauche par le Carlito et du bar Le Trèfle, Martin Lampron, avoue que ces nouvelles règles ne changent rien pour ses deux commerces du centre-ville de Trois-Rivières. Même son de cloche du côté de la microbrasserie Le Temps d'une pinte. Ces trois établissements ont déjà des terrasses sans fumée. «Notre terrasse de la Maison de débauche est tellement petite, que ce n'est pas intéressant pour les clients lorsqu'un voisin fume. Ça fait deux ans qu'elle est sans fumée», explique Martin Lampron.

«Depuis l'ouverture de la microbrasserie, notre terrasse n'a jamais été fumeuse. Et les clients le respectent sans problème», précise Alex Dorval du Temps d'une pinte.

En novembre prochain, d'autres restrictions s'ajouteront: il sera alors interdit de fumer à l'extérieur, dans un rayon de neuf mètres de toute porte et de toute fenêtre qui s'ouvre et des prises d'air communiquant avec un lieu fermé où il est interdit de fumer. «Le neuf mètres est plus problématique dans un centre-ville. Nous ne voulons pas jouer à la police de la rue», précise la propriétaire du Nord-Ouest Café.

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